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PREFACE. XIX

que cet élève, d'instruction primaire, qui nous avait été confié dans l'état que dénotent ces fantaisies orthographiques, obtenait quelques mois plus tard, grâce à l'enseignement reçu, une mention, dans un examen passé devant le jury officiel.

Presque tous les documents publiés comme pièces justificatives de la persécution exercée contre nous avaient la valeur de ceux dont je viens de parler.

On a cependant renchéri sur tout cela. On a eu l'audace de publier des relations intimes, où l'auteur notait, au hasard, avec des impressions artistiques, des réflexions morales et des observations critiques, les combats de son âme et les luttes de sa conscience.

Si un regard indiscret tombait par mégarde sur un écrit de ce genre, la probité la plus élémentaire exigerait de fermer immédiatement le cahier. Nos parangons de civilisation ne surent pas mettre cette règle en pratique. Ils publièrent, tronquèrent, glosèrent, et, avec un rire persifleur et impudent, ils dénaturèrent les intentions et falsifièrent les faits.

Je ne veux pas passer outre sans dire un mot du document le plus précieux et le plus intéressant que le gouvernement provisoire de la République ait publié à notre sujet.

Le lundi, 26 décembre 1910, VO$$iciel {Diario do Governo, n° 69), insérait, de la page 906 à la page 924, le Catalogue de la Province portugaise de la Compagnie de Jésus. Cette publication, dans la pensée de celui qui l'a faite, obéissait à des fins tyranniques ; c'a été, en fin de compte, un très important service rendu aux exilés et une apologie triomphante de leur réputation.

Notre catalogue annuel, contenant l'indication des noms et des occupations de chacun des religieux de la Province, est publié en latin et est rempli d'abréviations ; une note du commencement indique qu'il est pour l'usage exclusif des Nôtres. Qu'on juge par là de l'enthousiasme soulevé chez les ennemis de la Compagnie. Une statistique entourée de tant de mystère devait nécessairement contenir toutes nos intrigues criminelles.

Le fait est que le ministère de la justice, en reproduisant intégralement le Catalogue dans le journal officiel, en latin et en portugais — après en avoir confié à un ex-jésuite le déchiffrement et

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