LES EXPÉRIENCES
00 UN REMÈDE CONTEE L*BlfR1II.
Gëcil Forrester avait hérité de beaucoup d'inlortunes, étant à la fois, beau, riche, bien né, spirituel. Son père disait que ce serait une honte de faire d'un si beau garçon une poule mouillée, et il remmenait à la chasse, et lui donnait du Tin de Porto après le diner . Sa mère disait que ce serait une pitié qu'un si doux enbut fût gâté, et elle entassait les coussins sur son sopha favori, et parfumait pour lui un mouchoir de batiste avec de Y eau de mille fleurs. Son père mourut ; sa mère fut inconsolable pendant six mois^ puis elle se remaria.
««• TAiTO. T. H. ai
Cécil fut envoyé à Éton, où, ne trouvant plus personne pour lui complaire, il se contenta de se complaire à lui-même.
Son éducation s'acheva entre les trimestres du collège et les vacances à Londres, et sa vingt-deuxième année le trouva sans un plaisir et sans une guinée. Le printemps suivant , il vécut d*ennui et de crédit ; il détestait la peine parce qu'il n'en avait jamais pris aucune , et il répéta que les choses et les gens étaient ennuyeux et assommants, jusqu'à ce qu'il en fut fermement persuadé. L'excitation manquait à ses sentiments, l'exercice à ses facultés; sa supériorité naturelle ne servait qu'à le rendre mécontent ; il voyait le vide d'une telle vie, et n'en changeait point, faute de motif. Il avait contracté de bonne heure des habitâtes dHn* dolence, et n'étant ni pauvre, ni vain, aucun aiguillon ne le poussait à en prendre de nouvelles. Ses jours se passaiont à faire nombre de lolies, à s'en repentir, et à recommencer.
Une fois, après s'être promené dans le Parc en tUbury, tout en se demandant pourquoi tant de gens se promenaient là, il retournait cheftlui afin de s'habiller pour un grand diner à l'hôtel Clarendon : abandonnant les rênes à son domestique, il te livrait à de profondes mé^
dilations, telles que celle-ci : Combien il est désagréable ponr les piétons de Piccadillf lie trotter à travers la boue ; quand tont à coup il fiit interrompn par ces mots du petit domestique : « Monsieur, tous plairait-il... ? n prononcés d*nn ton déterminé , comme si Fenfant avait rassemblé toute son énergie pour les proférer. Alors, avec un murmure suppliant, il ajouta : « Vous n'allez pas me jeter bors du cabriolet avant que j'aie fini ce que j*ai à vousdire?
— Non, je n'en ai pas envie, » ditCécil. Ponr faire notre histoire plus courte que
celle du groom en miniature , nous dirons qu'il apprit à son maître que sa propriété individuelle était en péril, et que si la définition de la liberté, selon les patriotes, est vraie (qu'elle est cœnme l'air qu'on respire, et sans lequel flous mourrions), sa vie approchait de son terme. Un mandat avait été rendu contre lui, et grâce à un pour boire donné à son valet de <iiambre , deux individus d'une certaine profession devaient, quand il quitterait sa toilette, priver de sa compagnie ses amis de l'hôtel Glarendon.
— J'aurais dû parler à mon oncle plus tàt, mais au diable ! c'est si désagréable de parler; j'écrirai.
Forrester était précisément dans cette partie de Piccadilly où le cheyal blanc de nos ancêtres saxons a dégénéré, de la bannière d'an roi de la mer à renseigne d'un cabaret servant de burean, pour les places et les paquets ; cependant, il flotte comme autrefois sur une population voyageuse, n Pour Putney , madame? *— Pour Richmond , monsieur? » Un cocher embarque un enfant pour Tumham-Green, tandis qu^un autre veut emmener la maman à Gamberwell. .
On vous étale des pinceaux à deux sons, et des canifs de trois à six lames chacun, à trentesix sous la douzaine. Un ouvrier, portant une poutre sur Pépaule , en dirige l'extrémité sur vos tempes; un autre , chargé d'une caisse contenant toute Tépicerie d'une famille, sucre, savon, chandelle, etc., la dépose sur vos souliers. Dans son empressement , un personnage gigantesque vous heurte à vous jeter par terre, et un vieux juif se glisse devant vous si habilement , que vous trébuches sur lui avant de l'avoir aperçu. Chacun est en retard , d'où il résulte que chacun est pressé ; deux agents de police maintiennent la paix; et une demidouzaine d'individus dont les notions sur la loi de propriété sont en dissidence avec les
principes ou les préjuges établis, attendent l'occasion d'y faire brèche. Ajoutez à cenx-d quelques femmes avec des châles, des coudes pointus et des patins, dont les anneaux de fer travaillent au plus grand bénéfice des piétons : tel est le cabaret du Cheval Blanc, et la voie publique de Dower-Stréet à Âlbemarle-Street.
Plusieurs voitures semblaient au moment de partir.
■^- Je quitterai Londres tout à l'heure , dit Forrester à son groom , retournez à la maison... Vous ne savez rien de ce qui me regarde. Vous êtes un bon petit garçon; je ne vous oublierai pas.
En parlant ainsi , il lui jeta deux ou trois souverains, et monta dans la première voiture. L'enfant prit l'argent, remmena le cabriolet à l'écurie, et mangea et but au point de se donner une fièvre dont sa mère eut bien de la peine à le tirer.
Le lendemain matin, les yeux de Cécil s'ouvrirent au milieu de la brume grisâtre que la mer envoie à Brighton. — L'été et Brighton! le voisinage était dangereux ; selon toutes les probabilités, son tailleur viendrait chercher sur la jetée des plaisirs à bon marché , et si, comme la femme de John Gilpin, « quoiqu'il
Mt porte au plaisir, son esprit demeurait sobre, » et qu'il tint un œil aux affaires, cet œil tomberait inëritablement sur lui« Une station temporaire était cependant indispensable, car tout son aroir se composait pour le moment d'un mouchoir de poche. L'argent supplée à tout, mais il avait tiré le dernier de chex son banquier le jour précédent; il avait l'intention de ne pas bouger de sa chambre : cependant, apercevant par la fenêtre une de ses connaissances, il résolut de lui demander à diner.
Il savait que Raveusdale , au moment de se marier, était amoureux , et par conséquent stupide; dans ce moment, aucune société ne pouvait donc lui paraître meilleure que la sienne. Ils dînèrent ensemble, et comme un compagnon est en général la plume jetée aux vents qui décide des projets d'un paresseux, il se mit en route avec lui, le même soir pour Hastings.
Là, M. Raveusdale espérait rencontrer le « bel arbitre de son sort, » mais quelques légers motifs avaient retardé et devaient encore retarder de quelque temps l'arrivée de sa famille. Gécil envia à l'amoureux son désappointement; il en était si complètement occupé!
Une semaine se passa tandis qu'il ruminait dans son esprit ce qu*il dirait à son oncle, dont il était rhëritier et de qui la tendresse , à ce qu'il croyait, se porterait facilement à le secourir; mais longtemps arantque la semaine fût finie, il était tout à fait convaincu qu'Hastings était le lieu le plus ennuyeux de la Grande* Bretagne. Oh l la peine forte et dure ■ de l'oisiveté !
Bienheureux le commis de banquier qui par un matin de novembre se met en marche vers neuf heures, sous son parapluie vert, ruminant à la fois le souvenir de son petit pain beurré , et l'image anticipée de son pupitre ! Bienheureux l'esclave de la mode et du caprice qui déroule des rubans du matin jusqu'au soir, ches Dyde ou chez Scribe! Bienheureux ceux que je viens de dire, en comparaison de Gécil Forrester, « seigneur de lui-même , cet héritage maudit ! j>
C'était pendant une matinée pluvieuse, et il musait encore à la table du déjeuner, bien que depuis longtemps les mets et son appétit eussent disparu; à la fin il se leva, fit deux ou trois tours par la chambre, ouvrit un livre^
* Cet m9t* loni en françait dans loriffinal.
puis le jeta de côté. (Les parents auront nn grand compte à rendre pour n'avoir pas donné de bonne heure à leura enfants le goût de la lecture... des romans.) Bientôt il s'approcha dé la fenêtre , et proposa à son compagnon de parier sur le progrès plus ou moins rapide de deux gouttes de pluie, le long des carreaux. N'ayant pas été entendu, il essaya avec sa .canne de tracer son nom sur la Titre sale, et à la fin il s'écria dans son désespoir : u Vous êtes diablement heureux, Ravensdale, d'être amoureux ! Il n'y a rien de tel que les lettres d'amour pour occuper un jour de pluie ; une maîtresse donne à un homme tant d'intérêt pour luimême ! TOUS ne pouvez passer vos doigts dans vos cheveux, sans voir apparaître le médaillon dans lequel une de vos boucles repose sur le plus beau cou du monde. Un vent d'est suffit pour évoquer une légion de douces anxiétés, et au pis aller vous pouvez vous, asseoir et écrire des sonnets aux beaux yeux de votre innamorata. )v
Je ne sais plus que faire; je veux essayer aussi de devenir amoureux. Qu'y a-t-il ici dans ce moment?
— Lady de Morne, qui fait, douloureuse et inconsolée, des promenades solitaires dans son
jardin, mais tous remarquerez qu'il donae sur la grand» route.
— Quoi, une yeuve? chaude ou froide, comme vous Toiidrez, des baisers d'un homme mort! Je croirais sentir la poussière sur ses lèrres !
— Eh bien, miss Acton, Théritière ? uiilê dtdci.
— Non, elle appartient à l'école romantique; elle exige que vous vous leviez chaque matin pour lui apporter des violettes encore humides de rosée ; elle me ferait faire des courses dans la campagne qui. me gâteraient le teint, et des promenades au clair de lune qui m'enrhumeraient. Charles Ellis m'a dit que dans un moment de désespoir occasionné par une malheureuse veine à l'écarté, il entra à son service pendant trois semaines ; bientôt la fièvre le prit, il perdit l'appétit, il eut une toux continuelle, et vers la quatrième semaine il tournait à la consomption ; je ne me sens pas assez fort pour tenter l'en* treprise.
— Les deux filles de mistress Ellerby?
— Oui, pour ne savoir jamais à laquelle des deux on s'adresse. Je hais les gens taillés sur un même patron ; par-dessus tout, mistress Ellerby étant ce qu'on appelle sérieuse, s'attendrait que
I attentions et mes intentions seraient aussi
— aUZ —
aérie«ies que tontes les antres choses de sa maison. Non : j'ai besoin de trouyer qnekpe créature moins Bophist^itUe, et dont les cheyeux frisent natnrrilement.
— Maintenant, parpitië, épargnes*moi (a description de cette perfection à jamais inconnue : une maîtresse idéale ! soyez sur que yous deyiendrez amoureux de ce qui lui sera le plus opposé.
— C'est ce dont je m'inquiète peu, si tant est que je puisse deyenir amoureux; mais la pluie est passée , ne youles-yous pas monter à cheyal ?
Cécil Forrester s'en alla galoper tout seul sur la plage ; il souhaitait très-sérieusement que quelqu'une des jeunes dames qui étaient occupées à esquisser u ce bel effet de lumière sur les roches grises, » youlÂt bien tomber dans l'eau afin qu'il pût s'élancer à son secours et perdre ainsi son cœur de la manière la plus conyenablo. Peu à peu il reprit la route qu'il ayait coutume de prendre chaque jour, seulement parce que c'était la première qu'il ayait prise* Là, comme à l'ordinaire, il retrouya le respectable habit brun, le respectable cheyal, et leur non moins respectable propriétaire, qu'il y rencontrait régulièrement. Une ayerse
soudaine les amena simaltanëment soiui un ehéne»
Les Anglais, comme un voyageur étranger le mentionne dans son journal, ne se parlent ja* mais excepté en cas de feu ou de meurtre, à moins qu'ils ne soient présentés Tun à Vautre. Le vieux chêne remplit cet obligeant office à l'égard de nos chevaliers.
— Le pays avait besoin de pluie, monsieur? remarqua le vieux cavalier.
Forrester sentit que son compagnon avait violé toutes les règles de la société civilisée en s'adressant à lui de cette manière ; cependant, comme il était d'un bon naturel, et surtout trèsfatigué de lui-même , il répondit :
— Il me semble que nous en avons assez maintenant.
— Gai, oui; il ne pleut jamais que ce ne soit à verse. Je dois dire que j'ai grande foi à Falmanach de Moore; il a prédit que nous aurions de la pluie, il y a une semaine.
Je n'ai pas besoin de détailler comment la connaissance alla jusqu'à l'intimité. Le silenee fait beaucoup d'amis. Le vieux gentilhomme prit Cécil tout à fait en amitié, déclara qu'il était un noble jeune homme, et l'invita A diner.
Forrester se rendit à l'invitation. Son hôte ayaitdeux filles. Fane assez jolie et rêyense; Fantre très-jolie et très-vive. La semaine suivante fut tout à fait supportable quant à la longueur. Gëcil copia des vers dans Falbum de miss Temple Fainée ; et tint Fécheveaa de soie verte que dévidait la plus jeune.
Le samedi qui suivit son introduction, il faisait un beau clair de lune , et miss Temple se promenait çà et là dans la prairie ; elle paraissait réellement fort bien, et Cécil était au moment de la joindre, quand un pas léger qui se fit entendre tout près de lui, lui annonça sa sœur:
m La lune brille lur les vagues d'Hellé « Comme eo cette nuit orageuse « Où l'amour oublia de sauver « Le beau et brave jeune homme que lui-même excitait. ■
Et précisément comme l'amour oublia Famant, j'ai oublié le poète ; je ne puis même me rappeler un vers de plus ; mais je gagerais la bourse que je tricote avec cette soie verte que vous m'avez aidée à dévider, contre son poids en vert gazon, que ces paroles sont dans la tète de Mary à cette minute.
Pourquoi ces vers précisément 7
— Eh, mon Dieu ! nepouyez-voas lederiner? tout le monde levait»
— Mais je ne suis pas tout le monde et je ne ie saurai pas que vous ne me l'ayez dit.
— Oh ! mais Traiment, je ne vous le dirai pas!
— Oh ! mais Traiment il le faudra bien !
— Sûrement il n'y a pas un Toisin qui ne sache que Mary est promise à un très-intëressant jeune homme maintenant en Grèce. Mais, mon Dieu! vous devez avoir remarqué combien elle a rougi quand vous avez dit qu'un turban conviendrait à son genre de figure, et combien mon père en a ri?
— Ainsi miss Temple a un adorateur ; et je n'ai pas besoin de demander si vous en avez un aussi?
— Moi ! non vraiment. Bon Dieu ! si j'en avais un une semaine , je l'oublierais la suivante !
Et le dialogue finit par une ou deux de ces phrases de galanterie, les dernières choses du monde à particulariser. Forrester s'en retourna chez lui très-convaincu qu'Elisabeth était de beaucoup la plus jolie des deux sœurs, et engagé par une promesse à les accompagner la nuit suivante à un bal costumé dans le voisinage.
T. II. a 3
AojoarcThui un bal costumé est déjà assez ridicule, à Londres, où les coiffeuses sont en nombre et où las théâtres ont des costumes qui peuTent être empruntés ou copiés ; mais à la campagne , où les gens sont abandonnés à leurs propres ressources... on peut leur appliquer les mots du yieux poète : « Leurs imaginations sont Yéritablement effroyables. »
Miss Temple , il est à peine nécessaire de le remarquer, portait un turban et un habit oriental, ou du moins aussi peu anglais que possible. Elisabeth avait préféré remonter aux modes de ses grand*mères, et quand Cécil Taperçut à la fenêtre avec les grandes manchettes pendantes du vieux temps et la vaste jupe d*une antique soie chinée ; ses jolis bras nus jusqu'au coude, et ses beaux cheveux flottants en boucles à demi crêpées , il décida que, pour toute femme ieune et belle, Textravagance du costume porte avec elle son excuse.
Ils se rendirent tous au bal; la danse était mauvaise^ la musique plus mauvaise encore, et au lieu de glaces, des potages étaient offerts â la ronde pour empêcher les jeunes gêna de prendre un refroidissement. Cependant Cécil avait passé de pires soirées.
Nous parlions d*aAe naiora qae Fart n*ait point altérée ; je Tondrais bien savoir où Ton pourrait la trouver. Les cheveux d*ÉUsabeth Temple bouclaient naturellement ; elle faisait elle-même ses robes ; et pour comble de per* fection elle jouait, d'oreille , sur Tépinette de sa grand'mère, tricotait des bourses, et prenait de deux semaines l'une , en alternant avec sa sœur , la direction du ménage ; cependant ses talents pour la coquetterie égalaient au moins ceux de toutes les jeunes dames dont la parure et les grâces sont le cLef-d'œuvre des coiffeu* ses et des marchandes de modes. Cécil fut son partner presque toute la soirée; et, par quelques ingénieux et malins parallèles insinués plutôt qu'exprimés entre lui et les autres cavaliers ; par cette préférence d'attention , la plus puissante de toutes les flatteries féminines ; par une déférence à son opinion naïvement mêlée à la conscience de ses propres charmes, Elisabeth réussit à le tenir assez agréablement éveillé. La maison de M. Temple était sur le chemin de Forrester , et quoique, À souper, il eût déjà mangé pour six mois, ses amis voulurent absolument le faire entrer chez eux pour recommencer. A son départ, Elisabeth, lui donna quelques légères commis-
sionspour Hastings, et tandis qu'elle était descendae pour les écrire, Forrester, suiyant l'universelle habitude des oisifs , pni la première chose qui se trouTait à sa portée, dans la louable intention de la mettre en place. C'était précisément la petite bourse de soie yerte ; ses yeux se fixèrent sur elle avec un doux souTcnir des jolis doigts qu'il avait vus occupés à sa confection. Est-<;e une méprise? il voit distinctement les lettres C , F^ tissues en cheveux d'un brun clair : ses propres initiales! Et maintenant il se souvient que miss Temple lui a demandé l'autre matin quel était son nom de baptême ; sur lequel , en l'apprenant , elle fit la remarque ordinaire des jeunes filles en pareil cas : Ah, mon Dieu , le joli nom !
Elisabeth, qui rentrait en cette minute, aperçut la bourse dans ses mains, et vit que le chiffre avait fixé son attention ; elle rougit beaucoup plus que l'occasion ne semblait l'exiger, et dit à voix basse , mais avec vivacité :
— Je ne veux pas qu'on gâte ainsi mon ouvrage ; rendez-moi cette bourse , monsieur Forrester.
— Jamais ! dit Cécil , d'un ton qui pour lui était très-énergique.
— Oh! mais je veux abs<diiment la ravoir ;
et elle fit poar la lui arracher une tentative, à laquelle Gécil répondit en saisissant sa main pour la baiser.
— Elisabeth, ma chère! M. Forrester doit être fatigué, ne le retenez pas avec vos puériles commissions , dit son père qui s'avançait ; et lui-même accompagna son hôte hors du salon, et prit congé de lui avec un regard mystérieux mêlé de cordialité et de compassion.
Le jeune homme retourna chez lui trop fatigué pour songer à autre chose qu'à dormir ; et quand il se leva , le matin suivant , ce fut avec la conviction que des cheveux brun-clair, étaient une excellente chose chez une femme. Il est vrai que, dans un accès de distraction^ tandis qu'il débattait s'il écrirait ou non à son oncle avant de monter à cheval , il laissa tomber la bourse dans le feu ; néanmoins sa vexation de cet accident était suffisamment flatteuse pour la belle ouvrière. Aussitôt qu'il fut décidé à remettre sa lettre au jour suivant , il demanda son cheval et se rendit chez M. Temple. En traversant la salle , il aperçut Elisabeth dont le beau visage était évidemment défiguré par des pleurs récents. Lord Byron a dit :
« Une larme est si ^acieuse dans lei yeux de la beauté , « Que Famour a presque regret de la sécher par ses baisers.»
Nous prétendons au contraire qu'an bon accès de plears détroit pour le momant la plus grande beauté du monde.
Cécil entra dans le parloir quelque peu brusquement , au moment oà mistress Temple disait : J'ai tant de pitié du pauvre jeune homme ! — * Pour quel motif le pauvre jeune homme faisait pitié , c'est ce que l'entrée de Forrester Tempêcha d'apprendre; car mistress Temple interrompit à l'instant son discours avec une grande confusion.
M. Temple arpentait la chambre d'un bout à l'autre , comme s'il eût pensé que l'exercice était d'un grand secours contre le chagrin. Tous les deux reçurent le visiteur d'un air encore plus affectueux qu'à l'ordinaire et cependant mêlé d'un embarras pénible. Le mari et la femme se regardèrent quand le sujet du temps fut épuisé , chacun paraissant attendre que l'autre prît la parole. Quelques minutes se passèrent en silence ; à la fin M. Temple continua :
— Je suis vraiment fâché... !
— Mon cher!... interrompit sa femme.
— Je suis sûr que vous serez très-satisfait...
— Non , reprit encore la dame ; c'est beaucoup trop présumer de la bonté de M. Forres-
ter que de supposer qu'il prenne intérêt à noe affaires.
M. Forrester se hâta de Fassurer qu'il eo prenait un très-vif.
— Ma fille Elisabeth... dit le vieux gentil* homme.
— Dieu du ciel ! pensa Cëcil , ne va-t-il pas me demander quelles sont mes intentions? Je suis sûr que je ne peux pas lui répondre.
— Ma fille Elisabeth... (et ces mots furent dits précipitamment) est au moment de se marier...
— Mon cher! comment pouve*-voùs être si brusque? s'écria la dame ; et comme pour donner à son visiteur le temps de se remettre, M. Temple poursuivit rapidement :
— Au fils d'un de mes plus anciens amis , Charles Forsyth ; vous l'avez vu la nuit passée, un très-beau jeune homme; il lui a adressé sa demande ce matin même avant le déjeuner.
— Mon amour , vous n avez pas besoin de tant de particularités.
Forrester qui, à vrai dire, n'avait pas sur ce sujet de sentiments plus forts que la surprise, et peut-être une légère mortification , se hâta de leur offrir ses félicitations; et, n'étant pas très-désireux de rencontrer la belle brodeuse
de lettres initiales , la fiancée de M. Charles Forsyth, il saisît la première occasion de tirer sa révérence et de s'en aller.
— Pauvre jeune homme, comme il s'est bien comporté! dit la mère.
— Je savais bien qu'il ne le prendrait pas trop à ccpur, répondit le père.
Comme Cécil traversait le vestibule , il entendit la voix d'Elisabeth montée à un ton presque pétulant; elle disait :
— En dépit de tout ce que maman dit sur le sentiment , et papa sur les princtpoft., et vous sur l'afiection dévouée à un seul objet, je ne vois pas où est le grand mal d'une petite coquetterie innocente. M. Forrester ne mourra pas de chagrin pour avoir passé une soirée plus agréablement qu'il ne l'aurait fait sans cela; et si je n'avais pas coqueté avec lui, Charles Forsyth, quoiqu'il soit le fils d'un vieil ami de mon père , n'aurait pas fait sa demande de six mois , et on ne peut portant pas attendre toujours, comme vous le savez.
— Très-vrai , murmura Cécil Forrester en fermant la porte après lui. Le m^e soir il écrivit à son oncle et passa le temps qui suivit à graver son nom sur la table et à imaginer ce qu'on lui répondrait. Il reçut par le retour du
courrier, une réponse sévère et tendre à la fois. On exigeait qu'il revint immédiatement à la Tilie,
II fit un visite d'adieu chez M. Temple; aper^ çut Elisabeth et M. [Charles Forsyth dans un bosquet à l'extrémité du jardin , tout occupés de leur amour ; pensa qu'ils en seraient bientôt las; et reçut le souhait de bon voyage du reste de la fkmille, qui le trouva pâle.
— Mistress Temple, durant la quinzaine sui- Tante, lut dans les journaux tous les articles intitulés : « Intéressant suicide, et quoiqu'ils fussent tous iniéressans, elle n'y trouva pas celui qui l'intéressait.
Cécil arriva chez son oncle, qui commença la conversation en déclarant qu'il romprait avec lui et le déshériterait, et qui finit par payer ses dettes et lui faire une pension.
La semaine suivante vit deux annonces différentes dans le Moming-Posty l'une était le mariage d'Elisabeth Temple avec Charles Forsyth, et l'autre le départ de Cécil Forrester pour Naples.
Un ami lui avait offert de l'y conduire dans son yacht, et cette raison l'avait décidé à partir; par occasion il monta au Vésuve, visita les églises , les peintures, les statues; mais, hélas !
r. II. a4
oe sont des jouissances qui veulent être eulti- Tëes, et maintenant elles apparaissaient à Cécil comme un travail plutôt que comme un amusonent. Ne parlant pas la langue dû pays, il ëtait exclu de tous les amusements de la société italienne; et quanta la société anglaise , il avait contre elle une rancune intérieure. Deux amis avaient refusé d'accepter un billet de lui , l'un parce qu'il ne pouvait pas, l'autre parce qu'il ne voulait pas; l'un par impuissance, n'ayant point d'argent comptant; l'autre par principes, s'étant fait une règle de n'en jamais prêter. Une dame qui l'avait longtemps regardé comme l'ami de la famille , et qui avait quatre jolies filles , avait fait semblant de ne pas le voir dans le Parc avant qu'il fût connu que son oncle consentait à arranger ses affaires. Cécil était donc persuadé de l'égoïsmede cette société artificielle; il n*avait même plus ses innocentes croyances dans la simplicité champêtre: Elisabeth Temple l'avait guéri de ces vaines imaginations; il gardait cependant une prédilec* tion pour le naturel, seulement il décida qu'il ne pouvait se trouver dans aucune contrée civilisée. Il avait coutume do s'asseoir sur le bord de la mer et de dépenser sa soirée à parcourir, tout en jetant des cailloux dans l'eau, quelques
▼olomes de lord Bjron, qu'il avait troavës par hasard.
Un beaa réye de Circassieiine flottait dana son esprit quand l'arriTée du dey d* Alger et de «on harem, à Naples, changea son rêve en réa*litë. Un matin tout un cortège de palanquins, dont le contenu était caché aux yeux humains , le croisa dans sa promenade à cheral. Le jour suivant , ce fut la môme chose ; le troisième , les rideaux d*un des palanquins s'agitèrent légèrement, une branche de jasmin en tombât, et le lendemain une de myrthe. Toute cette nuitlà Cëcil lut lord Byron; le Giaour et leCorsaire n'étaientinterrompusqueparLallaRoukh. Il se mit aju lit et rêva des jeune» filles
« Qui rougissent derrière les rideaux de soie des galeries. »
Le jour d'après il commença à étudier l'Arabe et s'efforça de trouver quelque moyen de correspondre avec cette houri inconnue. Sûrement il y avait là des rideaux, des serrures, des verrous, des barreaux et des cimeterres; cependant
L'amour s'ouTrirait un passag^e
A travers des sentiers où les loups craindraient de chercher; leur proie Et s^il ose assez , il serait difficile Que sa passion n'obtint pas quelque récompense.
Cëcil {Mtrrint à établir des relations avec cette Haîdé de son imagination par le moyen d'un bas-offioier de la suite du dey, lequel parvint à corrompre un des esclaves attachés au service du harem, et il apprit de lui que sa belle était la plus nouvelle et la plus charmante esclave du dey. En Orient, la marche des affaires d'amour est ordinairement très-rapide, et celle^i ne fit pas exception à la règle générale. Un plan d'évasion fut bientôt organisé ; le gar* dien spécial de Tesclave consentit à lui faciliter des moyens de rester jusqu'à la nuit dans le jardin, qui était borné par une rivière; quelques planches fourniraient avec l'eau une communication facile ; un bateau devait stationner aux environs, et quatre bons rameurs les conduiraient tous en une demi-heure à une petite tnlla que Gécil avait louée pendant un caprice de solitude qui lui dura une semaine. Une fois là , 0 ne resterait aucune trace de leur fuite , ni aucune craÛBte d'être découverts. La nuit fixée pour l'exécution les trouva tous exacts au rendez-vous , sans excepter la belle Géorgienne. Le zèle de Sidi Mustapha, le premier agent, était vraiment merveilleux, il s'élança du bateau pour aider la dame à descendre, et voulut à peine permettre à Gécil de se mêler de cette
raanœuvre, jusqu'à ce qu'il devint évident qu'elle réclamait le secours de tous deux.
Après quelques efforts , l'esclave et ses dra-^ peries , dont le volume paraissait énorme , furent déposés dans la barque. Ils arrivèrent en silence, et sans obstacle à la villa, Sidi et For rester transportèrent leur prise dans le salon , car la peur semblait lui avoir ôté la faculté de se mouvoir ; et l'Algérien courut congédier les matelots avec toute la précaution possible.
Tout avait été préparé pour recevoir labeUe esclave; la table était couverte des confitures les plus recherchées , des plus rares parfums , du café le plus aromatique. L'impatience de Gécil était montée au dernier degré.
— Gulnare î — elle ne répondit point; — chère Gulnare !
Tout à coup il songea que peut-être elle n'entendait pas l'arabe, ou du moins son arabe à lui , et avant que son interprète fût de retour, il crut à propos de l'aider à se débarrasser de l'ample voile ou manteau bleu qui l'enveloppait de la tète aux pieds; il lui offrit donc poliment son assistance, et, s'emparant de son voile , il le jeta sur une chaise à côté de lui.
Le cri perçant qui suivit cette action l'étonna beaucoup moins que la découverte à
laquelle elle le conduisit. L'aimable Géorgienne était si monstrueusement grasse, qu'elle avait la plus grande difficulté à se tenir debout ; en outre , une guiriande d'hyacinthes d'un beau bleu, très-délicatement tatouée, commençait à son menton , serpentait sur ses joues , et lui couvrait le front.
— Oh ! s'écria Géoil k cette vue , si j'avais profité de mes lectures ! pourquoi ne me suis^ je pas rappelé plus tôt les voyageurs que j'ai tant aimés dans ma jeunesse , et où j'ai vu qu'une beauté orientale était la charge d'un chameau!
En ce moment , Mustapha rentra dans le salon.
— 0 Allah ! qu'elle est belle ! par la tète du prophète , c'est une rose épanouie , une pleine lunef...
Gécil , avec l'impulsion d'un véritable Anglais, s'élança vers lui pour le boxer. Cette intempestive admiration était à faire damner un saint. Toutefois , les cris aigus de la dame détournèrent son attention.
— A moins que voils ne me vouliez voir tout à fait sourd, apprenes-moi la cause de ces horribles clameurs.
— Votre seigneurie lui a 6tés(m voile.
— Qu'à cela ne tienne; dans mon propre intérêt, je le lui rendrai aussi promptement que possible.
Sans diiférer un moment, il rendit à la belle esclave sa couyerture et sa tranquillité à la fois, et avec l'aide de Mustapba , il la déposa sur une pile de coussins de satin cramoisi , rassemblés pour son usage spécial.
— Et maintenant, au nom du diable, que vais-je faire d'elle?
Sidi parut quelque peu surpris de la question, et commença incontinent une kyrielle de vers arabes, sur cette étoile du matin, cette perle du monde, cette rose à cent feuilles, que l'étranger était trop beureux de posséder! Enfin , pour couper court à une longue bis* toire, et tirer le meilleur parti possible d'un mauTais marché, €écil maria la Géorgienne à Sidi Mustapha.
Les Anglais, comme on sait, sont tons trèspatriotes, surtout dans la saison des perdrix. Cette petite aventure fournit à Gécil une excuse pour retourner en Angleterre avant le mois de septembre... Par quelle raison sommes*nous si satisfaits de nous créer des excuses à nous* mêmes, les seuls au monde à qui elles soient inutiles?
Ce fut dans la dernière semaine d'août qu'il arriva à l'abbaye résidence de son oncle.
Combien la riche verdure des bois touffas , que l'automne n'avait pas encore effleurée , et le frais et brillant gazon des champs contrastaient avantageusement avec l'aspect monotone et stérile de l'été méridional qii'il venait de quitter ! Il y avait longtemps ( tout parait long à la jeunesse), il y avait longtemps qu'il ne s'était senti ému par un plaisir aussi vif que celui qu'il éprouva lorsque les grands chênes de l'avenue se courbèrent au-dessus de sa tète. Les freux se rassemblaient pour la nuit aussi bruyants qu'une troupe d'enfants : les bruits anciens et familiers sont toujours doux à l'oreille. Dans l'éloignement , il pouvait appercevoir le daim léger et bigarré, bondissant en pleine sécurité , et les dernières rougeurs du soir réfléchies dans une vaste pièce d'eau brillaient à travers le feuillage.
Enfin il arriva dans la cour ; une demi-douzaine de serviteurs à cheveux gris s'empressèrent à la rencontre de maître Cécil, comme ils persistaient à l'appeler. Il est toujours agréable de rencontrer des gens joyeux de vous voir, même quand ils n'ont pas pour se réjouir de meilleures raisons que de vous avoir connu
enfant. Un ëpagneul fourra son nés dans la main de Gëcil, mais la mémoire du chien était plus fidèle que celle de son maître; car le visiteur eut quelque peine à reconnaître dans la pesante et faible créature qui sollicitait son attention, rancien et agile partner de ses amu* sementb enfantins.
— Ma pauvre Didon , se peut-il que ce soit vous?
— C'est la favorite de ma jeune maîtresse, dit un des domestiques.
En ce moment, la jeune maîtresse elle-même parut , et Gécil se dit qu'il l'aurait reconnue aussi peu que son chien : au lieu de l'enfant pâle et maladive qu'il avait quittée, il retrouvait une belle, fraîche et gracieuse jeune fille; ses cheveux de lin en brunissant avaient atteint la nuance d'un beau châtain cendré; enfin, il ne restait de la petite Edith que deux grands yeux bleus qui n'avaient point changé. Gécil fut surpris qu'elle l'eût remis si vite ; mais , après vingt ans , cinq années ne produisent pas le même changement qu'avant cet âge.
Sir Hugh fut aussi joyeux de revoir son neveu qu'un vieil oncle dç comédie, et au bout d'une demi-heure le trio était très-confortablement établi dans la bibliothèque, où l'on
avait senri une espèce de dtner pour €ëoil , et une bouteille de Porto d'extra pour le vieux gentilhomme ; tandis qu'Edith , assise sur une chaise basse aux pieds de son père , se plaisait à ramener la conversation au souvenir de leurs jeux enfantins ; de ce temps , où la pauvre et délicate petite fille était le joujou et la protégée de son cousin.
Le mois suivant passa presque inaperçu.
Cécil écoutait patiemment la politique du Moming-Poêt, car c'était Edith qui en faisait la lecture à son père. Quelquefois il le lisait luimême près de la table à ouvrage de sa jeune hôtesse. Il trouva aussi moyen de se rendre utile dans le jardin de fleurs qui était la propriété particulière de sa cousine ; il avait en outre pour récréation les longues courses à cheval dans les bruyères, les loBgues promenades à pied à travers la forêt, et ces longues soirées , où tandis que sir Hugh s*endormait au coin du feu , Edith chantait doucement sur sa harpe quelque vieille ballade. Le résultat de tout ceci était inévitable comme le dénouement d*un mélodrame, et dans un mélodrame même on n'aurait pu voir un amour mieux conditionné que celui des deux jeunes gens. Laissant les autres se plaindre des tourments
de la passion , Cëcil ne tarissait pas sur ses avantages, jamais encore il ne s'était tronvé si occupé et si pf u exmuyé que depuis qu'il était amoureux.
On était au premier d'octobre , la matinée était belle et claire ; le peu de fleurs qui restent les dernières sur quelque terrasse ou dans quelque coin de mur , exposées au midi, brillaient de ces somptueuses couleurs qui appartiennent à l'automne, quand la jeune dame de l'abbaye se pencha sur la balustrade pour cueillir les derniers boutons de la rose de Provence ; quelques myrtes et quelques géraniums tardiû étaient encore verts et fleuris; mais Edith se tourna vers un vigoureux oranger, encore chargé de boutons. C'était le bouquet que réclamait sa parure, car Edith était en habit de mariée ; ses beaux cheveux bruns, de ce brun doré qui brille sur les ailes du £aisau, des* cendaient en grosses boucles de sa blanche guirlande , à demi-recouverte d'un long voile de dentelle; sa robe de satin blanc n'avait aucun ornement; pas un bijou ne venait déranger cette noble simplicité. Edith s'appuya pensive sur un angle de la balustrade de marbre, car elle était maintenant sur le seuil de la jeunesse; les choses enfantines allaient céder la
place aux grayes devoirs. Sa destinée n'était pins à elle , eSïe Tavait déposée tout entière entre les mains d*un autre. Déjà Vamour, jetant son ombre sur ce joli front, y répandait une grâce sérieuse. Et cependant elle ne quittait la demeure de son enfance que pour un temps, et non, comme il arrive, hélas! à tant de jeunes fiancées, pour toujours! Devenir l'épouse de Cécil, c'était seulement donner à sir Hugh un second enfant.
Venez , mon Edith ! dit une voix douce près d'elle; et son époux la conduisit près de son père. Une demi-heure après, toutes les cloches étaient en branle en l'honneur des mariés , et durant les nombreuses années où la vieille abbaye fut égayée de leur bonheur , Cécil n'eut pas une seule fois l'envie de retourner à Hastings pour éviter l'ennui , ou à Naples pour y tenter de nouvelles expériences ; et peut-être, sa paresse aidant, il prétendit n'avoir plus besoin d'aller chercher si loin l'intérêt ou les I^aîsirs qu'il trouvait au eoin de son feu.
PIN 00 TOME SICONO.
»VjOOgie.