STE
La grande faculté de Goethe était l'assimilation. Détaché de ses impressions, il pouvait vivre la vie qui circulait autour de lui : éclectique avant tout, il savait distinguer le vrai du faux, l'éclat durable, du pastiche et de l’artificiel.
Meterlink dit tranquillement aux Parisiens que Goethe n’est pas aussi romantique qu'on le croit.
Certes, il ne l’est pas du tout.
Si nons lisons les oeuvres que je dirais explicatives de Goethe, telles que ses voyages, lettres, conversations, etc., on est même étonné qu'il ait pu être classé dans une école quelconque et surtout parmi ce romantisme qu’il qualifiait de malsain.
Schiller a vu en Goethe un Grec moderne.
Le sage Allemand a lui-même avoué qu'il ne lui resterait pas grand'’chose s’il restituait tout ce qu'il doit aux Grecs et aux Français.
Ce qui donne à Goethe sa physionomie grecque bien accentuée, c’est qu’il ne sépare pas les facultés de l’âme entre elles.
L'homme, à ses yeux, est vie, c’est-à-dire union, action, plutôt que pensée et théorie.
Il ne sépare pas l'imagination de l'intuition, ou la raison de la déduction. Il cultive toutes les facultés parallèlement.
On lit dans Schiller que chez les Grecs ‘l'esprit
" PR ON RU LE US Haëls;.
GOETHE ET LA VIE ea éme mcm eo le
‘‘n’avait pas de domaine rigoureusement séparé, aucu- ‘ne discorde n'avait encore poussé les facultés intellec-
‘‘tuelles à partager en adversaires et à tracer les limi- ‘tes de leur champ.'’
Goethe revient à cette saine tradition grecque, avec, en plus, de la patience dans les déductions à tirer des phénomènes observés, une cinglante ironie à l'égard d’adversaires que les Hellènes n’ont pas Counus, et, enfin une lucidité toute française.
Le confesseur de Goethe, c’est Eckerman, dans les ‘Conversations’? duquel le poète s’est mis à nu.
Si cette nudité n’a pas la beauté des ornements de théâtre, elle révèle, par contre, un torse et des muscles d’acier, dont les mouvements olympiens n’ont perdu aucunement de leur dignité.
Eckerman, à ce qu’il paraît, s'en fut trouver Goethe, alors que celui-ci était beaucoup vieilli, et entreprit sur lui une sorte d'entraînement oral qui eut l'effet de réduire beaucoup de ses théories à leur plus claire expression.
L'ouvrage qui contient ces Conversations semble peu connu en France, où les écrivains n’y réfèrent pas.
En Angleterre on ÿ attache beaucoup d'importance, parce qu'il est pratique et qu'il simpli£e