‹ Prose (volume 2)Chapitre 37 sur 87 · BALLADE DE COPPÉE A BANVILLE · texte numérisé non relu

BALLADE DE COPPÉE A BANVILLE

Comme Gaussade a tué La Tournelle, Faisons des vers pour rien, pour le plaisir !

La politique est un plat vaudeville ; La soif de l'or aigrirait nos humeurs.

Laissons les sots traiter de chose vile Nos rêves bleus d'amants et de fumeurs, Et dire, ô rythme immortel ! que tu meurs. Le philistin, à la voix solennelle, Peut s'enrouer comme Polichinelle ; Laissons-le geindre et gronder à loisir. Foin du bon sens de madame Pernelle !

Faisons des vers pour rien, pour le plaisir !

Le cœur joyeux, sans soin bas et servile, Abandonnons le monde et ses clameurs.

Allons-nous-en par les bois de Chaville, Ou sur la Seine aux doux flots endormeurs, Pour y chanter des chansons de rameurs. Un libre esprit nous toucha de son aile Et la nature est pour nous fraternelle ; D'aucun sultan nul de nous n'est visir Et n'a blessé même une coccinelle.

Faisons des vers pour rien, pour le plaisir !

ENVOI

0 maître! ô toi que la Muse éternelle Sur le Parnasse a mis en sentinelle Et pour son preux entre tous sut choisir, Notre œuvre est bonne et nous croyons en elle ; Faisons des vers pour rien, pour le plaisir!

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