POUR LE DU AI' KM
Où des soldats marchaient auprès de gens en blouse Et chaussés de sabots comme en quatre-vingt-douze, Vint se mettre en bataille et commença le feu. Le combat fut sanglant et vif, mais dura peu. Les Bédouins, qui croyaient surprendre un faible poste, Devant tous ces Français si prompts à la riposte Tentèrent bien, mettant tous les sabres au vent, Deux charges, qu'on reçut baïonnette en avant. Mais leur cheik y périt, et la bande affolée, Comme un vol de corbeaux reprenant sa volée, Tourna bride et bientôt dans l'Atlas se perdit.
Alors les condamnés, ainsi qu'ils l'avaient dit, Tenant loyalement la parole jurée, Rentrèrent dans le fort en colonne serrée ; Sans hésitation, ils mirent en faisceaux, Devant le commandant, leurs fusils encor chauds ; Et le vieil officier, contenant mal ses larmes, A ses soldats d'un jour qui déposaient leurs armes Étreignait les deux mains à leur rougir la peau, Et disait rudement :
— « Merci... pour le drapeau ! »
BLEUETTE
BLEUETTE