QUI ME COMPREND
Qui me comprend? On les croit fous, Mes vers, faits de lumière et d'ombre.
J'aime et l'on m'aime, et c'est bien doux; Je suis Magyar, et c'est bien sombre.
De tendres pleurs mouillent mes yeux Au souvenir de ma chérie ; Et j'ai des sanglots furieux Pour les malheurs de la patrie.
POÉSIE. — III. Il
Sur mon sein, ma mie aux yeux clairs Met un bouquet de fleurs divines; Et l'amour du pays aux fers Me couronne le front d'épines.
Je vais, triste et joyeux, versant Sur ma lyre, à travers l'orage, Des fleurs et des gouttes de sang, Des larmes d'amour et de rage !