LE CHIEN
EST l'ami de LHOMME
raternellement, sur le trottoir exigu delà rue muette, à de rares intervalles animée par le pas rapide d'un passant, devant la petite boutique vert bouteille de la fruiterie, où les ventrus melons cholérifères gonflent en vain, pour « raccrocher » un amateur, leurs tranches dorées et fleurant bon, un gros terre-neuve cabriole, de concert avec un enfantelet de quatre ou cinq ans, dont il est le meilleur et l'unique camarade.
Soudain, comme dans la lutte
l'enfant avait roulé dans le ruisseau, et qu'à ses glapissement de joie répondaient les abois retentissants du terre-neuve iN(iuiET de cette chute, le père, persuadé que le chien avait bousculé le gamin, sortit brusquement de la petite boutique.
Et comme le chien s'essaj^ait à ramener l'enfant sur le trottoir, cependant que celui-ci, toujours secoué par les tressants du rire, avait accolé de ses deux bras la grosse tête velue d'où pendait, à travers la double rangée des dents formidables, l'énorme langue caressante, le père, brutalement, fit rentrer le chien d'un coup de pied et l'enchaîna.
Et l'enfant voyant que, barbare et injuste parce qu'il n'avait rien vu et prononçait quand même une sanction, le père enchaînait son ami à l'entrée de la petite boutique vert bouteille où les ventrus melons cholérifères gonflaient en vain leurs tranches dorées et fleurant bon, l'enfant se prit à sanglotter.
Et sans qu'il lui vint à la pensée de protester contre cette injustice humaine d'être puni pour une faute qu'il n'avait pas commise, le chien, voyant que se désolait son camarade de le voir à l'attache, le chien feignit un air heureux pour consoler l'enfant.