PROBLÈME DE LA DESTRUCTION DES BRANCHES
possible aux jeunes arbres. Si l'on établit une patrouille efficace, on diminue ainsi la nécessité de faire un brûlage général.
Il y a quatre méthodes générales de destruction des branchages et autres débris, qui se ressemblent beaucoup, ce sont : (i) le brûlage ; (2) l'ébranchage ; (3) l'ébranchage et l'empilement ; (4) l'ébranchage et l'éparpillement.
Brûlage. — On peut brûler les branchages tels qu'ils sont éparpillés sur le sol ou bien les brûler après l'ébranchage et l'empilement. Sur la côte nord-ouest du Pacifique, on a trouvé que le brûlage des branches éparpillées sur le sol est ce qu'il y a de plus pratique en certains cas, et ce mode de destruction s'applique surtout dans les endroits où les taillis sont très épais et les arbres presque tous rendus à maturité, car, en pareils cas, le défrichement est complet ; ce qui reste d'arbres ne justifierait pas les dépenses de protection contre l'incendie. Les débris sont laissés éparpillés comme dans l'ancienne méthode d'exploitation forestière ; ils atteignent souvent une épaisseur de 4 à 5 pieds. On peut construire une ligne de protection contre l'incendie en enlevant toutes les matières inflammables sur une large bande. On brûle ensuite cette bande de façon à faire un coupe-feu efficace qui empêchera l'incendie de se répandre dans le bois debout ; mais pour cette opération il faut employer des hommes très versés en de genre de travail, et il faut aussi choisir le temps voulu pour faire ce brûlage. Ce procédé a pour résultat de mettre à nu le sol et de faciliter la reproduction du sapin Douglas, essence que l'on considère de qualité supérieure. Le brûlage des branches éparpillées sur le sol coûte moins cher que l'empilement et le brûlage. On dit que dans les conditions favorables, ce travail peut être fait à raison de $25.00 par année. Il est probable cependant que dans la plupart des cas il coûte de cinq à dix cents par mille pieds de bois. L'empilement et le brûlage sont nécessaires dans les endroits où il reste debout un certain nombre de jeunes arbres non rendus à maturité dont la protection contre l'incendie demande la destruction des matières inflammables.
Cette méthode est très souvent adoptée dans l'exploitation forestière par le service forestier des Etats-Unis dans les états de l'Ouest. Cependant, elle doit être considérée en premier lieu comme une mesure préventive contre l'incendie, et dans les endroits où l'abatage se fait en hiver, comme dans certaines parties du Minnesota et des Montagnes Rocheuses, dans les Etats-Unis, on a trouvé que le brûlage des branches à mesure que l'on exploite la forêt est très pratique. Les dépenses occasionnées par l'enpilment et le brûlage sont en partie couvertes par une plus grande facilité de la sortie du bois.
Ebranchage. — Les désavantages de brûler les branches surpassent quelquefois les avantages ; pour cette raison, il est souvent nécessaire d'adopter un autre mode de destruction de ces branches, par exemple, dans les Adirondacks, le brûlage des branches est considéré impraticable, en partie à cause des dépenses, et en partie à cause des grands dangers qu'il y a de brûler la surface du sol et par là d'occasionner la perte des jeunes arbres. D'autres considérations sylvicoles entrent aussi en ligne de compte et elles seront discutées plus loin.
Toute la théorie de l'ébranchage consiste en ce que les débris sont mis en contact plus intime avec le sol ; de cette manière, ils absorberont plus facilement l'humidité, sécheront moins en été et se décomposeront plus rapidement que s'ils se trouvaient élevés au-dessus du sol. Si le travail est bien fait, les branchées traitées de cette manière cesseront d'être un danger d'incendie en peu d'années, et se décomposeront en un tiers ou une moitié de moins de temps que si elles se trouvaient élevées au-dessus du sol comme celles qui restent dans les houppes. Après l'ébranchage en question empiler ou éparpiller les branches est conseillé, à moins que ce travail ne coûte trop cher.
Autant qu'on le sache, l'ébranchage des houppes comme mesure protectrice contre l'incendie, soit en Europe, soit en Amérique, a été recommandé pour la première fois par le Docteur B. E. Fernow, en 1890. Il fit cette recommandation dans son rapport à V Adirondack League Club qui venait d'acheter quatre-vingt treize mille acres de forêt vierge dans le montagne des Adirondacks, état de New-York. Cette étendue de forêt avait été achetée à condition que toutes les épinettes de plus de 12 pouces de diamètre seraient réservées sans restriction. Quant à la méthode de l'abatage, l'exposé qui suit, extrait du rapport du Docteur Fernow,* offre quelque intérêt à ce sujet :
"Les dangers et les dommages provenant de l'incendie sont augmentés chaque fois que l'on exploite une forêt, principalement si on laisse sur le sol les houppes et les branches qui se dessèchent rapidement et augmentent ainsi l'intensité de l'incendie. Il aurait fallu tenir compte de la destruction appropriée de ces branchages dans les contrées d'exploitation forestière. Par suite de l'absence pareille condition, le Club devrait détruire ces branchages à ses propres dépens.
"On a demandé de brûler les branchages qui restaient. Cette méthode est dispendieuse, et je suis d'avis qu'elle est inutile, au moins d forêts d'épinettes, sous les conditions qui nous oc-
cupent. L -provient de ce que les houppes, étant soutenues
par les branches au-dessus de sol, se dessèchent, restent en cet état et forment ainsi un appât pour l'incendie. En ébranchant les houp-
• Rapport du Chef de la Division Forestière pendant L'année 1S90, page 221, Départ'iiKiit de l'Agriculture des Etats-Unis.
pes et en les laissant tomber sur le sol, on s'attend à ce que ces matériaux restent humides à la suite de la neige qui les couvre pendant l'hiver, et qu'ils se décomposeront bientôt. En outre, on pourrait en retirer quelque chose d'utile pour la fabrication de la pâte à papier qui aurait été perdu autrement. Je recommanderais au moins de mettre à l'essai cette nouvelle méthode. On devrait faire l'ébranchage aussitôt que possible après l'abatage, et il serait peutêtre possible de faire des arrangements pour ce travail avec l'entrepreneur de l'exploitation."
Par suite de difficultés financières, le contrat d'exploitation ne fut pas mis à exécution, et conséquemment les recommandations du Docteur Fernow à l'effet d'ébrancher les houppes restèrent sans effet.
Selon Graves, l'ébranchage des houppes se faisait autrefois d'une façon très étendue dans les exploitations d'épinettes et de sapins des Adirondacks. On adopta d'abord la méthode d'ébrancher seulement le sommet de l'arbre. Cependant, cette méthode laissait encore les houppes supportées au-dessus du sol par les branches inférieures, ce qui retardait la décomposition de ces houppes, et plus tard, on modifia la méthode de manière à y inclure l'ébranchage des branches inférieures, de façon à ce que le tronc et les branches pussent reposer légèrement sur le sol, où la décomposition serait rapide. Les tas de branches étaient foulés à terre par le poids de la neige en hiver ; en cet état, elles absorbaient l'humidité du sol et se décomposaient rapidement ; cette décomposition diminuait de beaucoup le danger d'incendie.
Plus tard, on ajouta à l'ébranchage l'éparpillement des branches. Le meilleur exemple que l'on puisse citer de ce travail se pratiquait sur la propriété du Dr. Seward H. Webb, dans le Parc de Nehasane. Cependant, on ne s'est pas assez occupé d'étendre ces branches de façon à les mettre en contact avec le sol ; les lois de l'Etat ne l'exigent pas ; mais l'intérêt des propriétaires fonciers semble réclamer cette action, afin que l'on puisse retirer toute la somme de bénéfice qui dérive des dépenses encourues pour l'ébranchage, et qui sont exigées par la loi. La situation telle qu'elle existait dans les Adirondacks sera pleinement discutée plus loin en ce rapport.
Ebranchage et empilement. — Cette méthode améliore celle qui consiste simplement à ébrancher les houppes dans laquelle on ne s'occupe pas de mettre les branches en contact avec le sol ou de les empiler, et conséquemment, un certain nombre de branches se trouvent jetées sur des rochers, des souches ou des troncs d'arbres, et restent ainsi séparées du sol, et de cette manière la décomposition sera retardée de beaucoup. L'ébranchage suivi soit de l'empilement soit de l'éparpillement peut être préférable au brûlage, au point de vue de la sylviculture. Au cours des saisons de sécheresse, comme dans les bois de pins jaunes dans la
région des Montagnes Rocheuses, et surtout dans les états du sud, la meilleure et souvent la seule reproduction naît sous les têtes ou les autres branchages. Le sol est ombragé et l'évaporisation est retardée par la présence d'une couche de feuilles, de rameaux et de branches. Sous de telles conditions, le brûlage des branches peut faire une différence entre la reproduction et la non reproduction. Le brûlage des branches, à moins que l'on n'en fasse une mesure de protection exigée contre l'incendie, devient ainsi inutile au point de vue de la sylviculture. L'ébranchage et l'éparpillement des branches faciliteront la reproduction de ce genre de forêt, mais nul doute que le danger d'incendie sera augmenté pendant la première année, de sorte que l'on considère qu'il est quelquefois préférable d'élaguer les branches et de les empiler à une certaine distance des arbres sur pied. Cette manière d'agir protège, en cas d'incendie, les arbres rendus à maturité et, en même temps, aide le développement des jeunes rejetons autour des piles de branches, grâce à l'ombragement du sol et à la conservation de l'humidité. Au Parc Manitou, dans le Colorado Central, cette méthode de destruction des branchages a été suivie au coût de 35 à 40 cents par acre. S'il y a déjà un certain montant de reproduction sur le sol, l'empilement sans le brûlage sera préférable, à moins que l'on puisse empiler les branches dans une clairière, de façon à ce que le brûlage ne détruise pas les jeunes plantes.
Ebranchage et éparpillement. — On a discuté cette méthode dans les paragraphes précédents. La somme de branchage, le degré de danger d'incendie et la nécessité d'encourager la reproduction doivent être considérés. On diminue le danger d'incendie par l'empilement ; mais l'éparpillement des branches est préférable au point de vue de la sylviculture. On favorise l'ébranchement et l'éparpillement dans les coupes de seconde croissance, où la somme des débris est relativement minime, et dans les forêts mixtes, où l'on a retiré du bois de corde et du bois de pâte à papier des houppes laissées sur le sol. Dans les endroits où il y a danger d'érosion, ou lorsque la reproduction est exposée à être broutée et piétinée par les animaux, la méthode d'ébranchement et d'éparpillement des branches est aussi préférable à moins que d'autres considérations ne contrebalancent celle-ci.
Destruction des Branchages dans les Forets Nationales de ridaho, du Montana et du Minnesota
Puisque les conditions dans la région des Montagnes Rocheuses du Canada sont pratiquement les mêmes que celles qui existent dans cette partie des Etats-Unis située au sud de cette région, on cite ci-après en son entier l'exposé du Forestier de District, du district No. 1 des forêts
nationales des Etats-Unis, comprenant le Montana, les Minnesota et le nord de l'Idaho :
"Les seules méthodes de destruction des branches suivies en ce district consistent à empiler les branches en gros tas et à les brûler, à les empiler en lignes et à les brûler, à les brûler éparpillées sur le sol à l'intérieur des lignes d'incendie ou coupe-feux. L'ébranchage et l'éparpillement des branches sans les brûler ne sont pas considérés suffisamment sûrs en cette région ; je pense, cependant, que l'on suit cette méthode dans le sud-ouest. La protection du sol contre la sécheresse provenant de cette méthode est un avantage sans importance et même, en plusieurs cas, c'est un désavantage réel dans les régions où la plupart des bois marchands sont vendus, où les dangers extrêmes d'incendie sont considérés comme un obstacle absolu. Cependant, l'ébranchage est indispensable quelle que soit la méthode en usage, car celle qui consiste à brûler les branches éparpillées ne peut pas être efficace pour détruire les houppes non ébranchées. Les conditions pour lesquelles les trcis méthodes conviennent sont les suivantes :
"L'empilement des branches est indispensable chaque fois que l'on veut garder des arbres porte-graines, ou lorsque l'on emploie un système de sélection pour marquer. C'est la méthode la plus dispendieuse des trois, mais la plus pratique ; les frais varient suivant la région. Les exemples suivants serviront à donner quelques idées de ce que l'on peut attendie sous différentes conditons :
"Sur la propriété vendue par la Compagnie A.C.M., dans la forêt de Bitterroot, au Montana, sur laquelle on a abattu trente-sept millions de pieds de pins jaunes de l'ouest, d'après un système de sélection, les dépenses d'empilement des branches se sont montées à $0.424 par mille pieds, mesure de planche, et le coût du brûlage était de $0.067 par mille pieds, mesure de planche, ou un total de $0.488. C'est ce qui a été payé dans la section des pins jaunes.
"Sur la propriété vendue par la Compagnie Eurêka Lumber, dans la forêt "Blackfeet," au Montana, le coût actuel de l'empilement était de $0.42 par mille pieds, mesure de planche ; le coût du brûlage est inconnu. C'est ce qui a été payé dans la section des sapins mélèzes Douglas de l'ouest.
"Dans la forêt de Kootenai, Montana, le coût moyen de l'empilement des branches a été calculé par le Surveillant à $0.25 par mille pieds, mesure de planche.
"Dans les forêts du Minnesota, Minnesota, ou l'on abat de grandes quantités de pins blancs de l'est et de pins de Norvège, on a entrepris l'empilement des branchages à raison de $0.25 par mille pieds, mesure de planche, et le brûlage à $0.06 par mille pieds, mesure de planche. On estime le coût de l'empilement des branches à $0.18.
"Autant que faire se peut, nous permettons l'adoption de quelque méthode de destruction des branches qui coûte le moins cher. Toutefois, ces méthodes à plus bas prix n'ont pas été suffisamment mises à l'essai, et nos données des frais ne sont pas assez exactes. L'empilement en lignes est praticable, quand l'abatage est complet et s'effectue en lignes, ou lorsque l'on met en réserve des carrés ou des groupes de portegraines, principalement quand le terrain est en pentes très accentuées. Il impose un minimum de travail additionnel à l'exploitant, car ceux qui tracent les chemins du glissa ge en pays à pentes escarpées, cordent ordinairement les branches en bon ordre. Ce procédé a l'avantage, en certains cas, de mettre à nu le sol minéral sur toute la superficie, il détruit les broussailles sans valeur sur lesquelles les débris peuvent être empilés. Cependant, il est moins complet que l'empilement, à moins qu'on ne le surveille attentivement, car ceux qui font le travail sont portés à laisser les débris en trop grosses pièces. Le coût d'un tel travail, dans la forêt de Cœur d'Alêne, dans une exploitation de pins blancs de l'ouest, est revenu à environ ioc. par mille pieds, mesure de planche, y compris le brûlage.
"Le brûlage des débris éparpillés, à l'intérieur des lignes coupe-feux suivi en ce district, surtout dans la partie des arsins, où, vu le peu de valeur des produits, l'exploitant ne devrait être tenu qu' à un minimum de frais. On l'applique aussi sur les terres agricoles, qui seront séparées de la forêt aussitôt que les arbres auront été enlevés, et dont nous nous proposons de retirer le plus de profit possible, sans danger réel d'incendie. Les dépenses de ce mode de brûlage varient entre s et 10 cents par mille pieds, mesure de planche. Cette méthode demande que la ligne coupe-feu extérieure soit construite avec soin. On construit cette ligne coupe-feu en nettoyant une bande d'une largeur d'environ une chaînée, et, dans le centre, on brûle à nu la surface, sur une largeur d'environ deux ou trois pieds. En outre, on abat tous les chicots ou souches qui restent debout à proximité dangereuse de la ligne coupefeu.
IVmiih linn «les Branches dans les Forets Nationales de l'Orcjzon et de Washington
Puisque Les conditions forestières en Colombie-Britannique ont
oup de similarité avec celles qui existent directement au sud de la
frontière, dans les i ois, l'extrait suivant a été tiré du rapport du
ur de District, du district No. 6. Service Forestier des E. U.
Ce district renferme les états de l'Oregon et de Washington :
"Le sujet de la destruction des branches dans ce district comte naturellement deux divisions : la destruction des débris éparpillés sur le sol, dans la région où domine le sapin Douglas, et
leur brûlage en petites piles dans la région où le pin jaune de l'ouest est l'essence dominante. En cette dernière division il serait peutêtre à propos d'ébrancher les houppes et d'éparpiller les branches, lorsque l'on tient à la conservation de l'humidité du sol et à la protection des jeunes plantes, et que le danger d'incendie est peu sérieux.
"Le Service Forestier, contrairement, peut-être, à ce que l'on pouvait en attendre, n'a fait que peu d'essais de brûlage à l'éparpillement. Nos grandes ventes de sapins Douglas ne datent que de deux ou trois ans, conséquemment les superficies déboisées ne sont pas très vastes. Sur les coupes plus anciennes, les branches ont été brûlées à l'éparpillement aux temps favorables ; mais il n'a été tenu aucun compte des frais du travail. En réalité, nous n'en avons qu'une expérience si restreinte que je ne voudrais pas m'aventurer à fournir des chiffres. On s'est toujours proposé de brûler les débris, au temps voulu, dans la forêt de Snoqualmie, où se font les plus grands abatages de sapins Douglas ; mais, jusqu'à présent, ces exploitations ne se sont pas assez développées pour permettre d'agir ainsi. Sur deux des exploitations de cette forêt, les débris ont été brûlés par des incendies qui avaient commencé sur des terres adjacentes, mais qui, tout en détruisant ces branchages, n'occasionnèrent que de légères dépenses à ce Service, et ne causèrent que peu de dommages au bois sur pied. Cependant ces brûlages furent loin d'être parfaits, et les officiers locaux ont conclu que plusieurs autres seront nécessaires, avant que le terrain soit en état de donner naissance à une nouvelle récolte de bois.
' ' On peut résumer en la manière suivante la théorie et la pratique de la destruction des branchages dans les exploitations de sapins Douglas, destruction pour laquelle nous avous inclus des dispositions dans nos contrats de vente :
"Une ligne coupe-feu de 25 à 35 pieds de largeur est construite autour des débris à brûler et elle sert de barrière aux extrémités de l'étendue à brûler. On commence par abattre tous les chicots sur la place à brûler à proximité de cette ligne coupe-feu et partout où il y en a sur la pièce à brûler, s'ils sont un danger d'incendie. Au temps le plus propice, lorsque les débris peuvent être brûlés sans danger pour les propriétés voisines, on y met le feu, et l'on s'applique à faire un nettoyage aussi efficace que possible.
"Ce dernier point est très important et peut-être le plus difficile à obtenir. Son importance provient de ce que la germination des graines de semence du sapin Douglas demande un sol minéral, et du fait qu'il importe d'avoir le moins possible de matières inflammables sur le sol où repousse une nouvelle forêt.
" On a beaucoup discuté pour savoir si le brûlage des branches devait se faire au printemps ou bien en automne. Il n'y a pas grand danger à brûler les branchages au printemps, car le sol et ce qui recouvre la surface sont encore imbibés de l'humidité provenant de la neige et de la pluie de l'hiver ; et le feu ne se communiquera pas aux endroits que l'on ne cherche pas à nettoyer. Cependant, il y a de nombreux inconvénients à brûler les débris à cette
époque de l'année. Il est souvent impossible d'effectuer un brûlage complet, parce que les branches ne sont pas suffisamment sèches. Si l'on n'a pas abattu tous les chicots, sur la superficie exploitée, ils peuvent couver le feu pendant longtemps, et être une source constante de danger durant la saison sèche de la mi-été, alors que le vent peut raviver les flammes. Un chicot, pris en feu le 4 juillet, brûlait encore une semaine avant le jour d'Actions de Grâces ; bien plus, une légère couche de neige tombait au moment où le feu avait été remarqué. Un autre désavantage du brûlage au printemps est que les broussailles se lèveront après que les débris auront été brûlés, et que le sol ne sera pas aussi bien préparé pour recevoir la semence en automne.
"Le brûlage d'automne présente quelques inconvénients, car il est difficile d'allumer le feu au temps voulu. Un retard, afin d'obtenir plus d'humidité, et conséquemment plus de sûreté, peut être prolongé trop longtemps, et jusqu'au point que les débris seront trop humides pour être brûlés. Cependant, si le brûlage est fait au temps voulu, le brûlage d'automne sera plus complet, parce que les débris seront plus secs, et que le brûlage aura pour effet de nettoyer plus proprement le sol, et de laisser le sol minéral en meilleur état pour recevoir la semence au moment de l'égrenage. Les branches ne pousseront pas avant le printemps ; en ce moment les jeunes plantes auront le même avantage que les broussailles et les mauvaises herbes. Si l'on n'a pu abattre tous les chicots, le brûlage d'automne aura pour effet de les consumer, avant le retour de la prochaine saison sèche.
"L'empilement des branchages et leur brûlage en cet état est généralement mis en pratique dans les exploitations de bois du Service Forestier, en la région de pins jaunes de ce district. L'objet principal est la destruction d'autant de branches que possible, et au temps où les arbres sur pied, les jeunes rejetons et les jeunes plantes en souffriront le moins. D'après notre expérience, l'empilement des débris coûte à l'exploitant de 20 à 2 5 cents, et le brûlage en piles de 4 à 5 cents par mille pieds, mesure de planche. Ces chiffres varient suivant les conditions, et peuvent être beaucoup plus élevés dans les endroits où les arbres sont très branchus et très feuillus. Dans une de nos grandes exploitations de bois d'œuvre, dans la forêt de Whitman, à l'est de l'Oregon, l'empilement d'environ 15,000 pieds, mesure de planche, occupe un homme Ut journée. Nous insistons de plus en plus sur un mode de brûlage qui causera le moins de dommage possible aux arbres sur pied. On ne devrait pas brûler les piles, quand il y a quelque danger d'endommager les arbres voisins. Vous pouvez vous rendre facilement compte du désappointement où l'on se trouverait, si, après avoir soigneusement marqué des arbres pour la coupe, choisi un grand nombre pour la reproduction, la protection ou pour une seeondc coupe, ils devaient être en dommages par un brûlage imparfait des débris.
"Je vous inclus, à titre de renseignement, une lettre circulaire renfermant des instructions pour l'empilement et le brûlage des brandies dans l'exploitation des pins jaunes, laquelle vous sera, j'espère de quelque utilité. .