ANNÉES FRANCE. ITATS-UNIS
(Hectares.) (Hectolitres.) 1871 séso sul ste 3,085,000 1872 6,937,922 8,423 000 1873 6,829,948 #.956,000 1874 6.874,186 10,086,000 1879 6,946,981 10,660,000 1876 6,559,458 11,161,000 1877 6,976,785 10,581,000 1878 6,742,983 13,000,000
Les deux extraits suivants de journaux français nous indiquent suffisamment la situation agricole.
Plus la campagne agricole de 1878-1879 avance vers son terme, et plus l’agriculture est effrayée des pertes qu’elle aura à subir, pertes qui se chifreront pour elle par des centaines de millions, rien que sur la production des blés, Nous avons montré, en effet, que si la récolte précédente, avec un rendement de 100 millions d’hectolitres, lui avait rapporté environ 2 milliards 400 millions de francs, la dernière, avec un rendement de 80 millions d’hectolitres, ne lui donnera pas plus de 1 milliard 700 millions de francs.
Ainsi, l’agriculture aura fait tous les sacrifices nécessaires en travaux, en engrais et en semences, et elle recevra environ 700 millions de moins, parce que les cours n’ont pu suivre leur marche ordinaire de l’offre et de la demande, troublés qu’ils ont été par une importation exagérée. Avec la récolte de 100 millions d’hectolitres qui a précédé, le prix moyen de 30 fr. so les 100 kilog. n'avait certes rien d’exagéré ; mais, avec une récolte de 80 millions d’hectolitres, romme la dernière, et au prix moyen de 26 fr. 50 le quintal, c’est la ruine ! C’est donc à bon droit que nos agriculteurs ont soulevé la ‘ question du blé,” qui, après tout, a autant de gravité pour eux que pour les consommateurs. Il n’y a pas de raison, en effet, pour que les premiers soient seuls sous le coup de la ruine, alors que les der-
iers n’ont qu’à se réjouir d’une aubaine toute fortuite qui leur donne le pain bien au-dessous la valeur qu’aurait dû lui assigner le rendement de 1 récolte.
Voici le second article, non moins concluant. Il est extrait du Monde de Paris du mois d’Aoîût.
En 1860, dès que furent abolis les droits d'entrée sur les blés étrangers, de même que les droits de sortie sur les blés indigènes, il y eut un engouement général en faveur de la liberté de la boulangerie. On se figurait alors qu'avec toutes ces libertés on allait entrer dans l’âge d’or. Le grand problème de la ve à bon marché semblait définitivement résolu.
Si nous nous reportons à cette fameuse année de 1860, que de déceptions n'avons nous pas à enregister ?
Le prix du pain s'est élevé. La prime de cuisson octroyée à la boulangerie avant 1860 était de 10 à 12 fr. 50 par sac et lui suffisait, Aujourd’hui cette prime de cuisson varie de 22 à 25 fr., et le boulanger a des bénéfices insuffisants. Le prix moyen du sac de farine (157 kilog., avant 1860, il est aujourd’hui de 61 fr. 25, et notre culture touche à sa ruine,
Non seulement les intérêts du consommateur ont été sacrifiés, mais ceux du producteur l'ont été également, et tout cela au profit des importateurs étrangers.
La France, pays agricole par excellence, est à la veille de laisser ses terres en friche ce qui est inévitable avec le libre-échange. Ce triste résultat ne sera pas une des innovations les moins curieuses du régime républicain. Tandis que nos livaburs de la Brie et de la Beauce, ruinés par l’impoitation des blés d'Amérique, abandonnent leurs fermes, les vastes plaines des Etats-Unis, dont le quart au plus est cultivé aujourd’hui, se couvriront de moissons luxuriantes dont la France aura payé les premiers frais,
Qu’on nous dise maintenant ce que l’agriculture peut gagner au libreéchange.
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