XII.—LES CONTRADICTIONS DES REFORMISTES SUR LE TARIF
La protection a deux espèces d’'ennemis en Canada : les uns sincères et les autres malhonnètes. Les prémie rs sont les libres-échangistes, qui suivent le Globe : ils l'ont toujours été et nous nous inclinons devant leurs convicne ; c'est ce que nous devons à une erreur de bonne foi. Les malhonceux aus ont réclamé la protection jusqu’en 1872) ceux qui la
aient comme urgente lorsque tout allait bien et n’en veulent plus aujourd’ hui que bien des libres-cchangistes Ia considèrent nécessaire, vu la concurrence américaine, protégée elle-même par un tarif prohibitif. | | | Cette conduite des adversaires malhonnôtes du tarif, c’est-à-dire des Hbéraux, avhévera de les déconsidérer dans l'opinion publique. Leurs argu ments ne vaient pas le papier qui les font circukr. Quant aux nAversaires Sérieux Comme le Gobe, ils sont complètement désorientés. Le tarii demané par le peupiie les jette hors de la voie, is ne savent comment le coiibattre Un jour Le tarif présente tel inconvénient, le lencemain, ce n'est plus cela Tantôt c'est Le Ge qui se lamente j& rccque le tarif est fait au poi int d de vue des manufacturiers, mais ces paroles n'ont pas cu le temps d’ dre son publie, que M. Cartwright prétend que la protection ne protésera pas Îles Mantiacturicrs, et mème leur sera fatale. Ces contradictions entre autorités libérales sont une des curiosités du débat présent ét inéritent la peine d’ étre mises en regard, Laissons parler M. Ciutwright et le Globe
CE Le
M, CARTWRIGHT, LE # GLORE,.”
Parlons, maintien )
. m5, maintnont, M l'Oroteur, de ces C DE article du tuiif est réglé au es if : Si : ; En | ; ; ten. l ae UE ilest une classe qui s'at- de vue de h {irctdes manufrcturiers ài i ï Se SI CeRE D ofits permaner tdutarif, E vin, eu dép't de ce que disent à $ Mmi- : a ‘ di ie Lu, CL lle des in re [a Ci Th [RS d'u cn ie aux ,0# der du Cl (id le ix ue anadrn De ouui se pliign 2 | k 5e ‘tete, prix «x oo Se pl ignent-ls ; puir- che ritiel c meommation ve s'élever, Cux, De sont is presperes ? tres à ce tarif ue €t pas Un € ur Hs ont & rétoindre le deuil A pt nn à rejoindre les deux bouts grossir la 1 qui que ( "t, sion Prec CU, is hE ILES, ils ent à lutter contre cile à eu / $ | | | x d Lt}
une COR Cu vi e trop fuite Une sont pas as- Le j march: 1." « se piotcrés par le Gaif de 1872, Je dis à Jever ci {Des i CES MAL: : TOURS : Tr 4 H : | ses leur d . riers ue Je nouveau tarif va ua tel : Qu ds Gicte ré ls prix à
ur donne uCotp plus de concurrence à ; il re: ven de DU et jius de Concurrence, LR us ovvricrc s Qu'ils pourront faire venir LS af va produire ‘ici ce que nous des ouvriers Ge lPétran r poi short avons vu aux Et r Rx Mona ete ME ti Ge l'étrar, r pour emjécher les
aux ctets- Unis, C'est à-due, une oo'r r,
compétition vivlknie, Les manufaciurirs sant eur arrét de mort, en acceptant le tarif, cui, comme celui de s Etats-Unis, créera une Concurrence dans le pays à la place de la concurrence nx dette venant de létranger,
RÉ
Ces contractions ne se produisent pas seulement d’un homme à l’autre, chez les adversaires du tarif mais d’une colonne à l’autre du GZvbe. Ainsi dans l’une, il prétend que le tarif n’augmentera pas le prix de l’avoine ; dans l’autre, il plaint le sort de l'individu obligé de payer $64 de droits sur 600 minots d'avoine. C’est le pour et le contre dans le même numéro de ce journal :
Il est vrai que quelques cultivateurs, dans le voisinage des chemins de fer pourront gagner quelques cents par le fait que l’avoine des Etats-Unis n’entrera plus en concurrence
Un charretier, propriétaire de quatre chevaux, dit qu’il lui faut 600 minots d'avoine par année. Dix cents (c’est le droit nouveau) par minot enlève #60 du gousset de
avec la leur. Mais si le prix s'élève, on en sèmera davantage, et l’on fera baisser les Prix,
cet homme.
Voilà une façon d’argumenter qui n’opérera pas beaucoup de conversions, surtout si elle est systématique comme on pourrait le croire, car dans un autre numéro du même journal les opinions changent encore avec les colonnes :
Le Canada, dit le Globe d'un côté, est maintenant une réserve dans laquelle le peuple doit naître et vivre pour l'avantage des manufacturiers, tout comme les perdrix et Les faisans sont élevés en Angleterre pour l’avantage de l'aristocratie.
Comme nous l'avons déjà dit, se répond le G'obe, le tarif donne le coup de grâce à plas d'industries des mieux etablies du Canada qu'il n'en fera naître de nouvelles.
Nous nous figurons les émotions des lecteurs assidus de notre confrère ; elles doivent être bien variées. Il ne faudrait pas en recommender la lecture aux manufacturiers ; ce serait d’un effet dangereux. Quel est celui d’entre eux qui pourrait lire avec sang froid ici qu’il est en train de s’enrichir, que le Canada lui est livré, et cent lignes plus loin que la ruine l’attend ?
Nous terminerons ces citations par un extrait d’un journal de Montréal de cette ville qui, sans le vouloir répond à ses amis qui prétendent que le tarif va augmenter le prix du blé:
Quand nous étions encore à discuter les mérites de la protection et du libre-échange, la Minerve prétendait avec le Aar/, qui leurrait les cultivateurs d’Ontario, que l'application | du systême protecteur aurait pour effet de faire hausser considérab?ement le prix du blé. A cela nous répondions que tel ne serait pas le résultat de Ja nouvelle politique, attendu que { le prix des céréales se fixe à Liverpool et que les prix de nos produits agricoles ne peuvent | être affectés que par les fluctuations du marché d'Angleterre. La Minerve aussi embarrassée que Sir John dans le nouveau tarif feint maintenant d’avoir toujours entretenu ce
sentiment.
| XIII — L’'ATTITUDE DE L’ANGLETERRE EST-ELLE UN ARGUMENT CONTRE NOTRE TARIF.
Les journaux de Londres et de New-York se sont entendus pour critiquer notre tarif. Les hommes public et les fabricants anglais ont même fait de | l'agitation pour tourner l’opinion contre le Canada. Ce soulèvement est-il un argument contre ou en faveur de notre politique ? Il faudrait être aveugle | pour ne pas découvrir les motifs d'intérêt qui poussent les mécontents.
e à l’autre, Jobe. Ainsi le l’avoine ; 64 de droits ôme numéro
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N'oubli cRen ee He D D Rd ct Re Te € é Ù end pour 00 Æ£$ . A Ra Mt pour nous LR done gar dordinas Li ss ss hou È sont aussi obséquieux à notre égard que, Les at à LE pas lorsqu'il s'agit de lancer un emprunt chez eux. dE iperatt re de nous ont enlevé $500,000,000 en trente-sept années fe CO ue nr Il ne faut pas que les portes se ferment si RÉ dE . e de leur part; mais ils nous prennent dans un dl rente es ne goûtons pas leur sollicitude. Il faut faire la part belles déclamations du Times Heu ne a ju Ne en emportera le vent. Lorsque nous cré + “e ss Ë in d'Anglete s créverons de faim, ce n’est pas la Banque Se oc En ee L'Angleterre s’est-elle nd conbe deu dd à ds vivons à côté de voisins qui se sont environnés UE Dee lon Ch +. a tout en voulant ne se rien laisser prendre, es : A d'autrui ? Si le libre-échange qui nous ruine NE Ge PERS en bons et loyaux sujets, nous pourrions D eillause Se dt pe aais le malheur est que les Etats-Unis prennent
Nous ne fais | ion ici ; aisons pas allusion ici au ù i i mieux la situation ; mais comme De ER ir du de ) pire britannique, comme mpire, nous avons bien le droit d’ de e droit d'exprimer toute notre P ae LC site portion de la population anglaise qui ne se gêne pas ne sue e. opinion publique en Angleterre semble répéter de notre ne Les isait du tarif américain en 1829, lors de l'inauguration du a fn Re CL de en 1861, lors de la consécration de C arif Mori n vit en 18 i i À ; 29, whigs, torie ic:
D ne 9; gs, tories et radicaux Fe : M res ae . regrets contre l'adoption de la politique äine. Dans la Chambre des Communes, MM. P i nom des tories : S, . Peel et Huskisson, au une 1 : Hume, au nom des reformers ; MM. Grant Robinson es au nom des whigs, condamnèrent tous le tarif américain de | e manière. Ecoutez M. Huskisson : no
C’est ma f rme convic 10 2 E a L ouffr ront | aucou € a lé S erm 4 +. S 1 i Il viennent d’ adopter t û ti on ee les t ts U nis 5 C1 JEauc P le la dém: rche u’il ! Bret ouf € 4 suis 1] él à de prouver , mais je n’appt chende P 1S que la Grande- : Fs . : u monte «ae | ÿ ion que V2 \m ériqu U
BA ie È le moins d l le la )I otect 1 ( (ss ient d'établir pour
Ecoutez M. Hume :
La politique i ] que de protection est insensée, étroite, injurieuse et malfaisante ; mais je n’hésite
pas à dire que si l'A 2 iq } 1e à te € € o g , | . È meérique Se fern ‘ Jus les rticles de f il rit ue ai rlaise nous pourrons facilem à t . Du h : il de : si | |
en trouver un autre marché pour nos proc uits. i re
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Ha jé ASE
AO e en 1861. Voici la prédiction du Zondon Times du $ mars rait que l'écrivain de l’autre jour l’a copié : be
Ce bill nuir ura be: à i due lé A ae plus à l'Amérique qu’à l’Europe... Ilest maintenant bien co opera pe qu autre manière de désigner le suicide. Si le bûcheron nériénih soufirirontin. Si ee pee et le colon de ses hardes à bon marché, c’est eux ui fe NAS M NE M se cp ne venir acheter sur nos marchés ce qu’il mn: : P l £ : cit ent de fa )ric a NTLT A s ” . , ani
Pr i le fabriquer eux-mêmes des articles qu’ils ie
à meilleur marché chez nous, ils s:ront les seuls perdants Gi
La réponse à ces déclamations se trouve dans le tableau suivant :
Imp. Américaine. Exp. Américaine,
1860... 8340,000,000 $282,000,000 $ 58,200,000 déticit, 1878... 5437,051,533 8694,554,200 9142,167,267 surplus,
Notons en passant que lorsque les Etats-Unis adoptèrent cette mes ur ils avaient de 1821 à 1860 déboursé et sorti de leur pays la somme de 8460,864,277 pour combler ces déficits de commerce. (Voir le Rapport du Trésor du 4 Déc. 1860.)
Voici un autre tableau sur les Etats-Unis qui parle sans commentaire :
Riches. tot. Proû. Par tête.
187 es sous P30,068,516,507 $6,900,245,954 8:80 1860 sos sons P7,185,780,278 $1,996,000,600 60
Voilà le résultat des prédictions du Zénes et des hommes d'état anglais sur la protection.
Nous n’entendons pas démontrer d'avantage l’absurdité de l’excitation en Angleterre à propos de notre tarif; mais nous pourrions en rechercher les motifs. Depuis 1700, ils sont toujours les mêmes. Nous rougissons en quelque sorte pour notre mère patrie de les mentionner.
En 1719, la Chambre des Communes en Angleterre a déclaré que ‘€ l'érection des manufactures dans les colonies tendait à les émanciper de la mère-patrie.”?
En 1732, le Parlement Anglais a passé une loi défendant l'exportation des chaussures, du feutre, etc., des colonies où ecs ärticles érrient fabriqués. Il était même défendu de mettre ces objets sur une voiture pour les transporter dans une colonie voisine. 4
En 1750, le Parlement Anglais vota une autre loi défendant dans les colonies, l'érection d'usines pour travailler Le fer, ceus peine d’une :mende de 200 louis. Tout moulin bâti était décluré ue nuisance ct ordre était donné au gouverneur de la colonie de le faire deiruire.
L'esprit de l’Angleterre à propos du commeice des colonies se résume comme suit dans un ouvrage publié en Angleterre :
T1 faudrait décourager, prohiber les manufactures dans nos colonies de l'Amérique... Nous devrions toujours tenir un œil vigilant sur nos colories pour les enpècher d'établir aucune des manufactures qui existent dans la Grande-Bretagnc et il faudrait Ccraser au début toute tentative d’en établir... Si nous Les encours gecns à jrocdüuire du chanvre, du lin, nul doute qu'ils auront bientôt la tentation de commencer à manifacturer, si nous ne les en empéchons pas. C’est pourquoi, dans le but d'urr.uir le progrès de ces manufactures, aucun tisserand n'aurait le droit de menter des métiers tar avoir précablement enregistré son non dans un bureau tenu à cet effet, Tout moubin ets pour faire le fl de fer cu pour tisser devrait être détruit, (On Z7ade par Gee, publie à Louures.)
On ne va pas aujourd’hui à ces extrémités ; mai: :! 50 facile de reconnaître que c’est le même motif qui anime ces messieurs. À nous autres d’apprécier la situation.
Il y a quelques jours, nous apprenions que le: fabricants drapiers du Yorkshire demandaient au Ministre Ges colonies si 12: souvernement anglais allait permettre à la colonie du Canada d'établir ua tarif contre l'Angleterre ?
On sait qu’en 1762, une députation de manufacturiers de Bristol eat une entrevue avec le Comte de Bute, premier ministre, Lord Sandys, premier lord du commerce, pour se plaindre de ‘la conduite de certains colons
détieit, surplus,
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Bristol eut une nudys, premier rtains colons
d'Amérique qui avaient commencé à manufacturer des draps.” L'histoire se répète, dit-on, mais avec une variante dans le cas actuel. Les ministres d’alors s’engagèrent ‘ à prendre de suite des mesures pour mette fin à cette entreprise.” Aujourd’hui, le gouvernement anglais répond aux manufacturiers de la Grande-Bretagne qu’il laisse au Canada le soin de préparer sa législation douanière à sa guise, tout en se plaignant du tarif.
La politique du gouvernement est devenue plus libérale avec le temps et plus avantageuse à l’Ancicterre. Mais que dire des manufacturiers de la seconde moitié du XIXe siècle, qui ont encore ces idées des fabricants du siècle précédent? Comme leurs prédécesseurs d'il y a cent ans, ils en sont encore à regarder les colons anglais comme des clients obligés de la mèrepatrie, condamnés à travailier, souffrir pour le plus grand avantage des capitaux anglais.
L'intérêt personnel Lx aveugle au point de les empêcher de voir celui de la Grande-Bretagne, 4,2 politique de 2762 a fait perdre 13 colonies à l’Angletcrre et ceîle de 1579 peut li conserver ce qui lui reste en Amérique.
Les fabricants arç'aës ne s'agitent autant que parce qu’ils sentent petit à petit le libre-échange es écraser. Les colonies sont leurs dernières ressources. La proportion entre le caimmerce colonial de l'Angleterre et le commerce de l’Ang'eierre avec les antres Püusssances s'accentue de plus en plus. Malgré qu'iln'en soit pas ainsi nour le Canada, où le commerce anglais perd du terrain tous les jours, l'Angleterre a lien de craindre que l'exemple du Can:da ne soit suivi par ls autres colonies.
Voici le tableau de £es relations commerciales :
ExvoRTATIONS DÈS Propuirs BRIFANNIQUES:
Aux Aux Percentage des ays étrangers. colonies anglaises. colonies.
AS TD ee esse soovossse LS 195,000,000 £&50,090,000 23-6 LSTB sussuss sooe once 183,535,132 66,328,171 21-6 1874 sv severe vooose 16:,278,029 72,280,092 29-1 TB TD suce verse restes 152,900,000 71,090,008 31-8 TO TS aies senc 10," 00,000 69,000,000 34-59
Diminntion du commerce étranger ss ss sosssesss cesses ose £69,000,000 Augmentation du commerce colonial... ss ses ses à ses 9,000,000
C'est ce qui fait dire aux commissaires des douanes du gouvernement avglais dans leur rapport de 1878, page 33:
Malgré la diminution de nos exportations en général, now n'avons encore rencontré aucune compétition sérieuse dans l'envoi d'articles fabriqués, tels que coton filés et marchandises de laine dans nos colonies,
Ces rapports désagréables nous aménent forcément à étudier la nature des relations qui existent entre le Canada et la mère-patrie. Le mouvement qui se fait en Angleterre contre notre nouveau système de protection nous semble un fait tellement exorbitant qu’il est impossible de fermer les yeux sur le sentiment que ces démarches laissent entrevoir. Comment des hommes politiques importants peuvent-ils élever la voix dans le parlement anglais, comment des hommes pratiques comme les fabricants anglais peuvent-ils s'adresser sérieusement au gouvernement de la mère-patrie pour demander que la Grande-Bretagne intervienne dans notre législation fiscale,