‹ Protection et libre-échange, quelques statistiques [microforme]Chapitre 37 sur 39 · PES PR ES · texte numérisé non relu

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sans considérer que les colonies sont purement en vasselage et que les sujets | coloniaux sont de simples serfs, imposables à volonté? Il est vrai que nous portons le titre de colonies ; mais nous avons toujours cru qu'il suffisait de J porter le titre de sujet britannique pour jouir de cette chère et précieuse liberté politique que les notions constitutionnelles nous autorisent à consi- 1 dérer comme notre premier apanage. Nous sommes colons, mais nous ne ï sommes pas vassaux. Autrefois les prisonniers de guerre payaient leur À défaite de leur liberté et de leur bourse. Le vainqueur les gardait comme J esclaves ou les renvoyait sur rançon. Aujourd’hui, il n’y a plus d’esclavage ( de ce genre et en faisant la conquête du Canada, l'Angleterre n’a pu nous À ravir nos biens et notre liberté. Nous sommes maîtres de notre sol, maîtres ; de nos bras, maîtres de notre intelligence ; ct il n’y a pas de loi qui nous ; soumette au bon plaisir de la mère-patrie pour l’admigistration de nos affaires intimes. Lorsqu'il s’agit des intérêts généraux de l'empire, nous avons notre part de devoirs à remplir, et nous croyons que le passé est là pour rendre ce témoignage aux Canadiens qu’ils y ont toujours mis bonne mesure. Mais hors de là, il est bon que cette portion du public anglais qui s’agite, en ce moment, pour nous exploiter sache que nous ne souffrirons pas plus l’intervention impériale dans nos mesures fiscales que les colonies | américaines ne l’ont souffert après 1760. Ce serait une singulière chose si ! nous étions soumis à une volonté supérieure pour la conduite de nos affaires À ordinaires. Quelle différence y a-t-il pour l’usage de sa liberté entre un sujet anglais demeurant à Manchester et un sujet anglais demeurant à Montréal ? Est-ce que le sujet anglais, maitre de lui à Manchester et faisant k partie à Manchester d’un peuple souverain, change de nature et de position, k se transforme et rétrograde en venant s'établir à Montréal? Prétendra-t-on qu'il était notre maître du temps qu’il vivait à Manchester et qu’il est maintenant, par le simple fait de sa migration, la propriété ou la chose du domestique qu’il employait dans les îles britanniques ?

Notre notion du lien colonial est que pour toutes les fins de politique lccale, nous sommes souverain dans notre colonie comme le peuple anglais est souverain dans la Grande-Bretagne. Nous restons sous la jurisdiction ! de notre Reine, qui résume en elle toute notre force, toute l’autorité; mais 1 la Reine a fait le partage de cette force et distribué cette autorité. Elleest À partout présente ; elle donne la vie à tout; mais elle à institué divers mécanismes pour communiquer et perpétuer cette vie. Quand il a plu à | Sa Majesté de faire définir nos droits par son Parlement, elle a du coup ! | décidé son Parlement à abdiquer pour autant son pouvoir sur nous. Nous À ; | sommes dans les limites de l'empire, c’est vrai; mais nous ne sommes dans les limites du Parlement anglais. Nous jouissons d’une existence indépendante ; nous sommes un pouvoir concurrent, fonctionnant librement et sans entraves, de concert avec notre souveraine qui préside à nos travaux.

Les diverses réponses données par le gouvernement britannique aux demandes et aux sollicitations qui lui sont venues de tous côtés sont conformes à ces notions et il a reconnu nos droits et notre état politique. Nous ne craignons pas précisément d'intervention directe de ce côté-là Mais il est bon que uous poussions les choses un peu plus loin et qu’il y ait entente sur nos relations futures. Pourquoi fait-on appel à un autre sentiment pour { nous décider à modifier nos vues? Est-ce généreux de la part de nos frères d'outre-mer? L'on nous dit: ‘‘ Faites donc quelque chose pour la mèrepatrie qui fait tant pour vous! ?” Eh! bien, entendons-nous. L'Angleterre

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est une grande puissance ct nous partageons sa gloire: c’est vrai. Mais puisque nous sommes nés dans l'empire britaunique et que nous faisons partie de eet empire, cette gloire est à nous comme aux autres. Nous n'avons pas besoin de faire plus de sacrifices que les autres pour y participer. Elle est à nous; voilà tout. ‘Mais, dit-on, la Grande-Bretagne vous protége de son drapeau, de ses troupes que vous ne payez pas.” Et contre quoi nous protége-t-elle, si ce n’est contre les propres dangers que sa politique peut faire surgir? Elle règne dans les cinq parties du monde ; elle est sur toutes les mers: sa diplomatie agit auprès de tous les états. Elle peut faire surgir des conflits auxquels nous sommes étrangers et sur lesquels elle ne nous aura pas consultés. Ce n’est pas nous qu’elle défendra dans ces cas, ce scra elle-même. Nous irons plus loin. L’Angleterre aurait beaucoup plus à débourser si elle n’avait pas le Canada comme point d'appui. De quelle manière protégerait-elle son immense commerce avec PAmérique? Il lui faudrait tenir des stations navales plus considérables, si l'Amérique était peuplée d’étrangers. Elle serait obligée de payer des consuls dans toutes les villes. Tandis qu'aujourd'hui, à part la légation de Washington quelques consuls et quelques navires, elle n’a rien à payer. Et ne faisons-nous pas notre part de défense? Nous dépensons un million par année pour notre milice. Dcpuis 1867 nous avons déjà appliqué la somme de $10,540,000 à ces fins ; n’est-ce pas proportionnellement autant que la Grande-Bretagne paie pour son organisation militaire ? Et lorsque la politique nous a entraînés dans des complications, est-ce qu’elle ne nous met pas à contribution comme tous ses autres sujets? En 1812 nous avons payé de nos bourses et de notre sang pour des querelles qu’elle avait laissé engendrer sans prendre notre avis. Lors de l'affaire du Trent nous avons

failli subir une nouvelle invasion américaine pour des complications qui ne ”

dépendaient pas de nous. Pourquoi avons-nous eu l’invasion fénienne, si ce n’est parce que les Irlandais voulaient exercer leur vengeance contre l'Angleterre? Dans tous ces cas, le fardeau a été pour la colonie et non pour l'Angleterre. L’invasion fénienne nous a coûté un million et demi. Ce n’est pas l’Angleterre qui a payé pour nous.

Comme en certains quartiers de la Grande-Bretagne on semble crier bien fort contre le tarif du Canada, /eguel se montre peu reconnaissant envers l’Angleterte du fardeau qu’elle s'impose pour nous, il nous semble que nous avons le droit d'examiner en quoi consiste ce fardeau des colonies.

L'entretien des colonies n’est pas chose si onéreuse pour l'Angleterre.

Par un état soumis au parlement de la Grande-Bretagne, en 1876, on trouve que toutes les colonies anglaises ont coûté les sommes suivantes au gouvernement impérial :

1870... 0600000 von onoer 000000 neo tre 00000 000 ce u00 &?,7

1871. 10000000 000000 Donne Bonn tn nes nue 0 0000000 0000 2,228,304

L'Angleterre vend tous les ans pour £75,000,000 à ses colonies. Si elle prend 5 p. 100 de profit sur ses ventes, eile retire un bénéfice net de £3,- 750,000. Ces marchandises emploient 7,500,000 tonneaux de fret par année exclusivement dans ses navires, soit au moins £7,500,000 par année. Elle retire en intérêts sur placements dans ses colonies $#60,000,000 par année. Il nous semble que pour retirer de tels avantages, ells peut bien

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dépenser £1,800,000 par année sans nous le faire sentir si prétentieusement.

En ce qui concerne le Canada, les comptes sont plus faciles encore à établir, Voici ce que le tableau officiel publié par le gouvernement anglais nous dit à ce sujet :

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