‹ Protésilas et Laodamie: tragédieChapitre 14 sur 18 · LA VOIX DE PROTÉSILAS · texte numérisé non relu

LA VOIX DE PROTÉSILAS

(Faiblissant.)

Laodamiel...

LAODAMIE.

(Eiie se laisse choir du lit par tairez s'agenouille à demi sur le sol; ~ ayant touché les dalles froides, elle revient à elle, — saisit à pleines mains ses cheyeux sur ses tempes et regarde devant elle, les yeux Fargement ourerts.

Les apparitions s'évanouissent. Le rideau se referme. Laodamie se lève, raide, rattikche ses cheveux éambre sa tète, prend un léger voile, s'en envelo{^ & mi-corps ; avant de s'en couvrir le visage, ce geste commencé, elle esquisse quelques pas vers la porte de gauche.

Sur la gauche, par la porte Chrome close, surgit Hermès ; il s'avance vers elle sur le chemin de tapt»poii]n^re où eJie se tient.

Hermès est nu sous un manteau court, attaché aux épaules ; il est eoiffé d^ua chapMn oimé de p^tes aito; le caducée dans sa main gauche.

Il s'arrête quand Laodamie s'arrête, l'ayant reconnu.

11 demeure dans l'attitude ralde qu'il vient de prendre.

Laodamie s'est arrêtée, anéantie par cette vision ; elle tient son voile éloigné de son visage, immobilisée dans sa marche.)

LAODAMIE.

— Femme, je suis en deuil, épouse du héros Protésilas.

— Dans ta personne, ô courrier des enfers, je vois Tannonciateur du triple royaume souterrain : —

— Tu as deyancé la Nuit, et tu as yaincu les gardiens de THadès, et te Toilà devant moi, agile, avec ta puissante et terrible verge enlacée de serpents.

— Dans tes yeux, au regard perçant, je lis une nouvelle inouïe, qui retentira à travers les siècles, — une nouvelle semblable aux fables des songes, et qui pourtant, par Teffet de ta présence, est vivante et, pour moi, heureuse : —

— Voici que mes larmes, me dis-tu, et le regret de mon amour insatiable de caresses, voici que ma fidélité et la constance de mes désirs acharnés à la poursuite du mari que j*ai connu... ont fait tressaillir d^une grande pitié la volonté implacable d'Orcus — et ainsi, ô courrier, en qui resplendit un ordre divin heureux pour moi, tu parais me promettre :

que mon époux me reviendra pour quelques instants fugaces. . .

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