‹ Proverbes d'autrefoisChapitre 110 sur 131 · ffitui banntur na cure l)0nle est sa droUnre · texte numérisé non relu

ffitui banntur na cure l)0nle est sa droUnre

Celui qui n'a aucun souci de l'honneur ne peut être loyal.

Comment sans honneur et, par conséquent, sans aucune élévation de cœur et d'esprit, serait-il capable d'apprécier à sa valeur la vertu, le bien ou le mérite ?

L'empereur Aurélien craignait si fort de confier la judicature à un indigne, qu'il ne conférait jamais la charge de sénateur sans qu'auparavant

le Sénat ne se fût prononcé sur le mérite du candidat.

160. (Uni be laing $t preDoit de près $i se rtott. Qui de loin prévoit, bientôt se réjouit.

Lungement ai esté Ad clercs f mes conquesté N'en ai dras ne deners ; Riches et manaunz fuisse Si lunguement eusse A corniez f chevalers, Qui de loinz garde De près s'esjoist,

Ceo dist le Villain,

Pro?. au Villain.

Tai loni^emps vécu

Avec des clercs, mais je n'en ai acquis

Ni draps, ni deniers ;

J'aurais été riche et manant (propriétaire d'un manoir)

Si j'avais vécu longtemps

Avec des comtes ou des chevaliers.

Qui de loin prévoit

De prés se réjouit.

Dit le Vilain.

Qui de longe providct, de propc gaudet.

Non seulement à cause de la satisfaction toute platonique de voir se réaliser ses prévisions, mais parce que le malheur résultant d'ordinaire de

rimprévoyance, s'il prévoit toutes choses, rien pour rhomme prudent n'arrive à contre-temps.

Le bon pilote, tandis que son vaisseau est au port, se pourvoit de tout ce qui lui est nécessaire contre la tempête, afin que une fois venue, il ait moins sujet d'appréhender ; il ne fait pas comme le soldat chassé par Alexandre-le-Grand, parce qu'il raccommodait son javelot au moment même de l'action.

Plutarqub, Les dits mémorables des rois.

Page 1