‹ Proverbes d'autrefoisChapitre 13 sur 131 · li$$ti pnet plonrer qui tta qnil apoit · texte numérisé non relu

li$$ti pnet plonrer qui tta qnil apoit

Assez peut pleurer qui n*a rien pour l'apaiser.

C'est dans les grandes douleurs que l'on sent l'invincible besoin d'ouvrir son cœur, de verser ses larmes dans le sein d'un ami. Le trop plein de la douleur trouve alors une sorte d'épanchement naturel qui soulage et amène bientôt l'apaisement. Mais quand nul cœur ne s'ouvre devant le nôtre, et que l'on se voit forcé de dévorer sa douleur, sans que rien ne vienne la modérer, le cœur se gonfle à en être brisé. C'est comme une mer montante qui submerge l'âme et menace de Tengloutir.

Dans ses tragédies, Sophocle a tiré des effetséminemment dramatiques de cet isolement dans la douleur : Philoctète blessé et abandonné dans l'ile de Lemnos, jette sa plainte aux rochers du rivage, aux oiseaux du ciel, aux arbres des forêts.

Electre exhale la sienne à l'astre du jour :

an Ci faof ayvov, xgci yiiç lao fJLtwç ...»

Pure lumière, ciel qui environnes la terre, témoins assidus de mes gémissements, combien

de fois avez-Tous entendu les coups dont j*ai frappé mon sein ensanglanté I Vous n*avez vu que les restes de mes cruelles nuits, car durant les ténèbres, ma triste couche, seule dépositaire de mes maux, a déjà vu couler mes larmes I . . .

la. Ji$$t} lot nient a ottl qui mole ttûnoelca aporle.

Assez tôt arrive à Thôtel le porteur de mauvaises nouvelles.

— Trop tôt arrive à la porte

Qui mauvaise nouvelle apporte.

— Car li vilains le dist et s'est vertes [la vérité] Que trop vient tost ki mal doit aporter.

Roman dfs Loebains, ziii* siècli.

L'on a toujours le temps, en effet, d'apprendre une mauvaise nouvelle, et à des époques antérieures à la nôtre, plus d'un hérault ou d'un messager, a payé de sa vie ou d'une disgrîice un empressement intempestif.

Un des exemples les plus fameux est celui de ce jeune Amalécite qui, escomptant * une grande récompense, accourt : f Veste conscissà et pulvere conspersus caput », (ses vêtements en lambeaux et tout couvert encore de poussière), annoncer à David la mort de Saûl et de Jonathas.

12 PROVERBES D*AUTREPOIS

— <r Unde scis ? » (Comment le sais-tu) ? — Cest moi-même qui ai achevé le roi, je Tai fait sur son ordre et pour Tempêcher de tomber vivant entre les mains des ennemis.

— Comment, répond David, as-tu pu oser porter la main sur l'oint du Seigneur, et appelant ses gardes, il le fait mettre à mort.

Lis Roif, Livrb 2, Cbap. 1, Parag. Iet2.

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