‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 106 sur 236 · LE COMTE, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LA MARQUISE

LE COMTE

Eh bien , le Chevalier s'en va?

Je ne le comprends pas , je n'ai jamais rien vu de plus singulier

LE COMTE

Comment! sur ie portrait que je lui ai fait de vous, ii ue voulait pas vous voir.

LA MARQUISE

Et quel portrait donc ?

LE COMTE

Mais celui qu'on en peut faire ; vous vous connaissez , et tout ce qu'on vous a répété mille fois est très-vrai.

LA MARQUISE

Je ne crois pas que le Chevalier m'ait vue avec les mêmes yeux que vous.

LE COMTE

Vous vous trompez.

LA MARQUTSE.

Mais pourquoi me fuir? Je l'ai traité le plus honnêtement du monde. Je lui ai même offert de le mener à la pièce nouvelle.

LE COMTE, riant.

Tout de bon?

LA MARQUISE

Sûrement. Je lui ai proposé de souper ici.

LE COMTE , riant.

C'est délicieux !

LA MARQUISE

J'ai voulu l'engager a venir à Léry , et pour cela je lui ai offert de jouer un rôle d'amoureux dans nos comédies.

LE COMTE , riant.

Cest inconcevable.

LA MARQUISE

Il m'a dit qu'il ne faisait que les valets ; qu'il était bien mon serviteur, et il s'est enfui.

LE COMTE , riant.

Ah, ah, ah, ah. Vous en rirez vous-même, quand vous

saurez Mais il est tard, partons, je vous dirai tout cela

en chemin.

LA MARQUISE

Je suis aussi surprise de vos ris que de la conduite du Chevalier.

LE COMTE , riant.

Vous verrez si j'ai tort de rire.

(Ut »'en ront.)

Page 1