LE COMTE, LA MARQUISE
LE COMTE
Eh bien , le Chevalier s'en va?
Je ne le comprends pas , je n'ai jamais rien vu de plus singulier
LE COMTE
Comment! sur ie portrait que je lui ai fait de vous, ii ue voulait pas vous voir.
LA MARQUISE
Et quel portrait donc ?
LE COMTE
Mais celui qu'on en peut faire ; vous vous connaissez , et tout ce qu'on vous a répété mille fois est très-vrai.
LA MARQUISE
Je ne crois pas que le Chevalier m'ait vue avec les mêmes yeux que vous.
LE COMTE
Vous vous trompez.
LA MARQUTSE.
Mais pourquoi me fuir? Je l'ai traité le plus honnêtement du monde. Je lui ai même offert de le mener à la pièce nouvelle.
LE COMTE, riant.
Tout de bon?
LA MARQUISE
Sûrement. Je lui ai proposé de souper ici.
LE COMTE , riant.
C'est délicieux !
LA MARQUISE
J'ai voulu l'engager a venir à Léry , et pour cela je lui ai offert de jouer un rôle d'amoureux dans nos comédies.
LE COMTE , riant.
Cest inconcevable.
LA MARQUISE
Il m'a dit qu'il ne faisait que les valets ; qu'il était bien mon serviteur, et il s'est enfui.
LE COMTE , riant.
Ah, ah, ah, ah. Vous en rirez vous-même, quand vous
saurez Mais il est tard, partons, je vous dirai tout cela
en chemin.
LA MARQUISE
Je suis aussi surprise de vos ris que de la conduite du Chevalier.
LE COMTE , riant.
Vous verrez si j'ai tort de rire.
(Ut »'en ront.)