‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 110 sur 236 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

M. BROSSART, M™ BROSSART sans voir ce que peint M. Brossart.

Mme BROSSART.

Eh bien, vas-tu lui faire une enseigne?

M. BROSSART.

Oui, j'y travaille.

Mme BROSSART.

Et combien te donnera-t-il?

M. BROSSART.

Quinze francs.

Mme BROSSART.

Tant mieux ; car j'attends après cet argent-là pour achetei bien des choses.

ai. BROSSART.

Ah ! tu attendras long-temps.

Comment , est-ce qu'il ne te paiera pas tout de suite?

M. BROSSART.

Si fait ; mais il nous donnera du vin , au lieu d'argent.

Mnie BROSSART.

Du vin , du vin! Tu ne penses qu'à boire.

M. BROSSART.

Et toi tu n'aimes que l'argent.

Mrae BROSSART.

C'est qu'avec de l'argent on achète ce que l'on veut.

M. BROSSART.

Oui , mais c'est que j'aurai trente bouteilles de vin à douze sous; ce qui fait dix-huit francs au lieu de quinze.

Mme BROSSART.

J'aimerais mieux de l'argent.

M. BROSSART.

Il ne nous en aurait pas donné tout à l'heure peut-être , au lieu que nous serons payés tout de suite ; quitte à revendre du vin.

Mme BROSSART.

Ah! tu y mettras bon ordre ^ tu le boiras.

M. BROSSART.

Peut-être. Tiens, il y a là quelqu'un à la porte.

Qui est-ce qui est là?

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