‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 140 sur 236 · M. DE SAINT-FIRMIN, PAULINE, M. VINCENT · texte numérisé non relu

M. DE SAINT-FIRMIN, PAULINE, M. VINCENT

M. VINCENT

Monsieur, si je ne me trompe, est monsieur de Saint-Firmin?

M. DE SAINT-FIRMIN

Oui, monsieur Vincent; que voulez-vous?

M. v:ncf.nt.

M. de Préval, monsieur, <ui ma chargé de vous fournir tout l'ameublement de la maison que vous occupiez, est parti sans me le pa\er ; et sans doute cest à vous que je dois in adresser. Voiià le mémoire.

M. DF SAINT-FIRMIN

Mais je lui ai compté cet argent.

M. VINCENT

Comme je ne l'ai pas reçu, cest contre vous, monsieur, que je dois avoir mon recours.

PAULINE

Ah l Saint-Firmin, chaque jour accroît notre malheur.

M. VINCENT

Madame, je suis au désespoir de vous chagriner -, mais M. de Pre'val m'a ruiné.... Ma famine est languissante , mourante de faim , et Ton vient d'obtenir un arrêt de prise de corps contre moi , si d'ici à deux jours je ne paie pas mille écus.

M. DE SAINT-FIRMIN

Votre peine augmente encore la nôtre, monsieur Vincent. Vous voyez les débris d une fortune entièrement ruinée par le même homme , et nous sommes sans secours.

M. VINCENT

Effectivement, je ne vois pas un des meubles que j ai fournis.

35o LES ÉPOUX

M. DE SAINT-FIRMIN

Nous les avons vendus pour payer quelques malheureux domestiques et pour subsister.

M. VINCENT

Quoi, monsieur, vous n'avez pas des amis puissants, qui pourraient vous aider encore ?

M. DE SAINT-FIRMIN

Des amis ! Avez-vous vécu jusqu'à présent sans mieux connaître les hommes? Amis , parents , tout nous abandonne.

M. VINCENT

Pour moi, je saurai mourir dans la prison qu'on me destine ; ce n'est avancer que de peu de temps ma dernière heure : mais ma femme , mes enfants

PAULINE, àM.deSaint-Firmin.

La situation de cet homme me pénètre de douleur !

M. DE SAINT-FIRMIN, après avoir rêvé.

Eh bien, monsieur Vincent, reprenez courage j j'espère pouvoir vous tirer de peine.

PAULINE

Ah , Saint-Firmin , serait-il possible !

M. DE SAINT-FIRMIN

Oui , je sais un homme qui connaît les biens qui doivent un jour me revenir : je prendrai avec lui tous les arrangements qu'il voudra .

M. VINCENT

Quoi , monsieur ? . . . .

M. DE SAINT -FIR3IIN

Vous ne devez pas être la victime de notre imprudence. Allez , dans peu j'ose me flatter de pouvoir vous délivrer de toutes vos craintes.

M. VINCENT

Monsieur, oserais-je vous demander combien je dois attendre encore?

M. DE SAINT-FIRMIN

La journée ne se passera pas, sans que vous ayez de mes nouvelles.

M. VINCFNT.

Monsieur, que ne vous devrai- je pas!

M. DE SAINT-FIRMIN

Je ne lais que ce que je dois.

Mais, Saint-Firmin, quel est donc cet homme sur qui vous comptez ?

M. DE SAINT-FIRMIN

Un homme à qui je n'avais pas pensé pour nous, mais que le désir de soulager M.Vincent m'a rappelé, et qui nous sera sûrement utile : c'est M. Warthon.

M. VINCENT

M. Warthon?

Oui.

Le banquier?

Lui-même.

M. VINCENT

Cest sur lui que vous comptez ?

M. DE SAINT-FIRMIN

Assurément.

M. VINCENT

Ah, monsieur, nous sommes perdus!

M. D£ SAINT-FIRMIN

Comment?

M. VINCENT

Hélas! monsieur, depuis deux jours il a fait banqueroute.

M. DE SAINT-FIRMN.

Justes dieux.!

Tout se réunit contre nous!

M. VINCENT

Adieu, monsieur et madame. Je suis au désespoir de tous avoir chagrinés, ce n'était pas mon dessein; je vous en demande bien pardon.

M. DE SAINT-FIRMIN

M. VINCENT

M. DE SAINT-FIRMIN

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