SCENE X
PAULINE , M. DE SAINT-FIRMIN Pâi. et défait.
PAULINE
Ali , Saint -Firrnin, je te revois !.. .Mais, ô ciel !.. dans quel état !
M. DE SAINT-FIRMIN
Ab ! Pauline , qu'avez-vous fait ? Cette paille. ...
PAULINE
Je vous ai obéi.
M. DE SAINT-FIRMIN
Il ne nous reste donc plus rien sur la terre.
PAULINE
Que dites-vous ? Ne m'avez- vous pas assuré que , si je vous voyais revenir en voiture....
M. DE SAINT-FIRMIN
Je me suis laissé abuser par l'espoir de voir adoucir tes maux.
PAULINE
Eh bien , tu t'es trompé?
M. DE SAINT-FIRMIN
Hélas , oui ! Ce flacon , qui m'était précieux , parce qui! venait de toi , parce que c'était le premier gage de ta tendresse pour moi, je l'ai sacrifié à ce désir. Avec l'argent que j'en ai retiré , j'ai volé au lieu où l'on tirait la loterie ; je me suis cru au comble du bonheur en trouvant encore des billets, et pas un de mes numéros n'est sorti. Juge de mon désespoir. La douleur m'accable , je tombe sans connaissance, on m'environne 5 à force de secours je reviens à moi, je ne puis me sou-
5^o lizs époux
tenir ; je dis ma demeure , et l'on me conduit ici comme je comptais y revenir si j'avais été plus heureux. Voilà ce qui a causé mon erreur.
PAULINE
Eh bien , mourons j que pouvons - nous attendre actuellement? Les horreurs de la faim, qui termineront lentement notre vie , qui nous ôteront la force de nous tendre les bras en expirant!
M. DE SAINT-FIRMIN
Quelle affreuse extrémité! étais -tu faite pour l'éprouver ? Ah ! si le ciel veut une victime , c'est moi seul....
PAULINE
Quoi , tu pourrais mourir , et me laisser ! Ah ! qu'il ne
nous sépare pas ; mais que dis- je! peut-être en ce moment
cher épOUX (Elle le lient embrassé par le milieu du corps.) Que rien
ne nous désunisse ; la mort même — (On entend du bruit.) O Dieu! Barbares, arrêtez.
M. DE SAINT-FIRMIN
Que dites-vous? Quel effroi !
PAULINE
Cest lui-même; je me meurs! (M. de Suint-Firiuin la soutient.)