L ECRIVAIN DES CHARNIERS
La scène représente les Charniers des Innocents. A droite est la boutique de madame de l'Aiguille, marchande lingèrc, et à gauche, un tonneau qui sert de bureau à M. Discret, écrivain.
M»* JEANNETON j M. DUBOIS.
M. DUBOIS
Mais, mademoiselle, si vous me faites l'honneur de m'aimer véritablement comme vous le dites, pourquoi vous affligez-vous?
M1!e JEANNETON.
Ah, monsieur Dubois, si vous saviez!...
M. DUBOIS
Comment, ne me trouvez-vous pas un assez bon parti? Ma place de commis de la barrière me vaut pourtant six cents francs par an.
M,,e JEANNETON.
Je le sais bien; mais ma cbère mère ne vous connaît pas.
M. DUBOIS
Ce n'est pas ma faute, et si vous le vouliez elle me connaîtrait bientôt.
M1Ie JEANNETON.
Si j'étais sûre qu'elle pût penser comme moi, monsieur, vous n'auriez rien à craindre.
M. DUBOIS
Comment, rien à craindre? croyez-vous que je puisse avoir pa demoiselle Jeanneton.
peur? vous ne me connaissez pas.Vous me faites trembler, ma-
346 l'écrivain
Mlle JEANNETON.
Mais, par exemple, si elle voulait me marier à un autre que