FILS
M. DUBOIS FILS
Mademoiselle, oserais-je prendre la liberté de m'inforrner de létat de votre santé, avec la permission de madame votre mère?
Mme DE L'AIGUILLE.
Oui, oui, monsieur, très-volontiers. Asseyez-vous donc, s'il vous plaît.
M. DUBOIS FILS
Je viens de la barrière Saint-Antoine, et je m'en vais à la douane. Et j'ai dit comme cela chemin faisant, il faut que j'aille savoir des nouvelles de mademoiselle Jeanneton.
Mme DE LAIGUILLE.
Monsieur, vous faites bien de l'honneur à ma fille ; et tenez, elle me parlait de vous.
M. DUBOIS FILS
Ah , madame , je suis donc plus heureux que je ne croyais ; car je ne pensais pas quelle pût jamais se souvenir de moi.
Mme DE L'AIGUILLE.
Pourquoi cela, monsieur? quand on a des manières honnêtes, c'est toujours bien fait 5 les honnêtes gens sont si rares, surtout dans ce temps-ci.
Cela est bien vrai. (Il offre du tabac à madame de l' Aiguille.) Madame
en use- 1- elle?
Mme DE L'AIGUILLE.
Oui-dà volontiers. Il est bien bon ce tabac-là : où le prenez-vous?
M. DUBOIS FILS
Chez mon père, qui n'en vend que du bon, parce qu'il j a des raisons pour cela.