SCENE XII
M™ de LAIGUILLE, M"e JEANNETON , M. DUBOIS PÈRE, M. DUBOIS FILS, M. DISCRET.
Mmc DE L'AIGUILLE.
Parlez un peu, monsieur l'Ecrivain, je vous conseille de ne plus venir vous étaler auprès de cbez nous, car je vous frotterais les oreilles.
M. DISCRET
Mais , mais qu'est-ce que vous avez donc , madame de l'Aiguille ?
Mlle JEANNETON.
Fi , c'est bien vilain à vous , monsieur Discret.
M. DISCRET
Mais je ne sais pas ce que vous voulez dire.
Mrae DE LAIGUILLE.
Comment , coquin , après la lettre que tu as écrite à ma fille !
M. DISCRET
Comment ; mais je croyais que vous saviez que je lui écrivais , et quand on doit se marier ensemble. .. .
Mme DE L'AIGUILLE.
Oui , et le piédestal de ma vertu qui a fait un faux pas. Attends, attends-moi.
572 l'écrivain
M. DISCRET regarde M. Dubois fils.
Quoi?...
Mme DE ^AIGUILLE.
Si je prends mon aune, je te la casserai sur le corps, vilain coquin.
M. DISCRET
Comment? mais cousin. .. .
M. DUBOIS FILS
Cousin ? je ne vous connais pas , monsieur , passez votre chemin, ou —
Mme DE LAIGUILLE.
Tu ne veux pas de ma fille en mariage, tu ne l'auras pas non plus ; car monsieur l'épouse.
M. DISCRET
Mais c'est traître cela J
Mme DE L'AIGUILLE.
Et tu n'as que faire de revenir jamais griffonner devant chez moi.
M. DISCRET
Mais écoutez-moi donc, madame de l'Aiguille , mademoiselle Jeanneton ....
MIlc JEANNETON.
Allons, allons, laissez-le là, ma chère mère.
Mme DE L'AIGUILLE.
Non, je veux qu'il s'en aille.
M. DISCRET
Je ne demande à dire qu'un mot.
Mmc DE L'AIGUILLE.
Tu en as écrit plus qu'il n'en fallait.
M. DISCRET
Mais ce n'est pas moi qui
Ce n'est pas ton écriture, chien de menteur?
M. DISCRET
Je ne dis pas cela ; mais
Mme DE L'AIGUILLE.
Allons , va- t'en lout-à-riieure.
M. DISCRET
Je veux auparavant....
M. DUBOIS FILS
Monsieur Discret, si vous raisoanez....
M. DISCRET
Mais vous savez bien que c'est vous, et je ne sais à quoi il tient....
M. DUBOIS FILS
A quoi il tient? (Il met la main sur son épée.)
MIle JEANNETON.
Allons, monsieur Discret, allez-vous-en.
M. DISCRET
Allez, mademoiselle, vous êtes une ingrate. -
M. DUBOIS FILS
Monsieur, je vous prie de ménager un peu le sexe, ou bien.,..
M. DISCRET
Monsieur, je ne dis rien.... mais c'est affreux à vous....
M. DUBOIS FILS
Je crois que vous m'attaquez. Vous en irez-vous?
M. DISCRET
Cest que je prends toutes mes affaires. (il ramasse tous ses papiers.) INon, je ne reviendrai plus ici. Je les donne toutes au diable ainsi que vous.
M. DUBOIS FILS
Comment, vous raisonnez.
M. DISCRET
Non, monsieur, je m'eu vais; mais quelque jour.... (iis'eu
va.)
M. DUBOIS FILS
Nous en voilà débarrassés
M,le JEANNETON.
Ah, monsieur Dubois, que je suis heureuse de vous avoir connu!
5j4 l'écrivais des charniers.
M. DUBOIS PÈRE
Venez donc, vous autres.
Mme DE L'AIGUILLE.
Est-il parti?
Oh, je vous réponds qu'il naura pas envie de revenir.
Mine DE L'AIGUILLE.
Allons, mes enfants, mon gendre, venez, venez.
(Us enlrent tous chez madurae de l'Aiguille.)
LE SUISSE DE PORTE