M. DE GRANTIER, M. DUPONT, M. DESPRÉS
M. DE GRANTIER.
Eh hien , monsieur, qu'est-ce qu'il y a? pourquoi venez vous à Paris sans congé?
M. DESPRÉS
Monsieur, c'est que je viens vous demander vos bontés.
M. DE GRANTIER.
Pour quoi faire?
M. DESPRÉS
C'est que si monsieur voulait
M. DE GRANTIER.
Parlez donc.
M. DESPRÉS
Le grenier à sel d'Eperuon est vacant, et il ne dépendrait que de monsieur de faire ma fortune.
M. DE GRANTIER.
Cela ne se peut pas.
M. DESPRÉS
Mais, monsieur, considérez
M. DE GRANTIER.
Allons, monsieur Dupont, où en sommes-nous?
M. DUPONT, lisant.
« De faire faire L'état que vous me proposez
M. DE GRANTIER.
aQue vous me proposez dans votre lettre du 21 de ce mois.»
M. DESPRÉS
Si j'osais , monsieur. . . .
M. DE GRANTIER.
Allons, en voilà assez.
M. DFSPRÉS.
Mais, monsieur, si monsieur voulait se ressouvenir que j'ai eu une fois le bras cassé par des contrebandiers , et que j'ai été encore une autre fois blessé....
M. DE GRANTIER.
Vous avez eu une gratification.
M. DFSPRÉS.
Il est vrai, monsieur, aussi je ne me plains pas.
M. DE GRANTIER.
Après , monsieur Dupont?
M. DUPONT
« Dans votre lettre du 21 de ce mois
456 LES B01NTS.
M. DE GRANTIER.
«Du 21 de ce mois; parce qu'en conséquence je ferai délibérer. »
M. DESPRÉS
Monsieur....
M. DE GRANTIER.
Je vous dis encore une fois que cela ne se peut pas , et je vous conseille de vous en aller tout de suite, sans quoi on vous apprendra à venir à Paris sans congé.
M. DESPRÉS
Monsieur, j'espère que vous nie pardonnerez.
M. DE GRANTIER.
Oui ; mais que cela ne vous arrive plus. Allons , adieu.
M. DESPRÉS
Monsieur, je suis bien fàclié....
M. DE GRANTIER.
Allons, allons, c'est bon.