SCÈNE III
M. DE SAINT- HILAIRE, M. GALAM)
M. GALAND
Ah , c'est monsieur de Saint-Hilaire.
M. DE SAINT-HILAIBE.
Oui, monsieur Galand, je viens vous consulter.
M. GALAND
Monsieur, vous me faites bien de l'honneur; asseyez-vous donc, s'il vous plaît.
M. DE SAINT-HILAIRE
Ce n'est pas la peine. Voici de quoi il s'agit.
M. GALAND
Mais, monsieur, je ne peux pas vous écouter comme cela.
M. DE SAINT-HILAIRE
Allons, puisque vous le voulez absolument, (ils s'asseyent.)
M. GALAND
C'est que réellement vous serez mieux.
M. DE SAINT-HILAIRE
Monsieur, je viens vous consulter pour savoir ce que je dois choisir d'une chose ou de l'autre, que je me trouve dans la nécessité de faire.
M. GALAND
Voyons, monsieur, expliquez votre affaire comme elle est.
M. DE SAINT-HILAIRE
Monsieur, je n'ai jamais eu de procès de ma vie, et je voudrais bien n'en pas avoir.
M. GALAND
Il y a peut-être quelque moyen d'accommodement -, voyons.
M. DE SAINT-HILAIRE
Monsieur, il y a un homme dans le monde qui me déplaît beaucoup : je suis déterminé à lui donner cent coups de bâton, ou à le jeter par les fenêtres.
45o l'avocat consultant.
M. G AL AND
Monsieur, c'est violent.
M. DE SAINT-HÏLAIRE.
Je le sais bien ; mais je ne peux pas absolument m'en dispenser, et je viens vous consulter sur le choix de ces deux çlioses-là.
H. GALAND
Je ne vous conseillerai jamais ni lune ni [autre, il y a trop de danger.
M. DE SAINÏ-HILAIRE.
Oui , pour cet bomme-là.
M. GALAND
Pour vous-même ; mais quelles raisons avez-vous ? Il y a les voies de la justice.
M. DE SAINT-HÏLAIRE.
Je vous dis que je ne veux pas avoir de procès , cela m'impatiente, et je ne veux pas tirer cette affaire- là en longueur.
M. GALAND
Mais que vous a fait cet homme qui puisse vous porter à cet excès de violence?
M. DE SAINT-HÏLAIRE.
Le voici, monsieur. Je suis très-amoureux d'une demoiselle fort aimable, que j'ai même envie d'épouser: je crois lui plaire, et cet homme ne cesse point de venir dans la maison : vous entendez ?