‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 210 sur 236 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. DE SAINT- HILAIRE, M. GALAM)

M. GALAND

Ah , c'est monsieur de Saint-Hilaire.

M. DE SAINT-HILAIBE.

Oui, monsieur Galand, je viens vous consulter.

M. GALAND

Monsieur, vous me faites bien de l'honneur; asseyez-vous donc, s'il vous plaît.

M. DE SAINT-HILAIRE

Ce n'est pas la peine. Voici de quoi il s'agit.

M. GALAND

Mais, monsieur, je ne peux pas vous écouter comme cela.

M. DE SAINT-HILAIRE

Allons, puisque vous le voulez absolument, (ils s'asseyent.)

M. GALAND

C'est que réellement vous serez mieux.

M. DE SAINT-HILAIRE

Monsieur, je viens vous consulter pour savoir ce que je dois choisir d'une chose ou de l'autre, que je me trouve dans la nécessité de faire.

M. GALAND

Voyons, monsieur, expliquez votre affaire comme elle est.

M. DE SAINT-HILAIRE

Monsieur, je n'ai jamais eu de procès de ma vie, et je voudrais bien n'en pas avoir.

M. GALAND

Il y a peut-être quelque moyen d'accommodement -, voyons.

M. DE SAINT-HILAIRE

Monsieur, il y a un homme dans le monde qui me déplaît beaucoup : je suis déterminé à lui donner cent coups de bâton, ou à le jeter par les fenêtres.

45o l'avocat consultant.

M. G AL AND

Monsieur, c'est violent.

M. DE SAINT-HÏLAIRE.

Je le sais bien ; mais je ne peux pas absolument m'en dispenser, et je viens vous consulter sur le choix de ces deux çlioses-là.

H. GALAND

Je ne vous conseillerai jamais ni lune ni [autre, il y a trop de danger.

M. DE SAINÏ-HILAIRE.

Oui , pour cet bomme-là.

M. GALAND

Pour vous-même ; mais quelles raisons avez-vous ? Il y a les voies de la justice.

M. DE SAINT-HÏLAIRE.

Je vous dis que je ne veux pas avoir de procès , cela m'impatiente, et je ne veux pas tirer cette affaire- là en longueur.

M. GALAND

Mais que vous a fait cet homme qui puisse vous porter à cet excès de violence?

M. DE SAINT-HÏLAIRE.

Le voici, monsieur. Je suis très-amoureux d'une demoiselle fort aimable, que j'ai même envie d'épouser: je crois lui plaire, et cet homme ne cesse point de venir dans la maison : vous entendez ?

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