M. DE LA POTERNIÈRE, LE COMMANDEUR
* M. DE LA POTERNIÈRE.
Eh bien, vous voyez que j'ai bien fait de parler moi-même.
LE COMMANDEUR
Vous avez bien réussi !
M. DE LA POTERNIÈRE.
Sûrement, puisqu'elle vous a dit que c'était une affaire finie.
LE COMMANDEUR
Oui; elle est si bien finie, quelle ne se mêlera point du tout de ce qui vous regarde.
M. DE LA POTERNIÈRE.
Comment? Pourquoi cela? Qu'est- ce que j'ai donc fait?
LE COMMANDEUR
Vous avez parlé sans cesse, malgré tout ce que vous m'aviez promis, et malgré tout ce que j'ai pu dire et faire pour vous arrêter.
M. DE LA POTERNIERE.
A peine ai-je pu trouver le moment de dire un mot.
LE COMMANDEUR
Enfin, vous lui avez paru un homme insupportable, un bavard éternel, un importun, tout ce qu'elle craignait.
Mais voilà ce qu'on ne m'a jamais reproché, par exemple: car M. l'Intendant, quand j'arrive à Valenciennes...
LE COMMANDEUR
Laissez-moi donc achever. Elle ne voulait pas vous voir à cause de tout cela : j'ai cru vous faire plaisir de rengager à vous recevoir ; et elle ne l'a fait qu'à condition qu'elle ne s'emploierait pas pour vous, si vous étiez un homme tourmentent.
M. DE LA POTERNIÈRE.
Mais c'est inconcevable!
LE COMMANDEUR
Voilà pourquoi, en s'en allant, elle nia rappelé ce qu'elle m'avait dit, et que c'était une affaire finie. Voilà comme elle est faite votre affaire.
M. DE LA POTERNIÈRE.
Mais ce n'est pas ma faute; si vous m'aviez dit....
LE COMMANDEUR
Non, il vous est impossible de vous taire. Je vous souhaite bien le bonjour; mais ne comptez plus sur moi. Adieu.
M. DE LA POTERNIÈRE.
Un momentdonc. (il s'en va.) Je ne connais personne à Paris; voilà un beau voyage que j'ai fait là! Je ne comprends pas comment on fait ses affaires sans en parler. Ces gens-là ne m'ont pas l'air de vous entendre, si on ne leur répète pas cent fois... Ils seront bien étonnés à Bouchain, quand ils sauront
tOUt cela, eux à qui j'ai dit.... (Il s'en va en parlant.)