D HOMÈRE. 12Q
M. DELEPINE.
Cest, est, est, est.
M. DESGRAIS
Homère.
M. DUCHESNE
Homère? Je ne le connais pas.
M. DESGRAIS
Quoi, vous ne le connaissez pas?
M. DUCHESNE
Non. Etait-c eun de vos parents?
M. DELEPINE.
Homère, le poète?
M. DUCHESNE
C'est Homère que vous pleurez ?
M. DESGRATS.
Oui, vraiment.
M. DUCHESNE
Mais vous êtes donc fou?
M. DELEPINE.
Fou? Et qui trouvez-vous qu'on doive autant regretter?
M. DUCHESNE
Oui, je conviens que c'était uu grand homme, (il s'attriste.)
M. DESGRAIS
Un homme incomparable!
M. DELEPINE.
Un homme qu'on doit être bien (caché de savoir mort.
M. DUCHESNE
Il y a si long-temps!
M. DESGRAIS
Sa mémoire vit bien encore.
M. DELEPINE.
Et elle vivra toujours.
M. DESGRAIS
Ah , si nous le voyions un moment , tout aveugle qu'il é-
l3o LES PLEUUEURS
M.DUCHESNE
Il ne l'avait pas toujours été.
M. DELEPINE.
Ab, c'est bien vrai!
M. DESGRAIS
Ses ouvrages le prouvent. Quelles descriptions de la nature !
M. DELEPINE.
Quel profit il avait tiré de ses voyages!
M. DESGRAIS
C'est lui qui nous a dit le premier que la terre était une île environnée d'eau, eau, eau, eau. (il pleure.)
M. DELEPINE.
Et que le soleil se levait et se coucbait dans l'océan , au , an,
an. (Il pleure.)
M. DUCHESNE
Il est vrai qu'il savait la géographie î. . . .
M. DESGRAIS
Tout, tout ce qu'on peut savoir, (il pleure.)
M. DELEPINE.
Son Iliade!....
M. DESGRAIS
Son Odyssée!...
M. DUCHESNE
Il connaissait le sein des mers, les enfers
M. DELEPINE.
L'Olympe!
M. DESGRAIS
Quelle mythologie, ie, ie, ie, ie. (H pleure.)
M. DUCHESNE
Arrêtez donc. (Il pleure.) Prètez-moi un mouchoir.
M. DELEPINE.
Je n'ai que le mien.
M. DESGRAIS
Ni moi non plus.
d'homèhe. i3i
m. delepine.
Nous en étions à l'épopée , ée , ée , ée.
M. DESGRAIS
Oui , quand vous êtes arrivé , é , é , é !
M. DUCHESNE , pleurant.
A l'épopée, ée, ée, ée!
, Tous les trois.
Ee , ée , ée , ée.
(lis pleurent.)
AI. DUCHESNE
Comment donc VaiS-je faire? (S'essuyant les yeux avec ses doigts.)
U. DESGRAIS
A Tépopée!
, Tous les trois.
Ée, ée, ée, ée.