SCENE III
M. DESGRAIS, M. DELEPINE, M. DUCHESNE,
Mme RAMAS , un chapeau sur la tête et des mouchoirs attachés aux épaules.
Mme RAMAS.
Messieurs , achetez de mes beaux mouchoirs.
M. DUCHESNE
Des mouchoirs ? Ils viennent bien à propos ; j'en ai grand
besoin. (Il s'essuie les yeux et se mouche dans un mouchoir de madame Ramas,
sans le détacher de son épaule.) Combien me vendrez- vous ce mouchoir-là?
Mœe RAMAS.
Six francs, monsieur.
M. DUCHESNE
Six francs , c'est trop cher.
Mme RAMAS.
Combien en voulez-vous donner?
M. DUCHESNE
Je vous en donnerai trois livres.
l32 LES PLEUREURS d'hOMÈRE.
Mme RAMAS.
Monsieur, je ne le peux pas , en conscience. Il est à vous pour cent sous, si vous voulez.
M. DUCHESNE
Non, je nen donnerai pas davantage.
Mme RAMAS.
Mais monsieur, vous ne me le laisserez pas?
M. DUCHESNE
Si vous me le donnez pour trois livres j car sans cela je nen ai plus que faire : j'aurai le temps d'en aller chercher un chez moi.
Mme RAMAS.
Mais, monsieur, vous l'avez sali.
M. DUCHESNE
Eh bien , voilà trois livres , ou rien, (il s en va.)
Mme RAMAS.
Mais, monsieur, monsieur? (Elle court après lui.)
M. DUCHESNE
Monsieur Delepine , voulez-vous venir aux Tuileries , pour nous dissiper un peu ; nous en avons besoin.
M. DELEPINE.
Très-volontiers , je ne demande pas mieux.
(De s'en vont.)