SCENE IL M. DE SAINT-HYGIN , M"« DE SAINT-HYGIN
M1,e DE SAINT-HYGIN.
Eh bien , papa , il n'y a pas encore un violon d'arrivé ; il n'y a que les basses. Concevez-vous que ces messieurs se fassent attendre aujourd'hui encore comme la dernière fois?
M. DE SAINT-HYGIN.
Ils viendront , ils viendront.
Mlle DE SAINT-HYGIN.
Cela est impatientant !
M. DE SAINT-HYGIN.
Laissons cela un moment.
M,Ie DE SAINT-HYGIN.
Permettez que j'aille voir encore.
M. DE SAINT-HYGIN.
Non : j'ai quelque chose à te dire en attendant. Tu aimes la musique italienne?
M1,e DE SAINT-HYGIN.
Sûrement 3 d'abord je ne connais que celle-là.
M. DE SAINT-HYGIN.
Moi , je ne l'aime pas trop; mais cela ne fait rien.
l6o LE CHANTEUR
Mlle DE SAINT-HYGIN.
Je tous réponds qae vous finirez par ne vouloir pas eu entendre d'autre.
Cela se pourra ; mais revenons à notre affaire. Serais-tu fâchée d'épouser un Vénitien fort riche? Parle-moi naturellement.
M1Ie DE SAINT-HYGIN.
Un Vénitien ?
M. DE SAINT-HYGIN.
Oui , c'est un homme assez jeune , un banquier.
M1,e DE SAINT-HYGIN.
Et faudra-t-il aller à Venise?
M. DE SAINT-HYGIN.
Non -, il vient s'établir à Paris.
MI,e DE SAINT-HYGIN.
Pourvu que je ne m'éloigne pas de vous , papa , tout ce que vous ferez me conviendra très-fort.
M. DE SAINT-HYGIN.
Cela sera décidé dès aujourd'hui ; c'est M. Delamarre qui m'a fait cette proposition , et ce banquier va peut-être venir ici dans le moment , même tout seul. Tu le verras. On prétend qu'il a de quarante à cinquante mille livres de rente -, il n'y a pas à hésiter.
M1,e DE SAINT-HYGIN.
Sans doute , d'abord que cela est sûr.
M. DE SAINT-HYGIN.
Oh , très-sûr. Un de ses correspondants l'a assuré à M. Delamarre.
M1,e DE SAINT-HYGIN.
J'entends quelqu'un ; c'est peut-être lui .