SCENE III
M. DE SAINT-HYGIN, M"« DE SAINT-HYGIN, M. OCTAVINI, UN LAQUAIS.
LE LAQUAIS , annonçant.
M. Octaviai.
M. DE SAINT-HYGIN, allantàlui.
C'est lui-même Monsieur, donnez-vous la peine d'entrer.
M. OCTAVINI, avec une voix claire.
Monsieur est monsieur de Saint-Hygin?
M. DE SAINT-HYGIN.
Oui , monsieur ; et voila ma fille , qui sera charmée de faire
Connaissance avec VOUS. (Elle fait la révérence.) M. OCTAVINI.
Mademoiselle , je suis votre serviteur. Je suis pas encore bien au fait de la langage de ste pays , mais j'ai purtant entendou dire beaucoup de mademoiselle pour son g ut pour notre mousique.
MIle DE SAINT-HYGIN'.
Oui, monsieur, jaime beaucoup la musique italienne.
M. OCTAVINI.
Je suis bien fâché de n'avoir pas encore été plous longtemps ici.
Ah ! cela se réparera ; on dit que vous avez envie d'y rester toujours.
M. OCTAVINI.
Oh , tujurs : je sais pas encore bien autrement.
Mlle DE SAINT-HYGIN, à M. de Saint-Hygin.
Papa , il a une drôle de voix , ce monsieur-là.
M. DE SAINT-HYGIN. ,
Paix donc (Haut.) Monsieur, suivant ce qu'on m'a dit, il se-
lG2 LE CHANTEUR
rait aisé de vous y fixer, et il n'y a personne qui ne voulût s'allier avec un homme aussi honnête que vous ; ma fille a du bien , elle en aura encore davantage , et Ton doit vous avoir dit que je serais charmé pour ma part , que tout cela pût vous convenir.
M. OCTAVINI.
Monsieur, après la concert, vous direz si je chante bien, et puis , s'il vous plaît , L'argent il me fait point , je suis content tujurs de vivre à Paris , par tut ce que j'y ai vou.
M. DE SAINT-HYGIN.
Le concert n'est pas une chose qui doive nous retarder : je m'en vais envoyer chercher mon notaire, qui vous montrera l'état des biens de ma fille.
M. OCTAVINI.
Je n'ai pas besoin de voir.
M. DE SAINT-HYGIN.
Pardonnez -moi. Quand on se marie , il faut bien que toutes ces formalités-là se fassent. Est-ce que ce n'est pas l'usage dans votre pays?
M. OCTAVINI.
Pardonne-moi ; mais je n'ai point été à des mariages. Mademoiselle il se marie donc ?
M. DE SAINT-HYGIN.
Oui , si vous voulez.
M. OCTAVINI.
Je ne puis pas empêcher.
M. DE SAINT-HYGIN, à mademoiselle de Saint-Hjgin.
Il ne sait pas ce qu'on lui dit. (Haut.) Monsieur, je vais vous parler tout naturellement. On m'a dit que vous vouliez vous marier.