M1** DE SAINT-EDME , M. DE BOURVAL, M. DOR- SANT, LE CHEVALIER
M. DE BOURVAL, bas à M. d'Orsant.
Ne faites pas de bruit. Elles sont encore ici. (il s'avance et s'écrie.) Ah, ciel! que vois-je? que faites-vous là, mademoiselle?
M1,e DE SAÏNT-EDME.
J'essaie votre boudoir , monsieur : il est délicieux , et je vous ai la plus grande obligation.
M. DE BOURVAL , interdit.
Comment?...
M1,e DE SAÏNT-EDME.
Oui , sans lui je n'aurais peut-être jamais su que monsieur le Cbevalier m'aimait ; peut-être même n\ aurais-je pas été aussi sensible : c'est à vous que je devrai tout mon bonheur.
SOPHIE
Monsieur, elle est sensible, elle en convient : n'est-ce pas ce que vous en vouliez savoir?
M. DORSANT, à M. Je Bourval.
Mon ami , cet écolier-là est plus dangereux que vous ne le croyez.
LE CHEVALIER
Vli , mon oncle , vous m'aimez! — M, d'orsant.
Je t'entends, et tu n'as pas besoin de l'expliquer. (A m. le Bourrai.) Al'ons , mon ami, imitez-moi. Je donne tout mon bien à mon neveu ; accordez-lui mademoiselle de Saint-Ediik' , vous remplirez entièrement les volontés de son père.
M. DE BOURVAL, basa M. d'Orsant.
Mais vous savez....
M. d'oRSANT.
C'étaient des désirs , et non pas de l'amour, que vous aviez; et vous retrouverez aisément avec une autre ce que vous perdez avec elle.
M. DE BOURVAL, bas.
Paix donc.
M. d'oRSANT.
Cette épreuve était folle , je vous l'avais prédit.
J'en conviens à présent.
M. D'ORSANT.
Consentez de bonne grâce.
M. DE BOURVAL.
Allons , soyez heureux , et j'en serai charmé.
LE CHEVALIER
Ah, monsieur! Ah, mon oncle! Ah, mademoiselle! (nies
embrasse tous.)
M. D'oRSANT, souriant.
Nous faisons des heureux , mon ami ; nous le devenons nousmêmes , n'est-ce pas?
M. DE BOURVAI.
Oui, oui ; mais mon ami est un grand fripon.
(Ils sortent tous.)