M™ MOKA, M. DUVAL, M. DELALANDE, LE GARÇON
M. DUVAL
Ah , te voilà , Lalande !
M. DELALANDE.
J'ai été te chercher chez madame Delaruej l'on m'a dit qu'on ne t'avait pas vu, et je suis venu voir ici.
M. DUVAL
Qu'est-ce que tu as fait hier au vingt et un?
M. DELALANDE.
J'ai perdu trente-neuf lofais. Ils n'y savent pas jouer ; il n'y a pas moyeu de rieu faire avec des gens comme cela.
M. DU VAL
Et madame des Bruyères a-t-elle gagné?
M; DELALANDE.
Oui; je crois qu'elle a eu une douzaine de louis.
M. DU VAL
Ah ! tiens , n'est-ce pas la petite Aglaé qui passe dans ce vis-à-vis?
M. DELALANDE.
Je crois qu'oui. Il n*a tenu qu a moi de souper avec elle avant-hier; mais je ne m'en suis pas soucié : elle est trop blonde.
M. DU VAL
Qui est-ce qui Ta à présent?
M. DELALANDE.
Mais , tout le monde.
M. DUVAL
N'est-ce pas le Chevalier de la Merville ?
M. DELALANDE.
Bon ! il y a long-temps qu'il ne l'a plus ; elle a eu un Anglais depuis. Vas-tu aux Italiens aujourd'hui?
M. DUVAL
Je ne sais pas. Qu'est-ce qu'on donne?
M. DELALANDE.
Le Roi et le Fermier, avec les Sœurs rivales, je crois.
M. DUVAL
Et aux Français ?