DELALANDE
Ma foi , je n'en sais rien. Je n'y vais jamais ; c'est un spectacle triste , et je ne donne pas dans l'esprit, moi.
M. DUVAL
Je crois que tu ne lis guère.
M. DELALANDE.
Parbleu non , je n'ai pas le temps. Et puis que diable lire*? J'ai acbeté pourtant la Bibliothèque de campagne j mais c'est pour ceux qui viendront chez moi.
M. DU VAL
Ah , c'est du moins quelque chose.
M. DELALANDE.
Combien te coûte cet habit-là ?
M. DU VAL
Ma foi, je n'en sais rien ; je ne m'en informe seulement pas. A propos , as-tu vu mes derniers chevaux?
M. DELALANDE.
Lesquels?
M. DU VAL
Ceux que j'avais hier à la plaine ?
M. DELALANDE.
Oui. Ils sont vilains.
M. DU VAL
Vilains , oui , c'est ce qu'ils sont , et dressés ! Il n'y a rien de si agréable à mener ; j'ai pourtant envie de m'en défaire.
M. DELALANDE.
Si tu veux les troquer contre mon cheval anglais
M. DUVAL
Quoi , cette grande rosse que tu avais l'autre jour au bois de Boulogne?
M. DELALANDE.
Oui, une rosse! Je ne le donnerais pas pour quatre-vingts louis.
M. DUVAL
Allons donc !
M. DELALANDE.
Ah! voilà Despressins.
M. DUVAL
C'est vrai.
M. DELALANDE.
Je m'en vais l'appeler. Despressins !