‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 91 sur 236 · DELALANDE · texte numérisé non relu

DELALANDE

Ma foi , je n'en sais rien. Je n'y vais jamais ; c'est un spectacle triste , et je ne donne pas dans l'esprit, moi.

M. DUVAL

Je crois que tu ne lis guère.

M. DELALANDE.

Parbleu non , je n'ai pas le temps. Et puis que diable lire*? J'ai acbeté pourtant la Bibliothèque de campagne j mais c'est pour ceux qui viendront chez moi.

M. DU VAL

Ah , c'est du moins quelque chose.

M. DELALANDE.

Combien te coûte cet habit-là ?

M. DU VAL

Ma foi, je n'en sais rien ; je ne m'en informe seulement pas. A propos , as-tu vu mes derniers chevaux?

M. DELALANDE.

Lesquels?

M. DU VAL

Ceux que j'avais hier à la plaine ?

M. DELALANDE.

Oui. Ils sont vilains.

M. DU VAL

Vilains , oui , c'est ce qu'ils sont , et dressés ! Il n'y a rien de si agréable à mener ; j'ai pourtant envie de m'en défaire.

M. DELALANDE.

Si tu veux les troquer contre mon cheval anglais

M. DUVAL

Quoi , cette grande rosse que tu avais l'autre jour au bois de Boulogne?

M. DELALANDE.

Oui, une rosse! Je ne le donnerais pas pour quatre-vingts louis.

M. DUVAL

Allons donc !

M. DELALANDE.

Ah! voilà Despressins.

M. DUVAL

C'est vrai.

M. DELALANDE.

Je m'en vais l'appeler. Despressins !

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