SCENE IV
M. DISSONANT, L'ABBÉ, M. DESJARRETS, CABRY.
M. DES JARRETS
Cabry!
CABRY.
Monsieur?
• W. DESJARRETS.
Dans combien de temps faut-il que je sois chez madame de Versant?
LES FOITX. l65
CABRY.
Dans trois quarts d'iieure.
M. DESJARRETS.
Trois quarts d'heure! Il n'y a personne ici, j ai envie de commencer mon ballet en question. Sais-tu les airs?
CABRY.
Je sais les deux premiers.
M. DES JARRETS
C'est bon. Joue-moi d'abord la marche des Paladins.
CAERY.
Je la sais tout entière.
M. DESJARRETS.
Attends un moment, (ii fait quelques pas.) Je marche en avant d'abord, je reviens.... C'est cela, allons. (Cabryjoue.)
M. DISSONA^T, l'abbé.
Eh, monsieur! monsieur!
M. DESJARRETS.
Comment , messieurs , qu'est-ce que vous avez donc? Ah, c'est vous, monsieur Dissonant !
M. DISSONANT
C'est moi-même qui compose une ariette, monsieur Desjarrets.
M. DESJARRETS.
Ah, une ariette nouvelle?
M. DISSONANT
Oui, vraiment, pour madame de Franville.
M. DESJARRETS.
Je fais aussi un ballet pour sa fête.
M. DISSONANT
C'est fort bien : mais faites taire votre maudit violon. Vous me faites perdre le ton, je ne sais plus où j en suis.
M. DESJARRETS.
Vous VOUS moquez, vous êtes trop habile pour cela.
l'abbé.
Moi , monsieur , je fais un bouquet , je cherche une rime , et votre violon me distrait.
l66 LES FOUX.
BI. DESJARRETS.
Allons, allons, joue toujours. (Cabry joue, etM. Desjarrels danse. M. DISSONANT.
Un moment seulement, que j'aie écrit ceci, (ii chante.) Sans cesse on rit, toujours on chante.
W. DESJARRETS.
Joue donc. (Il danse, et M. Dissonant chante.) M. DISSONANT.
Ail , quel plaisir , qu il fait de bien î Arrêtez donc,
M. DESJARRETS.
Mais je n'ai pas de temps à perdre , en honneur.
l'abbé.
Mais, monsieur, par grâce...
M. DESJARRETS.
Allons, Allons. (Cabryjoue, et il danse.) Attfends , ÛttCnds UH moment, (il marche.)
M. DISSONANT
Ail , quel plaisir , qu il fait de bien! Mais grand bien , Mais grand bien.
M. DESJARRETS.
Mais , monsieur Dissonant , comment voulez-vous que je compose mon pas , si vous me chantez un autre air que celui sur lequel je dois danser?
M. DISSONANT
Mais , monsieur Desjarrets, comment voulez-vous que j'achève dVcrire mon ariette, quand vous faites jouer un autre air que celui que j'ai dans la tête?
l'abbé.
Hé, messieurs, comment voulez-vous tous les deux que je fasse des vers avec un pareil bruit ?
M. DESJARRETS.
Messieurs , vous ferez comme vous voudrez. Allons , jfiue ,
et recommençons le tout. (Il danse, m. Dissonant rllAbbé se dé.sespcrent.)
M. DISSONANT
C'est impossible !
l'abbé.
Je n'y tiens pas l
M. DESJARRETS.
Cela va bieu^ je tiens ma marebe. Laisse-moi dessiner n:
gavotte. (Il compose en marchant, sans violon.)
M. DISSONANT cliantant.
Ab , quel plaisir, qu'il fait de bien î Mais gi'and bien , Mais grand bien.
M. DES JARRETS
M. Dissonant, cliantez donc tout bas.
M. DISSONANT
Je le veux bien, pourvu que vous ne lassiez pas jouer du violon.
l'abbé.
Ab ! à la bonne beure.
M. DES JARRETS
Oui y oui , laissez -moi faire, (il danse.) Nous croisons par ici, ba , ba ! à gaucbe à présent , cbassez , fort bien , non , je tourne,
ab , ah ! l'entrelas. ... (il continue en marchant )