‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 105 sur 206 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M. DISSONANT, L'ABBÉ, M. DESJARRETS, CABRY M-^e DOUAIREVILLE.

Monsieur, n avez-vous pas vu ici M. Rongeant?

ÇABRY.

Qu'est-ce que c'est, madame, que M. Rongeant?

M'P'' DOUAIREVILLE.

C'est mon pro^iiréur. ;

68 LES FOLX.

CABRY.

Je ne le connais pas -, adressez-vous à ces messieurs , ils vous diront cela , ils étoient ici avant nous.

j^ime DOUAIREVILLE, à M. Dissonant.

Monsieur^ voudriez-vous bien me dire....

M. DISSONANT chante.

Il rend Tâme contente 3 L'on ne désire plus rien.

M. DES JARRETS

Monsieur Dissonant, je m'en vais faire jouer du violon.

(Il compose.)

M. DISSONANT

Ahl je vous demande pardon.

j^ime dOUA'iREVILLE , à M. Dissonant.

Monsieur , dites-moi donc si vous avez vu mon procureur ici. Il est pour moi de la dernière importance que je lui parle à Tinstant : on vient de me faire signifier un arrêt qui me réduira à la mendicité. Je n'ai pas un morceau de pain, si...

M. DISSONANT

Dieu vous bénisse , ma bonne dame.

M"^*' DOUAIREVILLE.

Mais , monsieur , je ne demande pas l'aumône ; répondezmoi y je vous prie.

M. DISSONANT

Je suis occupé, madame , adressez-vous à ces messieurs.

M^e DOUAIREVILLE.

• Sauront-ils où il est?

M. DISSONANT

Oh, sûrement.

M"^» DOUAIREVILLE.

Monsieur l'abbé?

M. DISSONANT

Oui , oui.

M""^ DOUAIREVILLE, A l'Abbc

Monsieur Ta blié? '

, l'abbp. .

Je ne veux rien acbeler, je n'ai p08,,lc5 temps.

M™e DOUAIRE VILLE.

Mais . monsieur, je ne suis pas une mardiande , je suis une femme de qualité qui est la plus malheureuse du monde. l'abbé.

Vous n'êtes pas si malheureuse que moi. Qu'est-ce que you"^ demandez?

]>ime DOUAIRE VILLE.

Mon procureur.

l'abbé.

Procureur I II y a cent rimes à ce mot-là.

Bime DOUAIREVtLLE. ;

Je ne vous parle ni de rime , ni de raison ; car je crois que j'aurais tort. Mais à qui donc s'adresser ici 7 Ah î voilà un monsieur qui se promène : il ne me dira pas qu'il est occupé celuilà du moins. (Elle va à M. Desjarrets.) Monsicur , pourrcz-vous m'enseigner ce que je demande? Je vous en aurai la plus grande obligation.

M. DESJARRETS.

Oui, oui , tenez , passez par là.

M™<= DOUAIREVTLLE.

Par où , monsieur ?

M. DESJARRETS.

A droite.

j^ime DOUAIREVILLE.

A droite?

M. DESJARRETS.

Oui. Revenez à présent.

3ime DOUAIREVILLE.

Ici?

M. DES JARRETS

Oui , chassez.

M^ie DOUAIREVILLE.

Qui voulez-vous que je chasse?

M. DESJARRETS.

Vous ne m'entendez pas : tenez , approchez-vous de moi.

M™e DOUAIREVILLE.

Comme cela?

iJO LES FOUX,

M. DESJARRETS.

Oui. En avant h présent.

Mme DOUAIREVILLE.

Mais pourquoi faire?

M. DESJARRETS.

Vous allez voir , donnez-moi la main. Allons . Cabrv , joue.

CABRY j accoramodant son violon.

Monsieur , tout-à-riieure.

M. DISSONANT

Pour moi , je m'en yais.

l'abbé.

Et moi aussi. (Cabrj joue.)

M. DESJARRETS.

Allons, madame, laissez-vous conduire.

M™'' DOUAIREVILLE.

Je ne demande pas mieux.

M. DES JARRETS

Plus vite donc.

0 Mme DOUAIREVILLE.

Vous me faites danser 7

M. DES JARRETS

Sans doute. (Illa mène fort vite.)

M"^e DOUAIREVILLE.

Je n'en puis plus , ali ! ah î

M. DFSJARRETS.

Pourquoi donc voulez- vous danser , si vous n^iavez pas la force?

Mme DOUAIREVILLE.

Eb , je n'en ai pas d'envie , monsieur !

M. DESJARRETS.

Ma foi, je Fai cru. Allons-nous-en.

M^R DOUAIREVILLE.

La tcte a tourné ici à tout le monde. J'ai envie d'aller attendre mon procureur chez hii. Il faudra bien qu'il revienne du moins pour se coucher.

L'IMPORTANT

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