SCÈNE V
M. DISSONANT, L'ABBÉ, M. DESJARRETS, CABRY M-^e DOUAIREVILLE.
Monsieur, n avez-vous pas vu ici M. Rongeant?
ÇABRY.
Qu'est-ce que c'est, madame, que M. Rongeant?
M'P'' DOUAIREVILLE.
C'est mon pro^iiréur. ;
68 LES FOLX.
CABRY.
Je ne le connais pas -, adressez-vous à ces messieurs , ils vous diront cela , ils étoient ici avant nous.
j^ime DOUAIREVILLE, à M. Dissonant.
Monsieur^ voudriez-vous bien me dire....
M. DISSONANT chante.
Il rend Tâme contente 3 L'on ne désire plus rien.
M. DES JARRETS
Monsieur Dissonant, je m'en vais faire jouer du violon.
(Il compose.)
M. DISSONANT
Ahl je vous demande pardon.
j^ime dOUA'iREVILLE , à M. Dissonant.
Monsieur , dites-moi donc si vous avez vu mon procureur ici. Il est pour moi de la dernière importance que je lui parle à Tinstant : on vient de me faire signifier un arrêt qui me réduira à la mendicité. Je n'ai pas un morceau de pain, si...
M. DISSONANT
Dieu vous bénisse , ma bonne dame.
M"^*' DOUAIREVILLE.
Mais , monsieur , je ne demande pas l'aumône ; répondezmoi y je vous prie.
M. DISSONANT
Je suis occupé, madame , adressez-vous à ces messieurs.
M^e DOUAIREVILLE.
• Sauront-ils où il est?
M. DISSONANT
Oh, sûrement.
M"^» DOUAIREVILLE.
Monsieur l'abbé?
M. DISSONANT
Oui , oui.
M""^ DOUAIREVILLE, A l'Abbc
Monsieur Ta blié? '
, l'abbp. .
Je ne veux rien acbeler, je n'ai p08,,lc5 temps.
M™e DOUAIRE VILLE.
Mais . monsieur, je ne suis pas une mardiande , je suis une femme de qualité qui est la plus malheureuse du monde. l'abbé.
Vous n'êtes pas si malheureuse que moi. Qu'est-ce que you"^ demandez?
]>ime DOUAIRE VILLE.
Mon procureur.
l'abbé.
Procureur I II y a cent rimes à ce mot-là.
Bime DOUAIREVtLLE. ;
Je ne vous parle ni de rime , ni de raison ; car je crois que j'aurais tort. Mais à qui donc s'adresser ici 7 Ah î voilà un monsieur qui se promène : il ne me dira pas qu'il est occupé celuilà du moins. (Elle va à M. Desjarrets.) Monsicur , pourrcz-vous m'enseigner ce que je demande? Je vous en aurai la plus grande obligation.
M. DESJARRETS.
Oui, oui , tenez , passez par là.
M™<= DOUAIREVTLLE.
Par où , monsieur ?
M. DESJARRETS.
A droite.
j^ime DOUAIREVILLE.
A droite?
M. DESJARRETS.
Oui. Revenez à présent.
3ime DOUAIREVILLE.
Ici?
M. DES JARRETS
Oui , chassez.
M^ie DOUAIREVILLE.
Qui voulez-vous que je chasse?
M. DESJARRETS.
Vous ne m'entendez pas : tenez , approchez-vous de moi.
M™e DOUAIREVILLE.
Comme cela?
iJO LES FOUX,
M. DESJARRETS.
Oui. En avant h présent.
Mme DOUAIREVILLE.
Mais pourquoi faire?
M. DESJARRETS.
Vous allez voir , donnez-moi la main. Allons . Cabrv , joue.
CABRY j accoramodant son violon.
Monsieur , tout-à-riieure.
M. DISSONANT
Pour moi , je m'en yais.
l'abbé.
Et moi aussi. (Cabrj joue.)
M. DESJARRETS.
Allons, madame, laissez-vous conduire.
M™'' DOUAIREVILLE.
Je ne demande pas mieux.
M. DES JARRETS
Plus vite donc.
0 Mme DOUAIREVILLE.
Vous me faites danser 7
M. DES JARRETS
Sans doute. (Illa mène fort vite.)
M"^e DOUAIREVILLE.
Je n'en puis plus , ali ! ah î
M. DFSJARRETS.
Pourquoi donc voulez- vous danser , si vous n^iavez pas la force?
Mme DOUAIREVILLE.
Eb , je n'en ai pas d'envie , monsieur !
M. DESJARRETS.
Ma foi, je Fai cru. Allons-nous-en.
M^R DOUAIREVILLE.
La tcte a tourné ici à tout le monde. J'ai envie d'aller attendre mon procureur chez hii. Il faudra bien qu'il revienne du moins pour se coucher.
L'IMPORTANT