‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 114 sur 206 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LE COMTE, Mni« THOMAS, M. HACHIS.

aime THOMAS. •

Tenez, monsieur Téouyer, parlez à M. le Comte.

LE COMTE

Ah , monsieur Téouyer, qu'est-ce que vous me donnerez a manger?

M. HACHIS

Monsieur, dans ce temps-ci, nous n'avons pas de grandes provisions.

LE COMTE

Mais qu est-ce que vous avez?

M. HACHIS

Qu'est-ce que monsieur le Comte a'mie?

LE COMTE

Je ne suis pas difficile j mais je veux bien souper. Voyons.

M. HACHIS

Si monsieur le Comte avait aimé le veau. . .

LE COMTE

Oui, pourquoi pas?

M. HACHIS

Ce matin^ nous avions une noix de veau excellente.

LE COMTE

Eh bien, donnez-la-moi.

M. HACHIS

Ouij mais il y a deux messieurs qui lont mangée. Cela ne fait rienj, on donnera autre chose à monsieur le Comte.

LF COMTE.

Mais quoi?

M. HACHIS

Madame Thomas, si nous avions cette outarde de 1 autre jour...

Est-ce qu'il y en a dans ce pays-ci?

M°i» THOMAS.

Ouij monsieur, quelquefois.

LE COMTE

Et vous ne pourriez pas en avoir une?

M. HACHIS

Oh , mon dieu , non.

LE COMTE

Pourquoi dit-il que vous en aviez une l'autre jour ?

M™e THOMAS.

Ce n'est pas nous , ce sont des voyageurs qui passent par ici, et qui nous en font voir quand ils en ont ; et cjuand il dit l'autre jour, il y a plus de six mois.

M. HACHIS

Six mois! il n'y en a pas trois.

i88 l'enragé.

]^jme THOMAS.

Je dis qu il y en a six , puisque c'était le jour du mariage de.M. le bailli.

BI. HACHIS

Vous croyez?

j^ime THOMAS.

J'en suis sûre.

LE COMTE

Oui ', mais avec tout cela , je meurs de faim , et je ne sais pas encore ce que j'aurai à souper.

3ime THOMAS.

Il n'y a qu'à commencer par faire une fricassée de poulets.

M. HACHIS

Oui , cela se peut faire , et cela n'est pas long.

LE COMTE

Eh bien, allez donc toujours. Nous verrons après.

, M. HACHIS

Allons, allons, (il s'en va et il revient.) Je pCUSC à UUC cllOSC :

nous n'en avons pas de poulets , nous n avons que ceux qui sont éclos ce matin, et ils sont trop petits.

3ime THOMAS.

Eh bien , nous donnerons autre chose à monsieur.

LE COMTE

Mais dépêchez-vous.

M™e TH03IAS.

Il n'y a qu'à faire une compote de pigeons.

M. HACHIS

Vous savez bien que , depuis qu'on a jeté un sort sur le colombier, il n'y en revient plus.

j^jme THOMAS.

C'est vrai, je n'y pensais pas.

LE COMTE

Mais donnez-moi de la viande de boucherie, et finissons.

3Iiue THOMAS.

Monsieur l'écuyer n'est pas long , il est accoutumé à servir promplement.

L ENRAGÉ. iSg

LE COMTE

Donnez-moi des côtelettes.

M. HACHIS

On a mangé les dernières à dîner.

LE COMTE

N'y a-t-ilpas ici un boucher?

M°»e THOMAS.

Oui, monsieur, mais c'est aujourd'hui jeudi 5 il ne tuera que demain.

LE COMTE

Quoi , je ne pourrai donc rien avoir .'

M. HACHIS

Pardonnez-moi ^ mais c'est qu'il îaut savoir le goût de monsieur.

LE COMTE

Mais j'aime tout , et vous n'avez rien.

M. HACHIS

Si monsieur voulait un gigot , par exemple ?

LE COMTE

Oui 5 et vous n'en aurez pas 7

M. HACHIS

Je vous demande pardon , nous en avons un.

LE COMTE

Ah , voilà donc quelque chose I Et il sera bien dur?

M. HACHIS

Non , monsieur, il sera fort tendre , j'en réponds.

LE COMTE

Eh bien ^ mettez-le à la broche tout de suite.

M. HACHIS

Allons , allons , il sera bientôt cuit.

LE COMTE

Vous n'avez pas autre chose ?

M. HACHIS

Non , monsieur , pour le présent j mais si vous repassiez dans huit jours...

IQO L EÎ^RAGE.

LE COMTE

Eh , va te promener. Allons , ne perdons pas de temps.

ai. HACHIS.

J'y vais , j'y vais.

mme THOMAS.

Et moi 7 je m'en vais mettre le couvert en attendant.

LE COMTE

Allons, dépêchez-vous tous les deux.

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