SCÈNE VIII
M™« DE BRECOURT, M. DE BRECOURT.
M™e DE BRECOURT.
Quoi, monsieur, vous voilà déjà?
M. DE BRECOURT, troublé, agité.
Oui, madame, me voilà.
]>ime pE BRECOURT.
Qu'avez-vous donc? est-ce encore quelque nouvelle folie.
M, DE BRECOURT.
Non, madame, ce n est pas une folie.
Mme DE BRECOURT, langoureusement.
Vous m'épouvantez! Que vous est-il donc arrivé?
M. DE BRECOURT.
Vous m'avez dit que le Marquis n'était pas venu ici?
Mme DE BRECOURT.
Oui, monsieur. Quoi, c'est encore cela?
M. DE BRECOURT,
Oui, madame, vous avez le front de me soutenir qu il n'est pas venu.
M"ie DE BRECOURT.
Pourquoi ne le soutiendrals-je pas?
M. DE BRECOURT,
Parce que cela n'est pas vrai.
M»"e DE BRECOURT.
Allons, monsieur, vous rêvez. Si vous allez tous mettre à me tourmenter comme cela, je n'y tiendrai pasj je vous en avertis.
M. DE BRECOURT.
Quand on ne fait que des choses honnêtes, on n'a pas recours au mensonge.
Mme DE BRECOURT.
Je vous dis ce qui estj et je vous prie de rtae laisser.
M. DE BRECOURT.
Non, madame, vous ne dites pas la vérité. Il est peut-éti'e ici encore au moment que je vous parle.
M^e DE BRECOURT.
Eh bien, monsieur, cherchez si vous ne m'en croyez pas.
M. DE BRECOURT.
Je n'ai pas besoin de chercher pour vous convaincre.
m^^ DE BRECOURT.
Comment donc?
M. DE BRECOURT.
Tenez, madame, voilà son chapeau que j'ai pris sur ce fauteuil, au lieu du mien.
M'"c DE BRECOURT.
Son chapeau?
M. DE BRECOURT.
Ouij voyez le cachet.
Mme DE BRECOURT, prenant le chapean, le regarde, et le lui rend.
Eh bien, s'il est meilleur que le vôtre, vous n'avez pas perdu au change.
M. DE BRECOURT.
Vous le prenez sur ce ton-là, madame j eh bien, nous nous séparerons.
M™e DE BRECOURT, se levant et s'en allant.
A la bonne heure.
M. DE BRECOURT, la suivant.
Je vais trouver tous vos parents, et leur rendre compte de votre conduite.