AU GRO» SEL
CLAUDE
Me voilà, roe voilà!
M. DESPRÉS
Allons, cela sent bon.
M. DUPONT
Ma foi, j'ai faim. Avez-vous diné, vous, madame Minol?
BI™e MINOT.
Ah, Monsieur! je ne dîne pas de si bonne heure^
M. DESPRÉS
Mais aujourd'ljui vous n'aurez plus personne.
M. DUPONT
Allons, dînez avec nous.
M"^e MINOT.
Vous me faites bien de Thonneur^ mais je ne le peux pas.
M. DESPRÉS
Quelles façons! (lise lève, la mène et la fait asseoir.) AlloUS, mCttez-
vous là.
M^^ MINOT
Mais je ne prendrai pas votre place du moins.
M. DESPRÉS
Pourquoi cela? IS'en voilà-t-il pas une autre? Allons, sers madame Minot, Dupont.
M. DUPONT
Je ne demande pas mieux. Tenez, madame, un peu de sauce. Allons, Després, à toi.
(Us boivent et mangent.)
M. DESPRÉS
Madame Minot, est-ce que vous n'avez pas encore pensé à vous remarier?
M™« MINOT
Non, monsieur, je ne suis point lasse encore d'être vcuvcj quand on est bien, il faut s'y tenir.
M. DUPONT
Mais vous étiez bien aussi quand vous étiez mariée?
]>ime MINOT.
Ah! comme ça, tantôt haut, tantôt bas. Il n est rien tel que d'être sa maîtresse.
M. DESPRÉS
Ma foi, VOUS avez raison. Allons, buvons un coupj car le
chapon est un peu salé. (Il verse à boire.) M. DUPONT.
Il faut qu il soit comme cela.
M. DESPRÉS
Je le sais bien ^ il est fort bon.
M. DUPONT
A votre santé , madame Minot.
Et moi aussi , de tout mon cœur.
M™e MINOT.
Messieurs , je vous suis bien obligée.
(Us boivent tous trois.)
M. DUPONT
Eh î je crois que voilà Guarini.
M™e MINOT.
Oui , il a dîné ici.