LABBÉ, M"^« BERTRAND , BABET
M«"e BERTRAND.
Ah , monsieur TAbbé I...
l'abbé.
Qu est-ce que vous voulez , madame Bertrand?
M™e BERTRAND.
C est que nous croyons entendi e hurler le chien de dame Anne.
Est-ce qu'elle n'y est pas ? »
BABET
Non , elle est sortie ; et elle nous a dit qu'elle ne reviendrait pas de sitôt.
M'n« BERTRAND.
Mais , il y a long-temps. Ouvrez donc , que nous voyous si son chien y est.
L ABBÉ 'j fouillant dans sa poche.
Bon , je n'ai pas ma clef à présent. Tout me contrarie aujourd'hui!
W^e BERTRAND.
C'est bien malheureux î Nous aurions sûrement trouvé le chien .
l'abbÉ.
Ce n'est pas le chien que je voudrais trouver. Comment (aire?
Mf"« BERTRAND.
Si vous voulez quelque chose , monsieur l'Abbé. . .
DE COURE-DÎNER. OOy
l'abbé.
Je voudrais dîner.
3I»n^ BERTRAND.
Vous n'avez pas dîné?
l'abbé.
Et non , vraiment.
M™® BERTRAND
Tu vois bien, Babet, quil nest pas si tard que tu disais.
l'abbé.
Eh parbleu , si fait , il est tard.
BABET
Vous voyez bien aussi que j'ai raison, ma mère.
M™^ BERTRAND
Allons , tais-toi.
l'abbé.
Il faut bien que je m'en aille. Écoutez , madame Bertrand.
Mine BERTRAND.
Oui , monsieur TAbbé.
L abbé.
Vous direz à dame Anne de mettre le gigot a la broche tout-à-l'heure.
Mme BERTRAND.
Oui , monsieur l'Abbé.
BABET
Mais elle ne reviendra pas de long-temps.
M°^e BERTRAND.
Qu'est-ce que cela fait? Écoutons M. l'Abbé.
l'abbÉ.
Cela fait tout. Qu'elle me fasse une soupe à l'oignon et «ne omelette , pendant que le gigot cuira.
M™« BERTRAND
Oui , monsieur l'Abbé.
BABET
Elle ne reviendra pas avant sept heures ; car elle a dit qu'elle ne serait de retour qu'à la nuit.
3o8 l'abbé de coure-dîner.
M™e BERTRAND.
Veax-tu te taire?
L ABBÉ
A sept heures ?
BABET
Oui, monsieur TAbbé,
l'abbé.
Il en sera plus de huit , quand tout cela sera fait.
babet.
Au moins.
l'abbé.
Allons , je m'en vais prendre une tasse de café au lait 5 et j'irai à la comédie en attendant. Dites-lui bien de faire tout ce que je vous ai dit , entendez- vous 7
M^»® BERTRA]^D.
Oh, oui, monsieur l'Abbé, nous n'y manquerons pas.
l'abbé.
Adieu, madame Bertrand ; je vous serai bien obligé, (il s'en va.;
M™^ BERTRAND
Monsieur , je suis bien votre servante. Tu es bien aise qu'il n'avait pas sa clef, à cause du chien?
BABET
Pour cela non ; car vous auriez vu qu'il n'y était pas.
M^e BERTRAND.
Allons , allons , rentre travailler, et ne me raisonne pas davantage.
(Elles rentrent toutes les deux)