‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 174 sur 206 · LABBÉ, M"^« BERTRAND , BABET · texte numérisé non relu

LABBÉ, M"^« BERTRAND , BABET

M«"e BERTRAND.

Ah , monsieur TAbbé I...

l'abbé.

Qu est-ce que vous voulez , madame Bertrand?

M™e BERTRAND.

C est que nous croyons entendi e hurler le chien de dame Anne.

Est-ce qu'elle n'y est pas ? »

BABET

Non , elle est sortie ; et elle nous a dit qu'elle ne reviendrait pas de sitôt.

M'n« BERTRAND.

Mais , il y a long-temps. Ouvrez donc , que nous voyous si son chien y est.

L ABBÉ 'j fouillant dans sa poche.

Bon , je n'ai pas ma clef à présent. Tout me contrarie aujourd'hui!

W^e BERTRAND.

C'est bien malheureux î Nous aurions sûrement trouvé le chien .

l'abbÉ.

Ce n'est pas le chien que je voudrais trouver. Comment (aire?

Mf"« BERTRAND.

Si vous voulez quelque chose , monsieur l'Abbé. . .

DE COURE-DÎNER. OOy

l'abbé.

Je voudrais dîner.

3I»n^ BERTRAND.

Vous n'avez pas dîné?

l'abbé.

Et non , vraiment.

M™® BERTRAND

Tu vois bien, Babet, quil nest pas si tard que tu disais.

l'abbé.

Eh parbleu , si fait , il est tard.

BABET

Vous voyez bien aussi que j'ai raison, ma mère.

M™^ BERTRAND

Allons , tais-toi.

l'abbé.

Il faut bien que je m'en aille. Écoutez , madame Bertrand.

Mine BERTRAND.

Oui , monsieur TAbbé.

L abbé.

Vous direz à dame Anne de mettre le gigot a la broche tout-à-l'heure.

Mme BERTRAND.

Oui , monsieur l'Abbé.

BABET

Mais elle ne reviendra pas de long-temps.

M°^e BERTRAND.

Qu'est-ce que cela fait? Écoutons M. l'Abbé.

l'abbÉ.

Cela fait tout. Qu'elle me fasse une soupe à l'oignon et «ne omelette , pendant que le gigot cuira.

M™« BERTRAND

Oui , monsieur l'Abbé.

BABET

Elle ne reviendra pas avant sept heures ; car elle a dit qu'elle ne serait de retour qu'à la nuit.

3o8 l'abbé de coure-dîner.

M™e BERTRAND.

Veax-tu te taire?

L ABBÉ

A sept heures ?

BABET

Oui, monsieur TAbbé,

l'abbé.

Il en sera plus de huit , quand tout cela sera fait.

babet.

Au moins.

l'abbé.

Allons , je m'en vais prendre une tasse de café au lait 5 et j'irai à la comédie en attendant. Dites-lui bien de faire tout ce que je vous ai dit , entendez- vous 7

M^»® BERTRA]^D.

Oh, oui, monsieur l'Abbé, nous n'y manquerons pas.

l'abbé.

Adieu, madame Bertrand ; je vous serai bien obligé, (il s'en va.;

M™^ BERTRAND

Monsieur , je suis bien votre servante. Tu es bien aise qu'il n'avait pas sa clef, à cause du chien?

BABET

Pour cela non ; car vous auriez vu qu'il n'y était pas.

M^e BERTRAND.

Allons , allons , rentre travailler, et ne me raisonne pas davantage.

(Elles rentrent toutes les deux)

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