‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 19 sur 206 · SUR LES PROVERBES. IXXÎX · texte numérisé non relu

SUR LES PROVERBES. IXXÎX

contre lesquels Érasme exhale toule ramerlume de sa colère. Je ne rangerai pas parmi eux Slobée et Phocilide ; quoique leurs préceptes puissent être représentés sous la forme de proverbes, l'extension qu'ils leur ont donnée et la gravité du sujet , font plutôt regarder leurs ouvrages comme des commentaires de morale, que comme des saillies de matière enjouée et proverbiale.

5°. Pylhagore a fait des symboles ou expressions figurées , qu'Érasme n'hésite point à nîettre au rang des proverbes,

6°. Plutarque a recueilli les bons mots des Grecs dans ses apophlhegmes. Enfin on peut citer parmi les auteurs qui ont écrit des apophthegmes, des sentences ou des espèces de proverbes, Antoine Panorme, yEneas Sylvius, Galeottus Martius et Lycostenes.

§. IL Des modernes.

1 ^ Parmi les modernes, Érasme , né en 1 467 , à Rotterdam, occupe le premier rang. Cet infatigable et ingénieux écrivain a recueilli et commenté plus de cinq mille proverbes extraits des auteurs grecs et latins , sous ce titre : Ada- (jiorum omnium tam grœconim qiiam latinorum aureum flumen, etc. , etc. ; et il avoue que cette moisson qu'il a eu tant de soin de récolter, eiàt été beaucoup plus abondante s'il eût eu à sa disposition les auteurs originaux si mutilés par Zenobius , Diogénien et Suidas, dont nous avons parlé plus haut.

2°. Apostolicus, antérieur à Érasme, né à Constantinople dans le XY** siècle, a composé un recueil d'apophthegmes, de proverbes, et autres choses utiles, sous le nom de

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Violier. On en a extrait un recueil de proverbes dont a plus ample et la meilleure édition grecque et latine parut à Leyde [Lugduni Batavoruni) en 1619.

3°. Crocus (Corneille), jésuite, né à Amsterdam et mort en i55o, se montra l'ennemi d'Erasme en attaquant ses adages. Il lui opposa des adages et des colloques de sa façon, imprimés à Anvers , en i536, in-8°.

4°. Henri Ltienne , second du nom , fils de Robert Etienne, imprimeur célèbre, et né en i528, persécuté pour son livre licencieux de V Apologie pour Hérodote, dans lequel il a montré moins de justice que d'animosité contre les gens d'église , a composé un ouvrage sur les proverbes, intitulé : Les Prémices, ou le premier livre des Proverbes épigrammatisés , ou des Epigrammes proverbiaiisées > et imprimé en 1 694 , in-8**.

5". Polydore Yergile, et non Virgile, a composé un traité sur les proverbes.

6^ Christine de Pisan , née en 1064, à Venise selon quelques-uns, h Bologne selon d'autres, a laissé des ouvrages manuscrits, et déposés à la bibliothèque royale, parmi lesquels se trouvent des proverbes moraux que La Monnoie lui attribue.

7°. Jean de la Vesprie, prieur de l'abbaye de Clairvaux, vivant en i495 , a recueilli plusieurs proverbes français, que Jean-Gilles de Nocère ou des Noyers a traduits en vers latins, et rangés par ordre alphabétique. Ce recueil a été imprimé à Paris, en lôig, par Josse-Badius; il a été augmenté d'un grand nombre de proverbes, et réimprimé eu 1ÔÔ2.

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8°. Pierre Grosnet ou Grognet, né à Toucy, près d'Auxerre, vers la fin du i5^ siècle, a recueilli, i° les Sentences et les mots dorés de Sénèque, en un volume, imprimé à Paris en i534; 2° les mots dorés du sage Galon^ imprimés en i543. Nicolas Trivet, jésuite, doute que Gaton soit l'auteur du livre des maximes intitulé Calunculas : il l'attribue au célèbre déclamateur Porlîus Latro. 3° Adages , proverbes et dits moraux , imprimés à Paris , in-8% par Denis Janot.

g*". Gharles de Bovelles, né à Amiens avant i5oo, chanoine à Noyon , mort en i535, a écrit, 1" les Proverbes et dits sentencieux, avec interprétation d'iceux, imprimés à Paris en lÔSj; 2° Étymologies françaises, imprimées par Robert Etienne, en i533.

10*. René Guillon , né à Vendôme en i5oo, était un grand définisseur de proverbes, suivant Lacroix du Maine,* et dans ses Leçons de langue , dont il était professeur, il ne négligeait pas de donner l'étymologie de ceux qui s'offraient à son érudition.

1 1^ Pierre Gringore, surnommé La Mère sotte, a composé des notables enseignements, adages et proverbes, par quatrains, imprimés à Paris en 1 5 28.

12°. Gilbert Gousin , né en i5o5, à qui l'on peut appliquer ce proverbe, tel maître, tel valet ^ était secrétaire d'Erasme, et, à l'exemple de son maître, il a contribué à grossir déplus de 5oo proverbes le recueil d'Érasme, qui a été imprimé m- /b/. , à Gologne, en 1612.

i3°. Corrozet (Gilles) , né à Paris en i5io, et libraire, a composé un ouvrage en vers, intitulé Hécatongraphie ,

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imprimé in-8% à Paris, en i54o. Ce sont des quatrains au nombre de loo, dans lesquels l'a uleur commente des proverbes anciens et modernes.

i4**. Sartor ou Sartori (Jean) a laissé un ouvrage sous ce lilre : Joannis Sartori adagiorum chiliades très ^ slve sententiœ proverbiales grecœ, latinœ et belglcœ ex precipuis aiitoribus coUectœ, ex rccensione Cornelii Schrevelii. Lugd. Batav. m. dc. lvî. Cet ouvrage est curieux par l'érudition et les recherches Savantes dont il est rempli.

1 5°. Junius (Adrien) , né à Horn en Hollande , en 1 5 1 1 , médecin savant dans les langues et les belles-lettres , a composé un recueil de 8oo proverbes grecs el latins , accolés à ceux d'Érasme, imprimés à Genève en 1612, in- fol,

î6°. Manuce (Paul), né à Venise en i5i2, a laissé un ouvrage qu'Érasme pourrait plutôt revendiquer comme sien; en effet, il en composa les trois quarts. Il est intitulé : Adagia quœcumque ad liane diem exierunt Pauli jfianutii studio collecta, in-4*«

17°. De Baïf (Jean-Antoine) , d'une famille originaire

d'Anjou , et né à Venise en i5?i, peut être mis au rang des parémiographes. Les sixains qu'il nous a laissés ne sont composés que de proverbes.

l8^ Pintianus (Frédéric), espagnol, a recueilli 3ooo proverbes, qu'il a traduits des proverbes italiens et français en espagnol, au rapport d'André Scholtus. C'était un homme d'un grand savoir et d'une vaste érudition.

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19". Le Bon (Jean) , médecin du cardinal de Guise, né en Bassio:ny, a écrit des adages ou proverbes français, imprimés in 8°, à Paris, dans le iQ'' siècle.

20**. Goedt Hais (François), flamand, vivant au iG^ siècle, a donné, en français, un recueil de proverbes anciens,flamands et français, correspondants de sentences les uns aux autres, imprimé à Anvers, chez Christophe Plantin.

21°. Béroald de Verville, dans un livre singulier^ intitulé Le moyen de parvenir, a donné l'origine de quelques proverbes; mais ses interprétations sont si licencieuses, que la pudeur les repousse et que la plume se refuse à les tracer.

22**. Meurier (Gabriel) , né vers i55o, a composé un ouvrage intitulé : Trésor de Sentences dorées. Proverbes et dits communs y imprimé à Paris et à Lyon, en lôyy. II y en a une autre édition de Paris, i582. Meurier possédait très-bien l'anglais et le flamand. Son ouvrage est un vrai trésor de proverbes, de dictons, de sentences proverbiales , eu égard à la quantité ; mais la qualité ne s'y joint pastoujours. Outre le défaut d'une répétition fastidieuse , il donne dans les quolibets et les jeux de mots, qui ont bien souvent besoin de commentaires. Ce défaut nuit à l'intelligence du texte. La clarté est une qualité essentielle au proverbe, qui demande à être saisi ex abrupto.

23°. Grudé de la Croix du Maine (François), né en i552, dit qu'il faisait partie de douze auteurs qui avaient écrit sur les proverbes et les adages français ; mais ces

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auteurs nous sont inconnus. Il affirme en outre qu'il avait composé un ouvrage sur les proverbes français , avec leur interprétation.

24°- Ammirato (Scipione) , né à Lecce, au royaume de Naples, en i55i, mort à Florence en 1601, a écrit un Traité sur les proverbes italiens, qui est fort estimé.

s5". Régnier (Malhurin), poêle satirique, né à Chartres , en 1073, et mort en 161 5. Ses satires sont remplies d'expressions proverbiales. Sa deuxième satire est, comme l'on sait, dédiée au comte de Cramail ou de Carmain, l'auteur de la comédie des Proverbes, Sorel, dans ses Remarques, a repris Régnier de sa manie de se servir de loculions trop fr.milières. « Que si, au reste, dit -il, j'ai quelques proverbes , tous ceux qui parlent bien , les disent aussi-bien que moi. Que serait-ce donc si je disais comme Régnier: c'est pour votre beau ii^^z que cela se fait. — Fous parlez baragouin. — Fous nous faites des bona^ dlex. — Fous mentez par votre gorge. — Fous faites la figue aux autres. — Je réponds d'un riz de Saint- Médard; comme un komine sansverd.n Cette critique n'empêche point que Régnier ne soit un poète plein de verve et d'imagination. La Fontaine a copié Régnier dans la traduction de ce proverbe espagnol, de cosario a cosario ne se levan que los barilles; de corsaire à corsaire il n'y a que des barils d'eau à prendre.

Régnier :

Pour moi, j'en suis d'avis, et connais à cela Qu'ils ont un bon esprit. Corsaires à corsaires , L'un l'autre s' attaquant, ne font pat leurs affaires.

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La Fontaine, liv. iv, fable xii :

Qi)'eftt-il fait ? c'eûi été lion contre lion,

Et le proverbe dit : Corsaires à corsaires ,

L'un l'autre s' attaquant, ne font pas leurs affaires,

Boileau, dans son épigramme xxvii, a dit:

Apprenez un mot de Régnier, Notre célèbre devancier :

Corsaires attaquant corsaires, Ne font pas, clit-iiy leurs affaires.

26°. DeBelingen (Fleury) est un de ceux qui se sont le plus adonnés à ce genre d'érudition. Son ouvrage intitulé, Etymologie des proverbes fraiiçais , a été imprimé in-8**. II existe en outre de cet auteur un petit traité intitulé, c/e5 Premiers cssays des proverbes , à la HayCy

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a;'*. Moisant de Brieux (Jacques), né à Caen, vers 1614. On a de lui un ouvrage rare et fort recherché, intitulé : Origines de quelques anciennes façons de parler triviales, in-i^. Les recherches auxquelles i'auteur s'est livré, sont curieuses et intéressantes.

28''.Ménage (Gilles). On a de lui un Dictionnaire étymologique ou orlgirws de la langue française, 2 vol. in-f°. , 1750 , qui peuvent être très-utiles pour réclaircissement des proverbes. •

29°. Adrien de Montîuc, comte de Cramai!, né en i568, est auteur d'un ouvrage singulier, intitulé, la Comédie des Proverbes, et imprimé en i644, in-8°. Tout le dia-

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îo<5ue de celle pièce consiste en proverbes enchâssés les uns dans les autres, el quelquefois sans beaucoup dégoût et de justesse.

5o°. Le Duchat (Jacob) , né à Metz, en i558, a fait quelques remarques sur les proverbes français par ordre alphabétique; voyez le Ducat iana y 2 vol. in-12. Amsterdam , 1708.

3i°. Mezeray (Eudes) , historiographe de France, a composé un petit traité de proverbes , et autres façons de parler qui sont particulières h l'Espagne; il se trouve dans un ouvrage intitulé. Mémoires curieux envoyés de Madrid, et imprimé à Paris, in- 18, 1670.

32". Duret (Claude), né à Moulins, en Bourbonnais, et président au présidial de celte ville. Cet auteur est un très- mauvais critique, mais on trouve des passages curieux, et une nomenclature prodigieuse d'auteurs cités à tout moment dans son ouvrage intitulé : Trésor de l' histoire des langues de cet univers , contenant les origines , beautés, perfections , décadences, mutations , conversions des langues qu'il traite, et dont le nombre s* élève à cinquante-six. Il y disserte sur l'origine de beaucoup de proverbes; cet ouvrage a été imprimé en 161 3.

33°. Turnebe (Adrien), né en i5i2 el mort en i585, a composé des traités particuliers, parmi lesquels se trouvent un grand nombre de proverbes.

34°. Oudin a composé les Curiosités françaises ou recueil de plusieurs belles propriétés , avec une infinité de proverbes , imprimé à Paris , en 1640. 11 est appelé au titre de l'ouvrage, Antoine; j'ignore si c'est le même que

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César Oudin , secrétaire- interprète du roi , qui a traduit en français , le^ r=: Uefranes ou proverbtos Castellanos. II y a plusieurs éditions de cet ouvrage ; la plus complète est celle de iGSg.

55°. Le Roux (P. J.) , Français réfugiée Amsterdam , a publié le Dictionnaire comiquè-satyrique burlesque, li^ bre et proverbial. La meilleure édition de ce dictionnaire est celle de Paris, 1786, 2 volumes in-8°. Cet ouvrage est rempli d'obscénités et de cilalions extraites du Capinet satyrique. On peut juger de la forme de cet ouvrage par le fonds où il a été puisé. Le 2* volume passe pour n'être pas du même auteur.

5G". Jean Marie , né à Vernon , et religieux du couvent de Nazareth , a composé un ouvrage dédié au chancelier Scguier , et intitulé , le divertissement des Sages. C'est une suite de discours où l'auteur s'efforce de donner la définition et l'origine des proverbes qu'il traite , mais les reflexions qui y ont rapport se trouvent égarées dans un labyrinthe d'érudition ascétique convenable à l'état de l'auteur, mais peu agréable au plus grand nombre des lecteurs.

07°. Tuet, chanoine de Sens, sa patrie, a parfaitement étudié son sujet. Il a puisé aux meilleures sources. Il y a beaucoup d'ordre et d'érudition dans son ouvrage, intitulé , Matinées senonoises ou proverbes français suivis de leur origine, etc. , et imprimé à Sens , in 8°., 1789. Cet ouvrage est devenu assez rai^e depuis que les Anglais, amateurs des adages et des proverbes , Font épuisé en France. Ceci m'amène naturellement h une réflexion. Je

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regrelle que l'on puisse nous adresser un reproche mérité. Nous ne tenons pas assez à nos richesse^s. Je voudrais pour noire gloire , que nous missions autant d'amourpropre h conserver les œuvres de nos vieux écrivains , que les étrangers mettent d'empressement et de satisfaction à nous les ravir. Je crois ici servir les vœux et les intérêts des bibliophiles français.

38^ M. de la Mésangère vient de faire paraître un ouvrage ini\iu\é f Dicttonnah'e des Proverbes français^ Paris, 1821, chezTreuttelet Wiirtz.Cet homme de lettres, instruit autant que modeste, a enrichi la matière de recherches curieuses et savantes, et l'a assaisonnée de réflexions judi^ cieuses qui ajoutent de l'agrément au mérite de l'ouvrage.

Il existe encore beaucoup d'autres ouvrages sur cette matière, nous ne citerons que les suivants.

1. Histoire des proverbes , Paris, 1800, in-12. Ce n'est qu'un abrégé de l'ouvrage du chanoine Tuet , mais sans l'ordre suivi par l'auteur des Mati^ièes senoiioises.

2. Les illustres proverbes historiques et nouveaux , 2 v. in-12, i665, ne sont qu'une copie indigeste de l'ouvrage de Fleury de Belingen.

o. Recueil de proverbes allemaiids, flamands, anglais^ italiens et fraiiçais, in> 1 2, imprimé à Francfort, en 1 Go 1 . Cet ouvrage est fort rare.

4. Proverbes et expressions proverbiales des meilleurs auteurs latins, avec une traduction et les proverbes français correspondants en regard du texte, par M. Francis Le Vasseur, Paris, 1811. C'est un petit abrégé d'Éras-

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me et des meilleurs auteurs latins , des Refranes Castellanos d'Oudin, et des proverbes italiens, qui ne manque pas de mérite par sa concision.

5. Dictionnaire des proverbes finançais et des façons de parler, comiques et burlesques, Paris, lyAo» H y a eu une autre édition de cet ouvrage , en 1 758.

6. Bonne réponse à tous propos. Ouvrage traduit de l'italien en notre vulgaire français; Paris, V^ Bonfons, sans date.

' 7. Proverbes en rimes,, ou rimes en proverbes, 2 parties , Paris, chez Gabriel Quinet, 1664.

8. La Perla. — Proverbios morales de Alonzo de Barros, criado del rey nuestro senor en Zaragoça, anno 1664. •

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