M. D'ORVILLE, M. FRÉMONT, LA BRIE, COMTOIS
LA BRIE, annonçant.
M. Frémont.
M. FRÉMONT
Hé bien, la médecine depuis ce matin?
M. d'orville.
Ali, monsieur, elle m'a donné un appétit dévorant.
M. FRÉMONT
Tant mieux , cela prouve qu'elle a balayé le reste des humeurs.
COMTOIS
C'est ce que nous avons dit à monsieur.
M. d'orville.
Mais , monsieur, je meurs de faim.
M. FRÉMONT
N'avez-Tous pas mangé votre aile de poulet, comme ^e vous Favais ordonné 7
lA BRIE.
Bon! Monsieur a bien plus fait, il a mangé le poulet tout entier.
M. FRÉMONT en colère.
Le poulet entier ?
COMTOIS
Et bu sa bouteille de vin.
M. FRÉ3I0NT
Sa bouteille de vin el un poulet î
M. d'or VILLE.
Eb , monsieur, Je mourais de faim.
M. FRÉMONT en colère.
Vous mouriez de faim ! Vous n êtes pas plus raisonnable que cela?
M. d'oRVILLE.
Eb, monsieur, c'est comme si je n avais rien mangé, je me sens toujours le même besoin.
M, FRÉfllONT en colère.
Le même besoin I N êtes-vous pas bonteux? Ne voyez-vous pas que ce sont vos entrailles qui sont irritées?
M. d'oRVILLE.
Mais, monsieur, considérez...
M. FRÉMONT en colère.
Je vous ordonne une aile de poulet, et Allez , allez,
monsieur, avec une intempérance comme celle-là, vous ne méritez pas qu'on s'altacbe à vous , et qu on en prenne
soin.
M. d'oRVILLE.
Mais, je vous prie.,.
M. FRÉMONT
Non y mousieur 5 il faut vous mettre à la diète pendant huit jours.
M. d'oRVILLE.
Ah , monsieur Frémont I
M. FRÉMONT
A Feau de poulet.
*M. d'or VILLE.
A Teau de poulet?
M. FRÉMO?JT.
Oui, si vous ne voulez pas avoir une maladie épouvantable, une luflainmation!.... Ou ]jien je ne vous verra! pKis , je ferai mieux.
M. d'orville.
Quoi , monsieur Frémont , vous pourriez m'abandonner 7
M. FRÉMONT
Oui, monsieur, si vous ne faites tout ce que je vous dirai.
M. d'orville. Mais , monsieur, rien que de Teau de poulet?...
M. FRÉaiONT.
Ah, vous ne voulez pas? Adieu, monsieur.
M. d'oRVILLE.
Et non , monsieur, j'en prendrai. Allez-vous-en tous deux, dire qu'on en fasse tout à Flieure.
LA BRIE
Oui, monsieur. •
BI. FRÉMONT
Non pas pour aujourd'hui ,• de l'eau de chiendent seulement.
m. d'orville.
De l'eau de chiendent ?
M. FRÉMONT
Oui , monsieur , il faut laver.
M. d'oRVILLE.
Et vons reviendrez?
M. FRÉMONT
A celte condition-là.
M. d'oRVILLE.
Si vous mêle promettez , je ferai tout ce que vous voudrez. Je vais vous suivre jusqu'à ce que vous m'ayez donné votre parole.
M. FRÉMONT
Nous verrons comment vous vous conduirez.
(Ils sortent.)