‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 33 sur 206 · M. D'ORVILLE, M. FRÉMONT, LA BRIE, COMTOIS · texte numérisé non relu

M. D'ORVILLE, M. FRÉMONT, LA BRIE, COMTOIS

LA BRIE, annonçant.

M. Frémont.

M. FRÉMONT

Hé bien, la médecine depuis ce matin?

M. d'orville.

Ali, monsieur, elle m'a donné un appétit dévorant.

M. FRÉMONT

Tant mieux , cela prouve qu'elle a balayé le reste des humeurs.

COMTOIS

C'est ce que nous avons dit à monsieur.

M. d'orville.

Mais , monsieur, je meurs de faim.

M. FRÉMONT

N'avez-Tous pas mangé votre aile de poulet, comme ^e vous Favais ordonné 7

lA BRIE.

Bon! Monsieur a bien plus fait, il a mangé le poulet tout entier.

M. FRÉMONT en colère.

Le poulet entier ?

COMTOIS

Et bu sa bouteille de vin.

M. FRÉ3I0NT

Sa bouteille de vin el un poulet î

M. d'or VILLE.

Eb , monsieur, Je mourais de faim.

M. FRÉMONT en colère.

Vous mouriez de faim ! Vous n êtes pas plus raisonnable que cela?

M. d'oRVILLE.

Eb, monsieur, c'est comme si je n avais rien mangé, je me sens toujours le même besoin.

M, FRÉfllONT en colère.

Le même besoin I N êtes-vous pas bonteux? Ne voyez-vous pas que ce sont vos entrailles qui sont irritées?

M. d'oRVILLE.

Mais, monsieur, considérez...

M. FRÉMONT en colère.

Je vous ordonne une aile de poulet, et Allez , allez,

monsieur, avec une intempérance comme celle-là, vous ne méritez pas qu'on s'altacbe à vous , et qu on en prenne

soin.

M. d'oRVILLE.

Mais, je vous prie.,.

M. FRÉMONT

Non y mousieur 5 il faut vous mettre à la diète pendant huit jours.

M. d'oRVILLE.

Ah , monsieur Frémont I

M. FRÉMONT

A Feau de poulet.

*M. d'or VILLE.

A Teau de poulet?

M. FRÉMO?JT.

Oui, si vous ne voulez pas avoir une maladie épouvantable, une luflainmation!.... Ou ]jien je ne vous verra! pKis , je ferai mieux.

M. d'orville.

Quoi , monsieur Frémont , vous pourriez m'abandonner 7

M. FRÉMONT

Oui, monsieur, si vous ne faites tout ce que je vous dirai.

M. d'orville. Mais , monsieur, rien que de Teau de poulet?...

M. FRÉaiONT.

Ah, vous ne voulez pas? Adieu, monsieur.

M. d'oRVILLE.

Et non , monsieur, j'en prendrai. Allez-vous-en tous deux, dire qu'on en fasse tout à Flieure.

LA BRIE

Oui, monsieur. •

BI. FRÉMONT

Non pas pour aujourd'hui ,• de l'eau de chiendent seulement.

m. d'orville.

De l'eau de chiendent ?

M. FRÉMONT

Oui , monsieur , il faut laver.

M. d'oRVILLE.

Et vons reviendrez?

M. FRÉMONT

A celte condition-là.

M. d'oRVILLE.

Si vous mêle promettez , je ferai tout ce que vous voudrez. Je vais vous suivre jusqu'à ce que vous m'ayez donné votre parole.

M. FRÉMONT

Nous verrons comment vous vous conduirez.

(Ils sortent.)

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