M"« DE L'ORME, M. DE MIRVILLE, HENRIETTE
M. DE MIRVILLE
Oui mademoiselle; c'est moi qui veux savoir de vous-même, si vous m'abandonnez, si vous m'avez assez peu aimé pour consentir aujourd'hui à en épouser un autre?
M^'e DE l'orme.
Ah, cheyalier, pouvez-vous avoir cette pensée? mais si vous m'aimez encore, à quoi m'exposez-vous par cette imprudence? mou père peut nous surprendre j fuyez promptement.
M. DE MIRVILLE
Ne craignez rien, il ne me connaît pas, et il me sera facile de le tromper: mais dites-moi donc quel est votre dessein, et comment parer ce mariage odieux? il n'y a rien que je ne fasse pour le rompre, si vous y consentez, et si vous m'aimez encore,
M^le DE l'orme.
Al), chevalier, si je vous aime î.... Mais comment parvenir seulement à éloigner ce mariage?
M. DE MIRVILLE
En ayant la fermeté de refuser celui qu'on vous propose.
M^l^ DE l'orme.
MaiS;, si mon père veut absolument me forcer
M. DE MIRVILLE
Vous forcer ! le peut-il? est-il maître de vous faire signer malgré vous? Il vous mettra dans un couvent»; mais peut-il vous faire religieuse sans votre consentement? Il est question du bonheur de votre vie, du mien : vous dites que vous m'aimez, et vous croyez que je souffrirai.... m"« de l'orme.
Comment?...
M. DE MIRVILLE
Non, ne croyez pas que Dumont vous épouse tant que je vivrai.
HENRIETTE
Mais, mademoiselle, M. le chevalier a raison; qui peut engager M. votre père à faire ce mariage? Connaît-il seulement celui qu'on vous destine? C'est le fds d'un de ses anciens amisj m^ais il ne Ta jamais vu. On marie ses enfants, comme on vend son cheval; on dit toujours que c'est la meilleure acquisition qu'on puisse proposer, et l'on ne cherche qu'à s'en défaire et à se tromper l'un l'autre.
M. DE MIR VILLE
Et Ton désunit deux cœurs, que le ciel semblait avoir formés pour faire leur bonheur.
HENRIETTE
J'entends quelqu'un^ ab, c'est M. votre père, mademoiselle !
M. DE MIR VIL LE
Soyez tranquille, et laissez-moi Vj^'ire.