‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 38 sur 206 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M. DE L'ORME, M"^ DE L'ORME, M. DE MIRVILLE, M. RONSIN, HENRIETTE, UN LAQUAIS.

LE LAQUAIS

M. Ronsin.

M. DE l'orme.

Qu'est-ce que tu dis? Approche ici,

le laquais.

M. Ronsin, monsieur.

M. DE l'orme.

Ah, le voilà, M. Ronsin J Vous ne pouviez pas venir plus à propos. Asseyons-nous. Tenez, voilà mon gendre.

M. ronsin.

Monsieur^ mademoiselle votre tille doit en être contente.

M. DE l'orme.

Combien il a de renies? voilà bien comme sont les eens d'affaires , ils n'estiment un bomme que selon le revenu qu'il a; pour moi, celui-ci me plaît fort.

HENRIETTE à M. de Mirville.

Cet bomme-ci est incorruptible, je vous en avertis, et je ne sais pas comment vous sortirez de ceci.

M, DE MIRVILLE

Ma foi, ni moi non plus. Nous verrons.

M. RONSIN

Monsieur , je n'ai pas mis vos qualités , parce que je ne les savais pas. Il ne manque que cela au contrat.

M. DE MIRVILLE

Je vous les dicterai.

M. DE l'orme.

Qu'est-ce qu'il dit?

M. RONSIN

Qu'il va me dicter ses qualités.

M. DE l'orme.

Que vous êtes entêté? il vous connaît bien.

DI. RONSIN

Allons, monsieur, quand il vous plaira.

M. DE BIIR VILLE.

Mettez, Germain de Monfort, chevalier de Mirville.

M. RONSIN

Mais ce n'est pas ce nom-là que M. de l'Orme m'avait dit.

M. DE MIRVILLE

C'est qu'il ne le savait pas.

M^e DE l'orme.

Henriette, je tremble.

m. de l'orme.

Qu'est-ce qu'il dit?

M. RONSIN

Qu'il s'appelle Monfort de Mirville.

38 LE SOUUD.

I\I. DE l'orme.

Mirtil 7 c'est un nom de berger -, tant mieux , ce sera un mari constant, ma fille. Mais pourquoi Mirtil?

M. DE MIR VILLE

C est un nom de terre.

M. DE l'orme.

Cest le nom de ton père , je ne savais pas cela moi j pourquoi diable a-t-il deux noms 7

M. RONSIN

Vos qualités 7

M. DE MIR VILLE

Capitaine des grenadiers au régiment de Forez.

M. RONSIN

Fort bien.

M. DE l'orme.

Après 7

M. RONSIN

Capitaine des grenadiers au régiment de Forez.

M. DE l'orme.

Maître particulier des eaux et forets , c'est une belle charge ; mais ton père ne m'avait pas mandé un mot de cette charge. A la bonne heure.

m. RONSIN.

Monsieur de l'Orme , je ne comprends rien à cela.

M. de l'orme.

Vous entendez bien cela 7 Et moi aussi.

M. RONSIN

Mais il n'y a pas un mot de tout ce que vous m'avez dit chez moi.

M. DE l'0R3IE.

Je suis servi sur les deux toits 7 eh î mais je le crois bien, je ne fais que de bonnes aflaires , moi y signons , signons.

M. RONSIN

Mais auparavant, songez à ce que vous allez faire 3 je ne vous conseille pas de signer.

M. DE l'orme.

Si mon gendre voudra signer ?

M. DE MIR VILLE

Ah, monsieur, je ne demande pas mieux , et rien ne peut marrêter.

M. DE l'orme.

Oui , oui , vous avez raison , il est vieux et ne fait que radoter j signons, signons.

(Ils signent tous.)

M. RONSIN

Ma foi , comme vous voudrez , cela ne me fait rien du tout.

M. DE MIRVILLE

Monsieur Ronsin, il n'y a pas de votre faute, laissez les choses comme elles sont.

M. RONSIN

Moi , monsieur, quand un acte est passé et signé , je ne peux rien y changer ; si tout cela vous rend heureux , mademoiselle et vous, j'en serai charmé. Serviteur. ( 11 sort.)

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