‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 3)Chapitre 61 sur 206 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE CHEVALIER . rêvant.

Je n'aurais pas du rester. Par où m y prendre pour lui annoncer?. . . Qui m'eût dit qu un jour j'aurais pu cesser de l'aimer?. . . Cependant, il n'est que trop vrai.'. . . Est-elle moins belle, moins tendre? ]Non, voilà ce qui me désespère!... Sur le point de Tépouser, rompre sans raison... Il le faut bien... Je consens qu elle me haïsse j mais je ne veux pas que jamais elle puisse me mépriser.. . Que lui dire? que je ne Taime plus? Moi qui lui ai juré cent fois de ne vivre que pour elle, de l'adorer jusqu'au dernier soupir... Ab, quelle barbarie! je pourrais rae résoudre à lui plonger le poignard dans le sein, moi qu'elle aime! ab, que dis-je? dont elle attend le bonheur de sa \\e; je serais un monstre?.. Mais si je lui écrivais?... Oui, si je rougis de mon indifférence, je ne dois pas rougir d'une action qui prouve l'honnêteté démon âme. (il écrit.) u Mon cœur m'avait )) trompé, madame. » O ciel! elle en mourra. (Il écrit.) « Si » vous le voulez cependant, je tiendrai ma promesse, je ne )) peux pas être à une autre qu'à vous; je ne suis pas capable n d'une pareille perfidie. Je perds bien plus que vous, puis- « que rien ne pourra jamais me tenir lieu d'un amour quim'é- » tait si précieux. » Donnons cette lettre à Henriette, et fuyons

promptement. (II plie et caclictc la lettre.)

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