LA COMTESSE, LE CHEVALIER
LA COMTESSE
Quoi , chevalier, vous ! vous avez pu écrire que vous ne m'aimiez plus !
LE CHEVALIER
Aurais -je jamais pu penser que je dusse avoir un pareil reproche à vous Caii'C, sans craindre de vous offenser! Ah, comtesse, non, votre cœur n'a pu vous dicter ce billet!
LA COMTESSE
Quoi , VOUS VOUS plaignez , quand au même instant vous êtes encore plus coupable, quand je craignais tout de voti-e désespoir I...
jS LES FAUX INDIFFÊREI^^ÏS.
LE CHEVALIER
Et VOUS cles-vous trompée? Non, madame, jeu mourrai! Vivez heureuse , puisque vous pouvez Tétre encore sans moi.
LA COMTESSE
Ingrat , connaissez-vous si peu lïion cœur 1 Ah î sans doute , puisque vous avez consenti à le perdre. Quelle était mon erreur î
LE CHEVALIER
Que dites-vous, ô ciel! quelle joie insensée!
Ah , madame , si je vous parais actuellement indigue d un si doux retour, le temps, mon repentir, tout vous prouvera que c'est un égarement que je ne me pardonnerai jamais. Trop heureux, si je puis espérer qu'un jour vous me regretterez!
LA COMTESSE
Et que fais- je donc à présent?
LE CHEVALIER
Quoi , vous me pardonneriez ! Quel serait mon honheur î Vous m'aimeriez encore !
LA COMTESSE
Ai-je jamais cessé? Mon cœur n'était-il pas alarmé de tout ce que vous souffririez par ce cruel aveu ? C'est une erreur de l'esprit, que je ne puis comprendre.
LE CHEVALIER
Ah , nos cœurs ne sont pas faits pour être désunis ! ISe différons plus de former un lien dont le retard avait irrité l'amour contre nous.
LA COMTESSE
Il en deviendra plus fort et plus durahle. Oui, chevalier, rindifîérence a manqué son coup; elle va nous fuir sans retour.
LE CHEVALIER
Je jure et je sens que je vais vous aimer jusqu'au dernier
soupir. (Il lui baise la main.)