M. ©URBAIN
Monsieur l'abbé, sivous voulez du mien, il n'est pas mauvais.
l'abbé.
Volontiers. (Prenant du tabac.) Il cst très-bou. Eh bien, le portrait?
M. BERNARD
Le voilà .
l'abbé.
A merveilles! c'est cela. Elle trouve pourtant la bouche un peu grande, et il me semble que vous pourriez. . . .
M. BERNARD
Mais, monsieur, on veut qu'elle rie,
l'abbé.
Oui y j'entends bien^ cependant
M. BERNARD
Si je la diminue, elle sera sérieuse, ou le portrait ne ressemblera pas.
l'abbé.
Vous avez raison. Je lui ai dit tout celaj c'est le diable avec les femmes, n'est-ce pas, monsieur Bernard?
M. BERNARD
Ah, monsieur, à qui le dites-vous?
l'abbé.
Ne pourriez-vous pas un peu agrandir les yeux?
M. BERNARD
Mais , monsieur l'abbé , en conscience , les a-t-elle aussi grands qu'ils sont là?
l'abbé.
Je sais bien que nonj mais pour la contenter, si vous pouviez...
M. DURBAIN.
Ne voyez-vous pas , monsieur Tabbé , qu'il n'y aurait plus de proportions dans cette tète? Puisque le portrait ressemble et qu il est agréable, que veut-on de plus? l'abbé.
Moi, je pense comme vous, je le leur ai dit. Ah^ je crois pourtant que la voilà. Je vais au-devart d'elle.
M. DURBAIN. 0
Adieu, mon ami. Je te soubaite de la patience.
M. BERNARD
J'en ai grand besoin.
BI. DURBAIN.
Je m'en vais à l'Académie : vicndras-lu souper avec nous?
M. BERNARD
Je ne sais pas. Je ferai ce que je pourrai.