DE LA COMEDIE FRANÇAISE. 12C
LE MARQUIS
Non , Je veux voir un peu ce que deviendra ceci. Ta broderie est jolie.
LE VICOMTE
Oui , pas mal. As-tu joui à la paume aujourd'hui?
LE MARQUIS
Non 5 jVi essayé mes nouveaux anglais.
LE VICOMTE
Gomme cela tu ne sais pas ce qu'ils ont fait? Ah , voilà le chevalier! Chevalier, soupes- tu ce soir à la Nouvelle-France?
LE CHEVALIER
Non , certainement : il y a raille ans que je n'y ai été , et je n irai même plus.
LE VICOMTE
Ah ! ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela.
Mme DE VERi^IONT , au Chevalier.
Qu'est-ce que cela veut dire , monsieur? Quoi , vous soupez encore avec des filles? Allez , je ne veux plus vous voir.
LE CHEVALIER
Quelle folie! Comment, vous allez croire... Eh mais, fidonc!
LE VICOMTE, au Chevalier.
Tu as entendu? Je me suis diverti , et voilà le chevalier qui est querellé à présent.
LE MARQUIS
J'entends le Comte.
M™s.DE MIRVILLE.
En vérité , il est odieux d'attendre si long-temps son carrosse! Chevalier, voyez donc un peu. J'ai une migraine insupportable
nirae j)E VERMONT.
Cette sortie-ci est mortelle! Le froid vous aura saisie.
LE COMTE offrant la main à madame de Mis ville.
Allons , mesdames , voulez-vous bien venir? Madame , qu'avez-vous donc ?
M^ne CE BIIR VILLE.
Quoi, devant moi, vous avez la hardiesse!... Allez, vous méritez... Je n'en puis plus !
l3o SOUTIE DE LA COMEDIE FRANÇAISE.
LUXEMBOURG , criant.
Madame tle Mlrville ! madame de Mirville î
LE C031TE
Mais , madame, que voulez-vous donc dire?
LUXEMBOURG , criant.
Le carrosse de madame de Mirville !
Allons , le voilà.
LUXEMBOURG , criant.
Madame de Mirville î madame de Mirville, votre carrosse \
LE CHEVALIER
Veux'tu bien te taire?
(Us s'en vont.)
LE MARQUIS
Eli bien , cela n'a pas mal réussi , comme tu vois.
LE VICOMTE
A merveilles î Où soupes-tu ce soir ?
LE MARQUIS
Ma foi, je n'en sais rien , je Tai oublié.
LE VICOMTE
N'est-il pas bien tard?
LE MARQUIS
Non.
LE VICOMTE
J'ai envie d'aller chez la maréchale. Viens-y.
LE MARQUÎS.
Je le veux bien. Mou carrosse est- il là , Tancrède?