LE DUC, DUPRÉ
LE DUC eu robe-de-chanibre, s'agitant et se promenant.
Quoi, je ne pourrai pas faire un vers, un vers seulement! Ah, voyons! (iiiécrii.) Non, il est trop long. Oui, mais de cette
façon? (I16crif.) Il est trop court. (II déchire son papier.)
DUPRÉ
Mais, monseigneur, pourquoi faire ces vers vous-même, puisque vous avez tant de peine?
LE DUC
Tant de peine?... Quest-ce que c'est que cette façon de parler? ai-je jamais eu de la peine à faire des vers?
DUPRÉ
Je sais bien que non, taiit que vous avez eu ce secrétaire un peu fou, que vous aimiez tant...
LE DUC
Allons, taisez- vous; vous me faites perdre mes idées...
DUPRÉ
J'en suis bien éloigné 3 et si j'en trouvais, je les donnerais tout-à-riieure à monseigneur.
LE DUC
Des idées, vous? Attendez^ ne faites pas de bruit. Ah, ouidà! c'estlyrique tout-à-faitj écrivons... (Il écrit.) Fort bien. Mais ouest la rime? Cela me fait perdre trop de temps. C'est incroyable qu'aujourd'hui je ne puisse pas...
DUPRÉ
En vérité, monseigneur^ si vous vouliez m'entendre, vous auriez bientôt fait.
l54 LE SEIGNEUR AUTEUR.
Eh bien, monsieur le docteur, parlez.
DUPRF.
Je prendrais mon parti, moi; je ferais faire ces vers loiil simplement par les gens du métier.
LE DUC
Oui, si je n'en savais pas faire, imbécille.
DUPRÉ
Ah! je demande pardon à monseigneur, je croyais..
LE DUC
Allons, laisse-moi.. .Voyons encore.
DUPRÉ
M. Ronflant et M. Décousu demandent à voir monseigneur.
LE DUC
Que me veulent-ils? je suis en affaire.
DUPRÉ
Je le leur ai ditj cependant je crois que vous feriez bien...
LE DUC
Allons, faites-les entrer.