SCENE X
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE, LA MÈRE SAINT-BASILE, M. FEBRUGIN, LE PERE SATURNIN.
LA MÈRE SAINT-BASILE
Ma sœur, ma sœur, voilà le docteur; parce que....
LA MÈRE SAINTE -HÉLÈNE
Il va arriver?
LA MÈRE SAINT-BASILE
Il me suit; parce que....
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Ma sœur, il faut faire préparer sa chambre.
LA MÈRE SAINT-BASILE
Je l'ai déjà dit. Tenez , le voilà, ma sœur, parce que
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Ah î monsieur le docteur, nous vous attendions tontes avec bien de l'impatience.
M. FEBRUGIN.
Mesdames , vous me faites bien de l'honneur eur. Bonjour^ père Saturnin in.
LE PÈRE SATURNIN
Bonjour, bonjour, docteur.
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Qu'avez- vous donc? il me semble que vous boitez.
M. FEBRUGIN.
Mais , vraiment, j'ai pensé être tué é.
25o LE MALENTENDU.
On vous a versé ; parce que....
M. FEBRUGIN.
Et dans un endroit aussi uni que ce jardin in.
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Tous èies donc blessé?
M. FEBRUGIN.
Pas absolument , j"ai une contusion au genou ou , qui m'empêcbe de marcher er.
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Asseyez-vous donc. Il faudrait un fauteuil , ma sœur....
M. FEBRUGIN.
Non , non , je serai fort bien sur cette chaise aise.
LE PÈRE SATURNIN
Vous avez diné , docteur?
M. FEBRUGIN.
Ohl je vous en réponds, onds.
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Pourquoi donc avons-nous été si long-temps sans vous voir, et sans avoir de vos nouvelles?
M, FEBRUGIN.
C'est que j'ai toujours cru que j'allais revenir ir, et que les malades m ont releuu u.
On ne voulait pas vous laisser aller, je n'en suis pas surprise, vous avez dû guérir bien du monde?
LE PÈRE SATURNIN
Ou faire bien des héritiers, n'est-ce pas, docteur?
M. FEBRUGIN.
Non pas absolument ent; j'en al sauvé la moitié éj mais avec bien de la peine eine.
LE PÈRE SATURNIN
Avez- vous beaucoup saigné?
LE MALENTENDU. 23l
M. FEBRUGIN.
Pas assez ez ; car sans cela il n'en serait pas tant mort ort , mais ces gens-là ne savent pas soutenir la saignée ée,
LE PÈRE SATURNIN
Ils ont tort.
M. FEBRUGIN.
Comment se portent tous ces dames âmes?
LE PÈRE SATURNIN
Fort bien , il n'y a que madame TAbbesse qui a toujours son estomac en mauvais état; cela va plus mal que jamais. -
M. FEBRUGIN.
Elle mange trop de pâtisserie ie, trop de confitures ures; je lui ai toujours dit it.
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Depuis huit jours je Tai mise à la diète , eu vous attendant.
M. FEBRUGIN.
Vous avez bien fait ait.
LE PÈRE SATURNIN
Oh! la mère Sainte-Hélène est un très-grand médecin! Qu'elle vous dise comment elle a guéri cette petite Julie.
M. FEBRUGIN.
Est-elle guérie ie 7
LA MÈRE SAINT- BASILE
Mais oui , par vos soins , monsieur le docteur, par vos soins; parce que....
M. FEBRUGIN.
Vous lui avez donc fait observer le régime ime que je lui avais prescrit it?
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Oui ; mais j'ai cru que la diète était trop longue pour un enfant ; et comme vous aviez dit que vous lui feriez prendre. . .
M. FEBRUGIN.
Âhl des eaux aux?
LA MÈRE SATNTE-HÉLÈNE
Oui , je lui en ai donné.
M. FEBRUGIN.
Mais desquelles elles? Cela n'est pas indifTrreut ent.
J'ai commencé par des os de pigeon.
M. FEBBDGIN.
Mais ce n'est pas là à.
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Attendez; reflet u'étail pas assez prompt, je lui ai donné des os de poulet.
M. FEBRUGIN.
Comment ent....
LA MERE SAINTE-HÉLÈNE
Elle a pris plaisir à les sucer ^ mais les os de poularde et de dindon lui ont mieux fait.
M. FEBRUGIN.
Est-il possible ible?
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
J'ai passé aux os de mouton, de veau, et puis de bœuf, cela a réussi à merveille.
LE PÈRE SATURNIN, riant.
Que dites-vous à cela , docteur?
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Attendez donc : eii»uite j'ai laissé un peu de viande à ces os, et la petite est entièrement rétablie.
M. FEBRUGIN.
Rétablie ie?
LA MÈRE' SAINTE-HÉLÈNE
Elle se porte à merveille , et je vais vous la faire descendre, vous allez voir.
LE PÈRE SATURNIN , rinnt.
Eh bien , docteur, c'est pourtant vous qui avez fait ce miracle, pendant que vous étiez en campagne,
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Ma sœur, il faudrait avenir madame lAbbesse que le docteur est ici.
LA MERE SAINT-BASILE
J'y vais, ma sœar, parce que....
LA MÈRE SAINTE-HÉLÈNE
Moi , je vais chercher Julie.