‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 114 sur 339 · M. FEBRUGIN, LE PÈRE SATURNIN · texte numérisé non relu

M. FEBRUGIN, LE PÈRE SATURNIN

LE PÈRE SATURNIN, riant.

Votre surprise me divertit , docteur.

M. FEBRUGIN.

Mais c'est que jamais on n'a vu de pareilles choses oses.

LE PÈRE SATURNIN

Ecoutez donc , cela peut vous faire un honneur infini.

M. FEBRUGIN.

Guérir des maux d'estomac en suçant des os os !

Pourquoi pas? Il est vrai qu'il y avait quelque chose autour de ces os ; et après une dicte austère , on est encore trop heureux, de les trouver.

M. FEBRUGIN.

Jamais je n'ordonnerai un pareil remède ède.

LE PÈRE SATURNIN

Et vous aurez tort : il n'y a rien de si bète el de si vieux que la diète seule. A Paris, vous auriez un succès étonnant; et plus votre conduite serait contrariée par les autres médecins, plus on voudrait vous avoir, vous ne sauriez auquel entendre. Croyez-moi , essayez ce moyen sur madame l'Abbesse , elle le mandera à Paris à ses parents, et voti'e fortune sera faite.

M. FEBRUGIN.

Je crois que vous avez raison , père ère.

LE PÈRE SATURNIN

Vcps ferez un système nouveau qui sera admiré des gens

du monde el de quelques savants , et vous l)oircz à la sanlc de ces gens-là avec de bon vin.

M. FEBRUGT^.

C'est qu'il faut trouver un principe ipe.

LE PÈRE SATURNIN

La médecine n'en a point de certain , convenez-en ; un moven manque dix fois, cola ne fait point de tort; le hasard vous seconde une fois , cela suffit po'.ir fonder une réputation.

M. FEBRUGIN.

Père, vous auriez été un grand médecin in.

Les voici qui reviennent.

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