‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 4)Chapitre 133 sur 339 · HENRIETTE, DU SILLON · texte numérisé non relu

HENRIETTE, DU SILLON

DU SILLON

Non , ma chère Henriette , vous ne m'aimez pas autant que

vous le dites.

HENRIETTE

C'est-à-dire , que vous aimez mieux me croire coquette.

DU SILLON

Vous? Non , je ne le pense pas , je vous le jure , vous êtes trop sage pour cela .

HENRIETTE

Mais si vous imaginez que je vous trompe.

DU SILLON

Je ne crois pas que vous me trompiez ; mais je veux dire que si vous maimiez , vous ne vous opposeriez pas au désir que j'ai de vous épouser.

HENRIETTE

Eh ! croyez-vous que je ne le désire pas autant que vous?

DU SILLON

Pourquoi retarder chaque jour de sonder M. Duchesne votre père sur ce mariage? Il est concierge du cliàteau , il est vrai ; mais nous appartenons au même maître , puisque je suis fermier de M. de Valbon.

HENRIETTE

Il est vrai ; mais si mon père avait un autre parti en vue , comment ferions-nous? voilà ce que je crains d'apprendre.

DU SILLON

Et s'il n'eu a pas, en relardant encore de lui parler, il s'en présentera sûrement. Chaque jour vous devenez plus jolie ; croyez-vous qu'il n'y a que moi qui s'en aperçoive?

HENRIETTE

Je le TOadrais au moins.

DU SILLON

Voas le voudriez , ma chère Henriette?

HENRIETTE

Oui , je ne veux plaire qu'à vous , et toute ma vie.

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