HENRIETTE , PIERRE LE NOIR
PIERRE LE NOIR
Ail , ah , madame la Baillive s'en va avec Du Sillon j cette i'emme-là aime furieusement les garçons.
HENRIETTE
C'est bien mal fait à vous , Pierre le Noir, de parler comme cela d'elle.
Je n'en parle pas par envie , assurément.
HENRIETTE
La jalousie rend souvent injuste.
PIERRE LE NOIR
Quoi , VOUS imaginez que je pourrais en être jaloux !
HENRIETTE
Mais je n'en serais pas surprise ; quand ou doit s'épouser et qu'on s'aime, cela peut arriver, à ce qu'on dit.
PIERRE LE NOIR
Comment , vous croiriez que je pourrais l'épouser !
HENRIETTE
Je sais que vous le devez.
PIERRE LE NOIR
Ah ! cette crainte me charme.
HENRIETTE
Commeat donc , pourquoi ?
PIERRE LE NOIR
Elle me prouve tout ce que je désirais de savoir.
HENRIETTE
Mais quoi encore ?
Que vous maiinez, enfin. Je n'osais m'en flatter, mais je n en puis plus douter. Ah ! ne rougissez pas de me l'avouer, il y a assez long-temps que je ne pense qu'à vous et le jour et la nuit, que je ne suis heureux qu'autant que je vous vois, et que j'ose espérer de vous épouser.
HENRIETTE
Vous ?
PIERRE LE NOIR
Oui , moi ; je ne veux plus différer, je regrette tout le temps que j'ai perdu jusqu'à ce moment.
HENRIETTE
Ne comptez pas que j'y consente jamais.
PIERRE LE NOIR
Combien je vais élre heureux! Dites-moi, je vous prie,
où je pourrai trouver M. de Yalbon , IM. Duchesne
Mais pourquoi me quittez-vous, Henriette, ma chère Henriette? Elle est sans doute piquée de ce que je lai devinée. Que cette pudeur est charmante! que la Baillive est éloignée de lui ressembler! mais voici M.de Valbou, ne perdons pas un instant.